‹ Les mariages de la créoleChapitre 49 sur 71 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Quand j'eus terminé ia lecture du manuscrit du marin, j'étais loin d'être satisfaite. Il me semblait qu'à ce récit il manquait quelque chose... la chose indispensable que tout romancier consciencieux doit à ses lecteurs : en un mot, il manquait le dénoûment!

€etle Magarthy et ses bizarres aventures m'avaient vivement intriguée... Et je ne pouvais me décider cependant à publier les pages qui précèdent sans avoir une solution à offrir à la curiosité du public. Je remis donc l'impression de cette histoire à

uneépoqueindétermioée^et j'attendis que le hasard, ce dieu des romanciers, me vint en aide. Je partis pour les bains de mer et là je questionnai tous ceux qui pouvaient avoir connu Tayeur ou la créole. .. Je n'appris rien de neuf et ne m'occupai plus de cette histoire. Ce ne fut qu'à mon retour à Paris que je fus mise à même de pouvoir ajouter une fin au roman de la créole. Voici ce que j'appris, grâce à la bonne duchesse de Fulgence qui venait aussi de rentrer, pour quelques mois, dans son bien-aimé Paris.

L'existence de Magarthy allait devenir enfin plus supportable... Le vicomte ou le marquis complaisant et peu fortuné, à la recherche duquel on était, paraissait trouvé; il ne s'agissait plus que de poser les dernières conditions du contrat. Mézélie était enceinte, et toute la famille était dans le ravissement de ce bonheur, heureux présage d'avenir.

Madame Tayeur vivait joyeuse de la joie des autres ; quant au père Tayeur, il avait considérablement arrondi la fortune de Magarthy. Mais il était écrit que cette femme ne jouirait pas du fruit de ses intrigues. Par une imprudence incroyable de la part d'une créature si rusée, elle avait commis la faute énorme de déclarer à Simon Lenoir que désormais elle était résolue à se passer de ses services.

— Voici cinq cents louis, lui avai^eile dit, un beau jour... Vous avez gagné une cinquantaine de mille francs à mon service... Séparons - nous ! Vous savez bien des choses sur mon compte... mais rappelez-vous madame du Tilleul et n'essayez jamais de me nuire. Je suis puissante par Tayeur, et, sans procès, sans jugement, sans que mon nom même soit prononcé, je puis vous faire embarquer pour Cayenne. Songez-y et ne tentez rien contre moi, ou je vous briserai comme verre... assez!

Simon était parti. . . la rage dans Tàme. Qu'était-ce pour cet homme, rongé des vices les plus honteux, que dix mille francs ? Lui, accoutumé à une vie large et paresseuse... Il allait donc être forcé de reprendre le dur harnais du travail. Car, si comme le disait Magarthy, il avait gagné plus de 50,000 fr. à son service, il faut lui rendre cette justice qu'il n'en avait pas gardé un liard. Il avait fondé les plus grandes espérances sur la créole, et dans sa pensée, rien n'aurait jamais du les séparer ici-bas ! Il avait rêvé, le sacripant, une existence de jouissance et de bombance perpétuelles et voilà qu il tombait de Tempyrée de ses songes sur les rochers de la réalité, avec dix-mille francs pour tout viatique. Au bout de deux mois, le jeu, le vin, les femmes (et quelles femmes!), avaient dévoré cette somme qui eût fait la fortune d'un honnête oun. 17

vrier. Il s'adressa de nouveau à Magarthy qui lui donna encore {$00 francs ; mais en lui disant avec une fermeté qui n'admettait aucun espoir de retour : c'est la dernière fois que je vous vois !

