‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 68 sur 318 · Tallemant des Réaux, 1. 1; le Mareschal de Roquelaure · texte numérisé non relu

Tallemant des Réaux, 1. 1; le Mareschal de Roquelaure

2. La mère du premier maréchal de Gramont élait fille de ce maréchal de Koquelaurc.

une soubrette de la maison, oiïrit à la mère de beaux avantages par contrat, et finit par triompher des intentions de M. deLude et des séductions de Vardes ^

Celui-ci, évincé comme mari, reparut bientôt comme amant : il était pourtant alors dans les liens de M"' d'Elbœuf, mais il avait Tart de porter légèrement plusieurs chaînes. « M. de Vardes a l'intention d*être amoureux cet hiver de M""* de Uoquelaure » , écrivait Bussy moins d'un an après le mariage*. Le jeune duc d'Anjou, frère du roi, fut aussi ému»^ par cette éclatante beauté. Roquelaure connut la jalousie; \t^ devint semblable à ces maris dont il avait si souvent exciU^^ et gouaille les alarmes, et il fut, lui aussi, chansopné. Il veilla di]^ mieux qu'il put. Sa vigilance réussit-elle à écarter le péril? Benseradc risquait-il à la légère ses hardies allusions à ses infortunes conjugales? Lorsqu'elle excluait M"* de Roquelaure de ses fêtes intimes, Anne d'Autriche était-elle jalouse de sa beauté, ou scandalisée de sa faiblesse? Quoi qu'il en soit, Vardes le volage ne tarda pas à se détourner de celle dont il avait au moins troublé le cœur. Ainsi abandonnée, elle tomba dans une sorte de langueur, elle avoua qu'elle était dévorée par une passion secrète, elle désira mourir, et son désir fut exaucé: elle n'avait que vingt et un ans (1057)^ Vardes reprit et continua de plus belle le cours de ses exploits; à cinquante ans sonnés, il faisait encore des ravages en Provence.

Bussy ne voyait que trop juste, lorsque après avoir annoncé à 31"" de Sévigné les projets galants de M. de Vardes pour l'hiver de 1655, il ajoutait: « Et sur cela, Madame, ne plaignezvous pas les pauvres femmes qui, bien souvent, récompensent par une véritable passion un amour de dessein, c'est-à-dire donnent du bon argent pour de la fausse monnaie*. »

Le fils de Gaston de Uoquelaure, le marquis de Biran, fut aussi un facétieux, du moins jusqu'au jour où il devint un personnage. Bouffon et camard, voilà les épithètes habituellement accolées à son nom. Son nez était devenu proverbial à la cour, et lui attirait de perpétuelles railleries : il rebutait même Tin-

li Tallemant des Réaux, t. V : M. de Uoquelaure.

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