Sévignéy 24 novembre 1679 et 26 novembre
2. Le justaucorps dont il est ici question était un habit bleu doublé de rouge avec la veste rouge, Tun et Tautre brodés d'un dessin particulier que le roi avait imaginé au commencement de ses amours avec M""" de la Vallière, lorsquMl quittait la cour, qui était encore à Saint-Germain, pour aller avec sa maîtresse passer une pairie de la journée à Versailles : « U en donna à une douzaine de ceux à qui il permettait de le suivre à ces petites promenades particulières de Versailles... Dans la suite, ces habits se multiplièrent jusqu'à quarante, où ils sont demeurés fixés, et quand il en vaque, le roi raccorde par un brevet expédié par le secrétaire d*Êtat de la maison du roi, d'où ils s'appellent juste-au-corps à brevet, lis ne donnent ni privancc, ni entrée quelconque : toute la distinction est qu'ils se portent en deuil et qu'ils se sont portés pendant tous les temps où ror et l'argent ont été défendus sur les habits. » {Addilio7i à DangeaUy 27 septembre 1686.)
que son gendre. Ce fut là la dernière faiblesse de Vardes, d'ailleurs toute spirituelle; ce cœur amoureux brûla jusqu'à la dernière heure, au grand déplaisir d'un héritier avide et malappris, qui eut beaucoup de peine à digérer cette galanterie d'outre-tombe *.
« Le duc de Rohan comptait ses filles pour rien et ses cadets pour fort peu de chose. » Il donna sa fille aînée au comte de la Marck, un seigneur étranger engagé au service du roi *. La mère de ce comte, devenue veuve, s'était remariée au neveu du cardinal de Furslemberg, archevêque de Strasbourg. Il se trouva que le fils du premier lit, notre comte de la Marck, ressemblait trait pour trait à ce cardinal, dont il n'était pas le moins du monde parent. 11 lui était tout ou rien. Impérieuse, dépensière, débauchée, M°° de Furstemberg, dès qu'elle eut perdu son second mari, s'était établie chez le cardinal, et forte do la passion qu'il ressentait pour elle, elle le tyrannisait, le ruinait, le trompait avec la dernière impudence. Voilà la belle-mère que le duc de Rohan n'hésita point à donner à sa fille, une fille de mérite et de cœur ! Compagne de couvent de M™" de Saint- Simon et de Lauzun, elle était restée leur amie : Saint-Simon l'a pu voir et juger de près; son regard pénétrant n'a rien découvert en elle qui ne fut à son honneur et qui n'atteste qu'elle avait beaucoup de l'âme des Rohan dont son père avait si peu.
C'était une grande femme très-bien faite, mais laide, avec un air noble et d'esprit qui accoutumait à son visage. Elle avait infiniment d'esprit et elle l'avait vaste, mâle, plein de vues, beaucoup de discernement, de justesse, de précision, un air simple et naturel et une conversation charmante; fort sûre, un peu sèche et un cœur excellent 3...
Sa sœur cadette attendit un mari jusqu'à vingt-huit ans ; elle avait de la beauté, du mérite, mais une si faible dot! Ce mari fut le prince de Berghes; il était riche, grand d'Espagne, chevalier