Les 500 francs vécurent encore plus vite que ne vivent les roses... Et complètement à sec, il se décida à rouvrir la fameuse échoppe du pont de TÂrchevéché! Misérable et manquant de tout... ne pouvant plus rien tirer de son ancienne complice, il se décida à se joindre à une bande de scélérats qui allaient exploiter quelques villes de France et à qui il manquait un homme habile pour préparer les coups, pour rédiger adroitement des prospectus, et pour recevoir les dupes d'un nouveau genre d'escroquerie qui n'avait encore été pratiqué qu'en Angleterre. Seulement, avant de disparaître de la scène parisienne, Simon usa sa dernière feuille de papier et sa dernière plume. 11 voulut lancer sa flèche du Parlhe el ce fut sur Magarthy qu'il dirigea le trait. Nous savons qu'il était habile rédacteur : il mit tout son talent en œuvre et écrivit à madame Tayeur une lettre dans laquelle, non content de lui raconter d'un bout à l'autre l'histoire de madame de Taliu, il lui prouva les relations coupables qui existaient depuis trois années entre son mari et la quarteronne. Pour plus de sûreté , il donnait à madame Tayeur l'adresse de la nou-

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rice OÙ avait vécu, quelque temps, la pauvre créature que Magarthy avait si géuéreusemenl attribuée à Tayeur. Puis il partit avec ses nouveaux compagnons d'infamie.

Madame Tayeur jela d'abord cette lettre de côté. Cette femme qui, à défaut de la noblesse du titre, avait toutes les noblesses de Tâme et de Tesprit, avait une horreur profonde des lettres anonymes. Mais malgré tous les généreux sentiments qui faisaient de son cœur un sanctuaire de dévoùment et de charité , elle était épouse et mère. Elle repoussa pendant plusieurs jours les idées mauvaises que faisait naître en elle cette maudite lettre. Si elle eût été dévote , elle eût mis ces pensées au nombre des suggestions de Tesprit malin et elle s'en fût confessée comme d'un gros péché. Toujours malgré elle, elle observa avec soin la conduite de Tayeur et de Magarthy et elle crut remarquer certains coups d'œil échangés sournoisement. Elle remarqua que Julie de Taliu , ou plutôt Julie, comme elle l'appelait simplement depuis le mariage de leurs enfants, envoyait toujours ses filles une heure ou deux avant qu'elle vint ellemême, et elle acquit la certitude que son mari passait ce temps seul, avec la créole. Cette découverte ébranla un peu ses convictions ; mais elle résista encore... Tayeur était vieux, elle l'avait toujours

cru peu disposé aux intrigues galantes*. • Il était impossible que la mère de sa belle-fille fût Pobjet de ses poursuites. Tel était le raisonnement de madame Tayeur, qui se débattait de toutes ses forces contre le soupçon, et qui ne pouvait ou ne voulait pas céder à des doutes qui lui semblaient une grave injure envers son mari. Elle luttait, mais la jalousie, si nous pouvons employer ce mot qui n'est pas positivement le mot vrai de la situation, la jalousie donc, puisqu'il nous est impossible de trouver Texpression juste pour peindre ce qu'éprouvait madame Tayeur , prit sur elle un empire si grand qu'elle se résolut à faire une visite à la femme de Ville-d'Avray, que la lettre anonyme lui désignait comme ayant été la nourrice de l'enfant de Tayeur et de Julie. Ce ne fut qu'après bien des combats intérieurs, qu'elle se décida à cette suprême investigation. Pauvre femme! A Ville-d'Avray, tout lui fut expliqué d'une manière irrécusable. C'était bien 'son mari qui, accompagné d'une femme dont le signalement se rapportait parfaitement à celui de Magarthy, venait chaque semaine visiter l'enfant placé sous la surveillance de madame du Tilleul, dont la disparition assez mal justifiée par la créole, l'avait déjà un peu intriguée. — Le voile qui couvrait ses yeux se déchira d'un seul coup et la vérité lui apparut dans toute sa laideur. Elle ne pleura point 1

Elle eut la force de dévorer sa douleur et Tunique pensée de la noble femme fut de tirer son mari des filets odieux dans lesquels il s'était laissé prendre. Du moment où le fait principal de la lettre anonyme était prouvé... tout le reste devait être vrai. Elle médita longtemps sur ce qu'elle avaitàfaireet après de mûres réflexions, elle se décida à chasser Magarthy... Mais il ne fallait pas que les enfants de celte. misérable en souffrissent... Ils n'étaient point coupables et Mézélie surtout ne devait pas être perdue aux yeux de son fils. Le cas était grave, em- ' barrassant. Voici comment, après de mûres réflexions, madame Tayeur procéda à ce que nous appellerons l'exécution de notre héroïne.

