‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 69 sur 318 · août · texte numérisé non relu

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Itépidité galante de M"' de Lyonne, qui depuis longtemps ne dioisissait plus ses amants *; il exerçait la verve naissante du prince de Conti. « Le petit Roquelaure disait qu'il aurait un habit neuf pour le bal. Ayez un nez, je vous en prie, riposta le prince*. » Si peu qu'il en eût, il leut, selon le tour fomilier à î^aint-Simon, tourné à la fortune; (juant à son humeur plaisante et accommodante, elle ne lui lit aucun tort et contribua même à son établissement. Il commença par rechercher la main de M"" de Villette, la future ]\I™« de Gaylus. M"« de Maintenon 'ui opposa l'âge de sa nièce et lui conseilla d'épouser M""* de Laval. M. de Roquelaure trouva le conseil un peu hardi et ne put s'empêcher de dire : « Pourrais-je l'épouser avec les bruits ^ui courent? qui m'assurera qu'ils sont sans fondement? » '^ — Moi A, répondit M'"* de Maintenon, « je vois les choses de près et je n'ai point d'intérêt à vous tromper. » M. de Roque- Jaure ne voulut rien approfondir et préféra croire M"' de Maintenon sur parole.

M"* de Laval, fille d'honneur de M"*'* la Dauphine, n'avait pas de biens, mais elle était d'une illustre maison^ ; elle rassemblait toutes les grâces en sa personne ; « elle avait un grand air, une belle taille, un visage agréable et dansait parfaitement bien*». Elle n'en agréa pas moins pour époux un homme plus fait pour exciter le rire que l'amour, et, de plus, fort mal dans ses affaires. Elle avait ses raisons pour cela et même, disait-on, des raisons fort pressantes. Les témoignages sur ce point délicat sont fort divers. M'"'' de Maintenon niait, M"* de Caylus ne savait, le public affirmait. Le roi donna 150000 francs de dot à M"* de Laval ^ : c'était bien le moins, si le public avait raison. Roquelaure, une fois son parti pris, en supporta bravement les conséquences ; pour déconcerter les rieurs, il rit tout le premier. On sait la façon dont il accueillit sa lilie, peut-être un peu tro|) pressée de venir au monde. « Soyez la bienvenue, mademoi-

i. Sévignéy 10 novembre 1675.

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