‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 59 sur 318 · Tallemant, Historietle de MM'^'' de Rohan, t · texte numérisé non relu

Tallemant, Historietle de MM'^'' de Rohan, t

LES MAISONS PRÏNCIÈRES. 111

î^ulorités et dans une école bien compromise aux yeux de la société polie. Au fond du cœur, Taimable dame, mariée toute

jeuueà un vieux mari, tient contre le préjugé pour les franches et naturelles amours.

U semble que ce qui est conforme' aux commandements de Dieu pourrait toujours recevoir quelques excuses, et que sa plus grande faute était d'avoir manqué de respect à sa mère. Mais ce qui s'appelle le beau monde en décide d'une autre manière; et, quoiqu'on sache combien il est difficile de lui plaire, on ne laisse pas de se soumettre a sa tyrannie. On court incessamment après son approbation ; la vie se passe dans cette servitude, et jamais nous ne goûtons de douceur ni de liberté, parce que nous n'avons pas la hardiesse de nous élever au-dessus des opinions vulgaires*.

Trois filles et un fils naquirent de ce mariage. L'aînée des filles fut la seconde femme de M. de Soubise. Rohan par sa "ïère, elle épousait un Rohan de la branche aînée, fils d'un second lit du duc de Montbazon. M. de Soubise avait pour ^ère Marie de Bretagne, et pour aïeule maternelle Catherine ''ouquet, toutes deux fameuses par leurs galanteries sous les Domsde duchesse de Moiïtbazon et de comtesse de Vertus. ^^ comtesse de Vertus ^ avait été l'héroïne d'un drame sanglant qui ne lavait pas rendue plus sage. Son mari, ayant surpris une lettre où elle donnait un rendez-vous, tua son amant presque sous ses yeux et la fit passer par-dessus son cadavre. Enfin M. de Soubise était le frère de M""" de Chcvreuse, le beau-frère de M"® de Guémené, ces beautés éclatantes et faciles^. Sa femme ne fut ni moins belle ni plus sévère et se montra digne de la famille dans laquelle elle entrait.

Dumoins elle visa haut, s'attaqua au roi lui-même, s'empara

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