‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 84 sur 318 · Souvenirs de il/™» de Caylus · texte numérisé non relu

Souvenirs de il/™» de Caylus

MAISONS DIVï:RSES. 157

'^ ^ie supérieur, semblait avoir pris la part de l'autre,et ce qui ^^dait la défaite de la rivale plus cuisante, c'est qu'elle Tavait ^ttue avec ses propres armes. Il est vrai qu'elle y joignait ^^core l'avantage d'un certain nombre d'années en moins et ^^ charme d'une royale beauté, mais y avait-il là de quoi con- ^^ler la jalouse duchesse ?

M"® de Sévigné relève à la louange de cette « véritable dame ^'honneur au pied de la lettre » les regrets universels qui sui- "Virent sa mort *. Si M. de Richelieu pleura sa femme avec tout le :i[nonde, du moins il ne la pleura pas longtemps. La Fontaine Taillait avec une malice exquise la fugitive douleur des veuves, mais à combien de veufs pouvait-on appliquer sa fine peinture ! M. de Richelieu avait perdu sa femme le 29 mai : le 10 juin, le roi lui faisait ses tendres condoléances ; le 14 juillet, le curé de Saint-Symphorien, dans une ingénieuse oraison funèbre, racontait la vie et les vertus de la défunte et rappelait l'ardente passion qu'elle avait inspirée au petit-neveu du cardinal ; le 21 du même mois, M. de Richelieu venait demander au roi la permission d'épouser M**® d'Acigné; le 30 il l'épousait *. Il eut plus vite fait de donner à la cour une nouvelle duchesse de Richelieu que M"® de Sévigné de lire l'oraison funèbre de la première ^.

Il n'avait pas d'enfants de son premier mariage ; il était impatient d'avoir un fils pour faire enrager son neveu, le marquis de Richelieu, qui se voyait déjà duc et pair. Sa seconde femme lui donna plusieurs enfants, dont un fils, le duc de Fronsac; ce qui ne l'empêcha pas, aussitôt qu'il l'eut perdue, d'entamer de nouvelles négociations matrimoniales. Elle mourut au mois d'août 1698; au mois de février suivant, il avait déjà manqué un mariage avec une parente de M. de Pontchartrain *. Cette fois ce n'était plus un héritier qu'il cherchait, mais un héritage : ses biens étaient substitués; son faste^ son jeu lavaient réduit aux expédients, et la richesse de la parente de Pontchartrain l'avait tenté. Peu après, on le soupçonnait d'avoir secrètement épousé une demoiselle attachée au service

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