‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 93 sur 318 · Il était mort en 1727, âgé de trente et un ans · texte numérisé non relu

Il était mort en 1727, âgé de trente et un ans

On vit cependant la maîtresse et l'épouse tomber un joi d'accord, et Tamour et la vanité s'unir pour ressusciter L — duché-pairie d'Aiguillon. Le garde des sceaux Chauvelin éta gagné d'avance aux désirs de la princesse, mais il fallait vaiii3 cre les ducs. Les ducs subirent un double et périlleux assauC La princesse de Conti, par ses grâces hardies et sa langue charmante, enchanta ceux-ci, effraya ceux-là, embarrassa le plus grand nombre. La comtesse d'Âgénois, fille de la plus belle personne de France, de M"* de Florensac, était presque aussi belle que sa mère^ et de plus elle était réputée pour son esprit, son savoir, son éloquence. < Elle déploya tous les attraits de l'esprit, elle fit briller tous i^eux du corps. » On ne pouvait faire davantage même pour le plus fidèle des époux ; mais sans un duché pour le mari, point de tabouret pour la femme. Quant à la princesse de Conti, tout le monde savait qu'elle n'obligeait pas un ingrat.

Elle disait agréablement qu'il y avait longtemps qu'elle avait pris le public pour confident de ce qu'elle pouvait pour M. d'Agénois et qu'elle n'avait nul ménagement là-dessus,' et elle agissait pleinement en conséquence... Elle sollicita de porte en porte, ne bougea d'avec les avocats, en perdit jeu, plaisirs, sommeil et nourriture.

Bref, ces deux dames furent si belles, si spirituelles, si pressantes, qu'elles eurent raison de toutes les résistances, et relevèrent le duché tombé (1731) *. « Ainsi un second Vignerot escalada les barricades de la justice la plus évidente », écrit Saint-Simon indigné, et, pour le châtier de son intrusion dans le sanctuaire, il lui accole l'épi thète énergique de duc delà beauté. Sans ressentir avec la même vivacité l'injure faite à la fleur de la noblesse française, nous devons convenir que le cardinal de Richelieu n'avait pas légué son génie aux Vignerot avec le reste de son héritage, et que le ministre qui brisait une aristocratie factieuse et abaissait la puissance de la maison d'Autriche avait une façon de gagner des duchés qui ne ressemblait guère à celle du comte d'Agénois.

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