La scène est curieuse et pleine d'enseignements... Je demande à vous la retracer.

C'était le soir, à huit heures... on venait de sortir de table pour passer dans le grand salon orange du banquier. Toute la famille était réunie.

Magarlhy, dans une toilette splendide , contemplait Mézélie qui , assise sur une causeuse , s^entretenait tout bas avec Casimir et faisait des projets pour l'éducation à venir de l'enfant qu'elle sentait frémir dans son sein. Miany et Léonie regardaient des gravures de modes ; les deux filles de Tayeur faisaient épeler leurs marmots dans un grand livre d'images. Celui-ci lisait son journal près de la

fenêtre, à côté de ses gendres. Le tableau était celui d'un intérieur patriarcal.

Magarthy jouissait, pour la première fois de sa vie, d un bonheur presque complet. Elle était au comble de ses vœux... sa fille était richement et honorablement mariée... Miany et Léonie, grâce à la fortune que son vieil amant leur avait réellement conquise cette fois, pourraient, plus tard, prétendreà de beaux mariages : elle-même, demain^ aurait peut-être un nom à leur donner, grâce à 1 union qui se projetait ; elle n'aurait plus besoin de songer à de nouvelles et criminelles intrigues. Oui... le bonheur était là! mais la justice divine ne voulait pas permettre qu'elle jouit plus longtemps d'une félicité dont elle était indigne ni que le dernier acte du drame fût joué. Son rôle était fiui, son dernier crime avait été commis... et le châtiment ne devait pas se faire attendre.

Sept heures sonnaient lorsque madame Tayeur fil son entrée dans le salon. Rien dans les muscles de son visage ne décelait sou émotion. Elle était calme et ferme, comme doit letre le juge qui va prononcer une sentence équitable et qui n'a aucuu doute sur la culpabilité de son justiciable. Elle embrassa ses enfants, Mézélie et ses sœurs... fit un signe de tête amical à Tayeur et à Magarlhy, tendit la main à ses gendres , puis elle s assit devant la

chemiDée et se mit à lire atteDtivement un volume qu'elle tenait à la main.

Au bout d'une heure environ, les jeunes filles descendirent au jardin et l'on vint annoncer la voiture du nouveau couple : c'était Theure de la promenade; les gendres quittèrent leur beau-père, se rappelaut qu'ils avaient un rendez-vous d'affaires; leurs femmes suivirent les eufants ; Magarthy se préparait à les accompagner, et le père Tayeur prenait aussi son chapeau lorsque madame Tayeur s'adressant à tous deux :

— Restez donc, madame, dit-elle, et vous aussi, mon ami. Ces enfants ont mille choses à se dire, vous les gêneriez.

On entendit en ce moment le bruit des voitures qui s'éloignaient. M. et madame Tayeur et la prétendue veuve étaient seuls.

— Vous rappelez-vous, Charles, dit la mère de famille d'une voix calme, en posant son livre sur ses genoux, Taulomne de ISM? Il faisait assez froid, tellement froid que je fis allumer mes voitures dans la cour et qu'elles flambèrent le mieux du monde. Il est vrai qu'elles étaient coupables d'un grand crime à mes yeux : elles avaient promené une créature qui ne devait avoir rien de commun avec jnoi et que je mis à la porte le jour même, dites, vous en souvenez vous?

Le pauvre manufacturier qui voyail déjà où elle voulait en venir, écoutait haletant, éperdu; sa figure avait pris toutes les teintes de rarc-en-ciel.

Madame Tayeur se leva alors, en proie à une violente indignation, et s'approchant de la courtisane triomphante, elle lui dit d'une voix brève :

— Mademoiselle, je sais tout! tout, entendezvous ? Vous n'êtes ni veuve ni mariée ; vous n'avez pas donné un sou de dot à votre fille, quoique vous en ayez reçu quittance ; vous êtes de plus la maîtresse de mon mari. C'est vous dire que vous ne pouvez rester ici une seconde de plus ! Vous êtes bonne mère, je veux le croire; quelquefois un sentiment humain se glisse dans les âmes les plus dépravées. Lisez ce livre, il vous indiquera peut-être votre devoir.

