‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 75 sur 318 · Ibid,, t. m, p. 188, et t. XI, p · texte numérisé non relu

Ibid,, t. m, p. 188, et t. XI, p

Uâ LA NOBLESSE DE RACE.

tours. Les choses allèrent à un point que le roi se repentit d'y avoir donné lieu et dit qu*il ne comprenait pas comment il y avait des maris assez fous pour se laisser miner par les habits de leurs femmes; il pouvait ajouter, et par les leui*s. Mais la bride était lâchée, il n*était plus temps d*y remédier, et, au fond, je ne sais si le roi en eût été fort aise, car il se plut fort, pendant les fêtes, à considérer tous les babils. On vit aisément combien cette profusion de matières et ces recherches d'industrie lui plaisaient, avec quelle satisfaction il loua les plus superbes et les mieux entendus, et que le petit mot lâché de politique, il n'en parla plus et fut ravi qu'il n'eût pas pris^

Le duc et la duchesse de Saint-Simon, un ménage sérieui, n*en furent pas quittes à moins de 20 000 livres : qu'on juge de la dépense des époux à la tête légère.

Les courtisans, dit M"* de Sévigné, semonçant vertement le faste de son gendre, n'ont jamais un sou, et font tous les voyages, toutes les campagnes, suivent toutes les modes, sont de tous les bals, de toutes les courses de bague, de toutes les loteries, et vont toijyours, quoi- ({u'ils soient abîmés. J'oubliais le jeu, qui est un bel article; leurs terres diminuent, il n'importe, ils vont toujours '''.

Quel moyen, avec un tel train de vie, d'assurer une dot à ses lilles? On marie l'aînée avec ce qu'on a pu sauver de toutes ces folies ; les cadettes « ont leur partage dans le cieP » et font leurs vœux « sans autre vocation que le jeu de leur père * » ou le luxe de leur mère.

Bourdaloue, le prêtre selon Dieu, non selon le monde, signale avec une sainte indignation ces spéculations de l'orgueil et de l'intérêt domestiques.

Ce cadet n'a pas l'avantage de l'aînesse ; sans examiner si Dieu le demande ou s'il l'accepte, on le lui donne. Cet aîné n'a pas été, en naissant, assez favorisé de la nature et manque de certaines qualités pour soutenir Ja gloire de son nom : sans égard aux vues de Dieu sur lui, on pense, pour ainsi dire, à le dégrader, on le rabaisse au rang de cadet, on lui substitue celui-ci ; et pour cela on extorque un consentement forcé, on y fait servir l'artifice et la violence, les caresses et les menaces. L'établissement de celte fille coûterait ; sans autre motif, c'est assez pour la dévouer à la religion. Mais elle n'est

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