DangeaUy Appendice à Tannée 1684, t. I, p
selle, je ne vous attendais pas sitôt >, lui dit-il devant bonne et nombreuse compagnie*.
11 avait hérité de la verve de son père, non de sa jalousie in(|uicte. Sa jalousie d'ailleurs, s*il en avait eu, aurait été toute rétrospective : M"*deMaintenon, tous les jours plus maîtresse d'un cœur qu elle avait dégagé de ses libres amoui's, allait épouser le roi et le bien garder. Roquelaure, de ce côté, ne trouva plus que de solides avantages sans périls nouveaux. M. de Soubise, pour accroître sa fortune et ses honneurs, avait fermé les yeux sur le présent et refusé de voir ce que tout le monde voyait; M. de Roquelaure les ferma simplement sur le passé et devint ainsi un des plus riches seigneurs de France. Son cas est une variété moins méritoire de la patience conjugale à la cour du grand roi. Si son mariage ne lui donna pas les talents de grand capitaine, il atténua du moins les effets de ses échecs et l'en consola par le commandement du Languedoc, avoc40 0(X) livres de renies. M""*" de Roquelaure avait en cITcl dans l'esprit autant d'art et d'insinuation que de charme dans la personne, et elle sut merveilleusement cultiver le souvenir d'un ancien amour. Son crédit ne passa pas avec la fleur de sa beauté et ne mourut même pas avec le roi. En 1724, sous le gouvernement de M. le Duc, elle trouva le moyen de i^elever la réputation militaire de sou mari et de le faire maréchal de France. Elle méritait d'avoir des fils comme M"" de Soubise ; qui sait à quelle hauteur elle aurait porté leur fortune? Toute celle grandeur, fruit de sa beauté et de son génie, devait s'en aller en quenouille : elle n'eut que deux lilles. L'aînée, qui épousa le prince de Léon, est celle dont la venue prématurée égaya la cour et son père.
La naissance de son futur mari avait aussi fait quelque bruit en ce monde, mais pour des raisons meilleures. Toute la Bretagne avait acclamé ce nouveau rejeton des Rohan, et avait été représentée au baptême qui avait eu lieu, à Paris, à Sainl- Gervais.
L« petit prince de Léon fut hier baptisé par un évéque de Bretagne à Saint-Gcrvais; le parrain était M. de Rennes, dé la part des ducs de Bretagne; la marraine, M""* la Duchesse : M. de Vardes est