Et elle lui lendit un volume des Contes de VA telier de Michel Masson ouvert à la première page de la nouvelle : Une mère.

— Monsieur, dit la noble femme, s'adressant cette fois à son mari, nous ne sommes plus, ni Tun ni Taulre, dans Tâge des passions; je ne ferai donc pas de scandale; nous ne nous séparerons point ; mais voici mon ultimatum : mon honneur, celui de mes filles, le vôtre, celui de notre maison me la dicté : ce soir, mademoiselle aura quitté, non seulement la maison 9 mais la ville, non seulement la

ville, mais le pays ; jamais elle ne nous écrira ; jamais nous n'entendrons psrrler d'elle. A ce prix, j'oublierai tout, continua-t-elle d'une voix plus émue et je demanderai à Dieu le courage de traiter sa fille comme si elle était la mienne ; je vous promets du moins d'avoir pour elle les soins d'une mère : jamais, ni ses sœurs, si elle veut les laisser ici, ajouta-t-elle après quelques efforts sur ellemême, ni mon fils, ne sauront rien de Todieux complot tramé sous mon propre toit.

Quelques instants d'un silence solennel suivirent ces paroles. Personne n'osait le rompre.

Tayeur n'avait plus conscience de lui-même; Magarthy, rouge et palpitante, parcourait d'un air hagard le livre que madame Tayeur lui avait mis entre les mains ; cette dernière , les yeux levés au ciel , lui demandait en récompense de sa vie consacrée tout entière à faire le bien , la force nécessaire pour accomplir jusqu'au bout le devoir rigoureux qu'elle s'était imposé.

A ce moment on entendit le roulement de la voiture qui rentrait. Mézélie, fraîche comme une rose, se précipita dans le salon avec son mari , et suivie de l'escorte obligée des sœurs et belles-sœurs qu'elle venait de gratifier chacune d'un petit bouquet.

— Regardez, mes mamans, dit-elle solennelle-

ment à madame Tayeur etàMagarihy, les premières violettes de Tannée : je vous les apporte.. •

Puis, soudain, remarquant Tair embarrassé des Irois personnages de la scène précédente...

— Mais qu'avez-vous donc tous? Qu'est-il ar* rivé?

Casimir lui-même fut ému de cette espèce de consternation qui se lisait sur les visages de ses parents et de sa belle-mère.

— Au nom du ciel... que se passe-t-il ici , s'écria-t-il?

— Rien de bien grave , mon enfant, reprit madame Tayeur... Votre mère, ma chère Mézélie, vient de recevoir une dépêche qui Ta vivemcDt troublée... nous partageons Timpression qu'elle lui cause... et...

— Mézélie, ma fille bien-aimée, dit Magarthy qui avait pris subitement une résolution suprême... pardonne à mon émotion, à ma douleur... mais il faut que je vous quitte...

— Toi, nous quitter, et pourquoi?

— Oui, mesenfants... mais pas pour longtemps... Je reviendrai, oui... je reviendrai... mais il faut que je retourne pour quelque temps à l'île Bourbon... Toute notre fortune est gravement compromise «t Tune de vos sœurs, restée là-bas, est gravement malade...

— Oh! maman, emmèDe-nous avec toi, dirent ensemble Miany et Léonie...

— C'est impossible... Je vous laisse aax soins de votre sœur et de madame Tayeur... Aime-les bien, Mézélie... et s'il marrivait malheur... qui sait? un naufrage... Enfin, si vous deviez ne plus me revoir jamais... Priez Dieu pour voire mère!

Les larmes la suffoquaient...

Elle serra convulsivement ses enfants sur son sein... et rassemblant toutes ses forces : Laissezmoi, leur dit-elle, laissez-moi seule avec madame Tayeur; j'ai un dernier entrelien à avoiravec elle... Embrassez-moi encore... encore... Ah! mon Dieu! que cela fait de mal de quitter tout ce que Ton aime... Mais je reviendrai... Allez... Laissezmoi... Mais allez donc! Ces derniers mois furent dits avec une colère sourde qui stupéfia ses filles. Elles se dirigèrent silencieusement vers la porte.

