‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 91 sur 318 · Ibid,, 23 décembre · texte numérisé non relu

Ibid,, 23 décembre

mait le désir de conclure celte alliance, et le roi ratifia tout. M. de Mazarin fit comme le roi ; il ne reprocha guère à son fils qu'un peu de précipitation, et saisit Toccasion la plus prochaine d'accroître sa dot de 10 000 livres de rente *.

Cette marquisedeRichelieu,que nous venons de voir si prompte àsortirde tutelle, promettaitde marcher sur les tracesde sa mère ; elle alla plus loin encore, sans parer ses désordres des mêmes grâces d'esprit. Ce fut une éhontée, avide autant que libertine, et cherchant les hontes qui rapportaient le plus. Madame nous la montre se jetant à la tête de Monseigneur, et s'obstinant, sans succès, à se donner à lui^ Elle fut plus heureuse avec M. le Prince, qui ne put se défendre de Taimer avec passion, se sentant encore plus attiré par sa beauté que repoussé par ses vices. AmoureuK et jaloux, il dépensa pour elle des sommes énormes, car il dépensait à la fois pour lui plaire et pour s'instruire de ses débordements. Un jour il lui prouva clairement qu'elle était liée avec le comte de Roucy et menaça de la quitter ; elle eut peur de perdre un amant aussi riche, et lui offrit de le délivrer à la fois de son rival et de sa jalousie : elle était toute prèle à donner au comte de Roucy un rendez-vous chez elle et à le livrer aux coups d'agents apostés par M. le Prince. Celui-ci recula d'horreur et de ce jour ne la revit plus '. Elle finit par se faire enfermer aux Anglaises du faubourg Saint-Antoine , mais elle en sortit par-dessus les murs, en femme déjà familière avec ce genre d'évasion *, et depuis elle courut le monde jusqu'à sa mort.

Pendant le peu de temps qu'elle avait vécu avec son mari, un fils leur était né, le comte d'Agénois. Ce fils hérita du charme de sa mère et de sa grand'mère, et ce charme fut même si puissant, qu'il ranima le duché d'Aiguillon éteint depuis de longues années. Le cardinal, en érigeant ce duché en faveur de iM"' de Combalet, avait fait stipuler que, dans le cas où elle n'aurait pas d'enfants, elle pourrait faire don de sa dignité à qui lui plairait. Elle le légua à M"' de Richelieu sa nièce, une sœur cadette de ce duc si bien apprivoisé par M"* de Pons. La nou-

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