Lettre du 2 décembre
Mi IX NOBLESSE DE RACE.
grÀccs et le libre enjouement de la chanoinesse de Mons durent ajouter à Féclat et à Tanimation de la noce de M"*" de Roliaii ; sa faveur du moins profita au premier gendre du duc de Roiiaii : le comte de la Marck alla, dès l'année suivante, servir en qualité de maréchal de camp dans l'armée d'Allemagne, et représenta le roi auprès de l'électeur de Bavière, sans avoir le caractère d'ambassadeur, mais avec 14000 francs d'appointements *. Ne soyons pas trop sévères pour les Rohan-Chabot : leur fille, après tout, n'épousait que le frère de M"' de Montigny ; il se trouva à quelque temps de là un grand seigneur français pour épouser xM"* de Montigny elle-même * !
Les cadets, d'une maison même princière, étaient par état, aussi bien que leurs sœurs, d'humeur assez accommodante ; celles qui les épousaient les trouvaient souvent plus dociles à leurs goûts que les r.înés, et elles gagnaient en indépendance ce qu'elles perdaient en satisfactions d'amour-propre. Le troisième fils du duc de Rohan, qui avait fait fort peu de bien, épousa sa cousine, née Chabot, qui en avait beaucoup. Veuve d'un cadet de Montendre, de la maison de La Rochefoucauld, elle avait fait prendre à son premier mari le nom de Jarnac; au second, elle imposa celui de Chabot qui leur était commun. Condition plus dure : elle stipula qu'il quitterait le service et la cour, et qu'il irait vivre avec elle dans sa belle résidence de Jarnac. Elle parlait en héritière, il agit en cadet de sens et d'esprit ; il s'appela comme on souhaitait, il vécut où l'on voulait : la comtesse de Jarnac eut un mari bien à elle, et nargua de loin les mœurs de cour ^.
Le fils aîné, le prince de Léon, élait marié depuis quelques années à ]\P de Roquelaure : son mariage avait été le divertissement et le scandale de la cour, et mérite, à ce titre, une mention particulière. Disons d abord quelques mots du rang et des alliances de la maison de Roquelaure où le prince de Léon choisit sa femme.
Originaire de la Gascogne, elle ne pouvait le disputer ni en ancienneté ni en éclat à celle de Rohan-Chabot. Le premier qui l'illuslra fut le maréchal de Roquelaure, ami de Henri IV,