‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 65 sur 318 · Séviyné, 3 scplcnihre · texte numérisé non relu

Séviyné, 3 scplcnihre

2. « 11 était colonel d'un des régiments que le roi entretenait fort chèrement au cardinal de Furstemberg, desquels il lui laissait la disposition. » {Saint- Simon, il, p. 84.)

3. Saint-Simon^ t. II, p. 81 etsuiv.; t. ïïï, p. 23G. — Addition à Dang eau, 10 avril 1704.

delà Toison d'or : c'était le beau côté de la médaille; en voici le revers. Ce prince, qui descendait non de la grande maison deBerghesS mais des bâtards «le ce nom, était petit, vilain, et de plus il était le frère de la maîtresse publique de l'électeur de Bavière, M"* de Montigny, chanoinesse de Mons : la grandesse, la Toison d'or, étaient le fruit du crédit honteux de sa sœur. La France était faite à ce genre d'utiles infamies. Voyez de quel ton Dangeau rappelle la parenté de M. deBerghesetde W^* de Montigny avec ses brillants effets ; il n'a certes garde de l'oublier, non par esprit de médisance, mais de peur de faire tort au gendre de M. de Rohan. « Le prince de Berghes est frère de M"** de Montigny, pour qui M. de Bavière a beaucoup de considération y et c'est cet électeur qui obtint du roi d'Espagne, il y a quelques années, la grandesse pour le prince de Berghes*. » Beaucoup de considération ! Ces complaisances, ces lâchetés de la langue parlée par Dangeau nous font goûter davantage la franchise vengeresse du style de Saint-Simon : ^vec lui, du moins, on sait à quoi s'en tenir, et ses Mémoires ou ses additions au Journal nous donnent la juste valeur de ces termes respectueux attachés aux choses les moins respectables.

M"' de Montigny, un peu avant le mariage de son frère, vint en France rejoindre son amant qui se trouvait alors îiu château de Compiègne. Son voyage n'eut rien de mystérieux ou de discret ; elle était accompagnée de ses deux sœurs, également chanoinesses, et de quatre dames de ses amies : l'électeur, auquel on offrait le séjour de la Meute, trouva plus de charme que jamais à sa première résidence^. Le maréchal de Villerov eut l'honneur de recevoir à dîner toutes ces aimables personnes et de les mener à l'Opéra. On lit le portrait de M"* de Montigny. La marquise d'Huxelles, qui ''élève cette circonstance, ne nous dit pas le nom du peintre, iDais elle signale la beauté et la riche taille de l'original *. Les

1. La maison de Berghes est une branche des anciens ducs de Brabant, parquée entre les plus grandes maisons du pays par ses alliances, par son Ulustration et par rentrée qu'elle a eue de tous les temps dans les chapitres ïtobles. [Moréri.)

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