Voyoz Lettre de Malherbe à Peiresc, du 2i mars
LES MAISONS PRINCIÈRËS. m
un personnage violent et rude, un Allemand pour le savoirvivre, un Achille pour la colère, mais pour la colère seuleroeiiL M"** de Sévigné souriait volontiers de la vie oisive de ce petit-fils maternel du gi^and duc de Rohan, et raillait agréablement certain siège dont on Tavait loué à la cour, en présence du roi : c'était un siège en tapisserie fait tout entier
Ue ses mains pour orner la chambre de sa femme *.
iM. de Vardes, quinze jours avant sa mort, disait qu'il ne |)ardonnerait jamais à Corbinelli, le principal auteur du mariage, de lui avoir donné un tel gendre. Corbinelli répondait f|ue son gendre ne lui pardonnerait jamais de lui avoir donné un tel beau-père. Mais l'esprit de famille dominait les ressentiments les plus passionnés. M. de Vardes mourant écrivait au roi et lui demandait ses bontés pour ses enfants. Son agonie fut longue, trompeuse ; M. de Rohan crut un peu vite à la mort. Il parait que l'usage, lorsqu'on prenait le deuil, était de changer la couleur de son suisse du vert au rouge : il se pressa trop de mettre un suisse rouge à la place du vert; puis, honteux de sa précipitation, il remit le vert à la place du rouge. Enfin son beau-père expira, quoique avec beaucoup de peine et parlant toujours, et le suisse rouge resta maître de la place. M. de Rohan, mal en cour, n'eut de M. de Vardes, ni son gouvernement d'Aigues-Morles, ni son justaucorps en broderie * : l'un alla à d'Aubigné, l'autre au comte de Brionne; mais il recueillit le fameux comté de Morel, qui décora désormais sa maison, et 40000 livres de rente. Il aurait eu davantage, si le défunt n'avait disposé d'une partie de son bien en faveur d'une dame d'Omelas qui lui était beaucoup plus agréable