XL
Les craintes exprimées ici par notre censeur sont profondément cliimériques. « L'ignorance du métier et des iiabitudes professionnelles » ne provoque ni <N soupçon » ni « hostilité », je le sais par expérience personnelle, et cela s'explique puisque le pseudo-ouvrier se présente comme ignorant le métier qu'il aborde et que la nécessité le contraint d'aborder, et puisque le cas d'un ouvrier qui abandonne, sous l'efïet des circonstances, son métier pour en essay&r un autre, se répète fréquemment. Ce pseudo-ouvrier ne suscitera pas « de multiples défiances » par son « allure plutôt gauche »,qui n'est pas rare chez les vrais ouvriers; il devra craindre, au contraire, d'avoir des allures trop dégagées ; c'est plutôt cette aisance de manières qui pourrait le trahir.
Ainsi que je l'ai déjà écrit (i>, notre malheureux régime de divisions intestines et de délation universelle a rendu tous les ouvriers soupçonneux à l'égard de tous et de chacun (2). L'observateur n'échappera pas à cette loi générale du soupçon, plus ou moins rigoureuse suivant les circonstances particulières; mais il sera soupçonné — comme le sont tous les « camarades » — en tant que « camarade », en tant qu'ouvrier, non en tant qu'observateur . Le propre du bon observateur est de ne