— Ah! mes enfants... un dernier baiser! Magarthy les pressa une dernière fois sur son

cœur et leur fit signe de se retirer.

Tayeur et son fils les suivirent et quand les deux femmes furent seules :

— Madame, dit Magarthy, j'ai lu et j'ai compris... Je vous remercie... dans six mois vous recevrez la nouvelle de ma mort et jamais vous n'enlendrez parler de moi. Mais» soyez la mère de

mes enfants... L'argent que je possède me suffira pour assurer l'avenir de ceux que j'ai encore dans nte... Aimez Mézélie qui est votre fille maintenant... Elle est innocente, je vous le jure et Dieu le sait. C'est pour mes enfants que j'ai agi. J'ai voulu qu elles échappassent à la honte de ma vie passée... J'ai voulu qu'elles fussent heureuses et honorées. Mais je n'avais, hélas! qu'un moyen infâme pour parvenir à mon but... Je ne veux pas les revoir... mon cœur se briserait. Je vais tout préparer pour mon départ... Retenez-les encore quelques heures. Ce soir, je serai partie.

Magarthy tint parole et quelques jours plus tard, elle voguait vers Bourbon.

Là s'arrêtent, quant à Magarthy, tous les renseignements que put me fournir la bonne duchesse (1).

Pour les autres acteurs de ce drame, je n'ai pas grandes nouvelles à vous en donner.

Le père Tayeur semble rajeuni de vingt ans, depuis le départ de la créole; ses amis lui sont re-

(1) Quelques personnes prétendent même que Ton a abusé de la crédulité bien connue de la duchesse de Fulgence, et que celle histoire, vraie dans tous ses détails, ne serait, quant au dénoûment, que le souhait d'une âme charitable.

J'ignore ce qu'il en est de cette nouvelle version d'une histoire pleine de versions si diverses.

venus en fouie; i! a donné un grand concert il y a quelques jours; tout Paris y assistait. — Cette femme Tavait, pour ainsi dire, complètement annihilé et transformé. L'amour s'était envolé depuis la mort de Tenfant d'Etretat, et aujourd'hui le vieux millionnaire avoue qu'il est, ma foi! enchanté d'être débarrassé de son cauchemar!

La phrase est dure, mais elle est textuelle.

Les jeunes mariés sont heureux et ne paraissent pas près d'avoir achevé leur beau gâteau de miel.

Miany et Léonie grandissent et attendent chaque jour leur mère qui ne reviendra plus.

Le prince d'Armagne ne cherche plus l'amour idéal, il a pris un antidote contre les passions sérieuses. Son contre-poison s'appelle Muguetle et fait semblant de danser à l'Opéra... Elle lui coûte cinq mille francs par mois et je trompe avec un garçon coiffeur. Le prince se trouve le plus heureux des hommes.

Reine est toujours la fée gracieuse que vous savez.

Berthe Legrand vit heureuse à la campagne et ne désire que médiocrement le retour dont son mari la menace galamment tous les printemps.

De Prisse adore toujours la duchesse qui ne lui écrit plus... ce dont il enrage.

Je crois avoir fait moD devoir de romancier jusqu'au bout et n'avoir oublié personne.

— Pardon, me dit mon éditeur, votre dénoument n'est pas complet... Et madame du Tilleul et Simon Lenoir?

— Encore... Eh bien! cher monsieur, soyez obéi jusqu'au bout.

Madame du Tilleul est morte réellement folle et Simon Lenoir, s'appelle maintenant le n^ 135... La brebis est rentrée au bercail... de Toulon... Il s'ennuie en France, dit-il, et je ne le suppose pas éloigné de désirer faire un voyage d'agrément à Cayenne.

Ghers lecteurs, si j'apprends quelque chose de nouveau, je vous en ferai part dans un troisième volume qui aura pour titre la Résurrection de Magarthy ou les Filles de V aventurière... Mais j'ai tout lieu de penser que je n'aurai plus à vous reparler de Magarthy ni à m'occuper de la famille Tayeur et de nouvelles aventures. Le calme est revenu dans le paisible intérieur. Le foyer domestique a droit au respect et au silence.

Marie Rattazzi.

28 février 1865.

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