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I. Revue du clergé français, page

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raux les conséquences constatées d'un tel système : une notation vague équivaut à l'absence de toute notation ; le verbalisme de l'auteur ne supplée pas à l'observation, il la supprime. Que penserait-on d'une étude des religions et des mœurs païennes qui, pour ménager la pudeur de ses lecteurs, ferait le silence sur l'immoralité des idées ou des symboles et sur les pratiques que ces doctrines inspirent ? Suffira-t-il de recourir aux figures de rhétorique et de s'attrister sur « la corruption du siècle » ? Seuls, des faits ou des paroles caractéristiques nous permettront d'en juger. Un traité complet d'anatomie ou de pathologie ne souffre pas d'être rédigé dans les termes requis pour l'enseignement des collèges. Si je me propose d'analyser un certain milieu social, il ne me suffira pas de dire « il est grossier » ou « il est corrompu », ou d'employer toute autre expression imprécise qui traduirait, fort imparfaitement d'ailleurs, le sentiment de l'auteur ; je devrai noter en quoi consiste cette grossièreté ou cette corruption, quels en sont la nature, le degré et l'extension, et indiquer, si possible, son étiologie et sa force propagatrice.

Lorsque les grossièretés transcrites ne sont pas caractéristiques de la catégorie de travailleurs étudiée, alors elles valent bien mieux — ou bien pis — que cela ; elles caractérisent toute une époque ! Voilà qui est de singulière importance à retenir et d'une particulière gravité, La grossièreté

et l'obscénité ne sont pas du tout liées nécessairement aux habitudes des classes inférieures. Actuellement encore, il ne manque pas de travailleurs qui, pris individuellement ou en groupe, échappent à cette tare ; l'ordure n'apparaît dans leurs conversations que par exception et parfois même en secret, comme une chose honteuse. Mais c'est que pour la plupart ils ont reçu une éducation ou restent sous l'influence d'idées violemment combattues et déjà généralement proscrites. Quant aux autres, leur réserve s'explique par ce fait qu'ils gardent le souci de leur réputation et le désir que leur dignité de classe et leur dignité d'homme ne souffrent aucune atteinte.

M. Calippe « regrette » que j' « aie cru devoir... reproduire textuellement, ou à peu près, des blasphèmes ». Moi, je regrette que de tels blasphèmes puissent être proférés, je m'indigne contre leurs propagateurs et je m'attache à en déterminer la source. Ce qui est scandaleux, ce n'est pas que le blasphème soit reproduit,' mais qu'il soit dit, qu'il soit même systématiquement semé par les agents de la religion d'Etat. Cette formule blasphématoire exprime, dans sa brutale concision, l'essence de l'enseignement officiel, la pensée secrète de la Sorbonne, de l'Ecole des Hautes Etudes, du Collège de France et de la Faculté de théologie protestante de Paris, leur vestibule et leur coulisse; c'est du Réville, du Paye, du Goblet d'Alviella, du Guignebert, du modernisme oublieux des patientes

dissimulations d'un Le Roy, c'est du protestantisme d'outre-Rhin importé dans les hautes sphères germanisées, c'est du Renan qui a perdu l'art des nuances, du Loisy pour débardeurs. Je décidai de noter la formule incriminée lorsqu'après cette enquête sur les débardeurs, d'autres enquêtes m'eurent révélé que cet outrage se retrouvait, identique à lui-même, dans des catégories ouvrières différentes et non pas seulement en France mais à l'étranger. Je surprenais donc là, non pas l'expression individuelle d'une imagination sacrilège, mais la répétition passive d'une leçon préparée dans un certain milieu d'où elle était propagée avec méthode dans toute la classe ouvrière de différents pays par des agents bien stylés : unité de préparation et d'origine, et diffusion internationale d'une formule ignoble, cette constatation supposait l'action de certaines sociétés cosmopolites et mettait en évidence les effets d'une propagande verbale qui joue, dans ce siècle de la presse et de la brochure, un rôle d'une importance insoupçonnée.

Pour ce qui est du langage simplement ordurier, sa constatation conduit à quelques réflexions utiles. Ainsi, à Roanne (i), les tisseurs montrent une tenue de langage bien supérieure à celle des teinturiers. Or, cette supériorité concerne, d'une façon générale, des tisseurs, c'est-à-dire des ouvriers

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