Id., p
M. du Passage rappelle égalementque «des critiques avertis » (p. 80) m'avaient fait « pareil grief » à propos de la Vie
Je ne m'étais pas du tout rendu compte de la « solennité » avec laquelle, paraît-il, j'avais présenté « comme des trouvailles », après les avoir conservées quelque temps par devers moi, « comme des reliques, toutes les expressions des travailleurs ». je m'étais très simplement borné à ne pas négliger un aspect de la vie morale des travailleurs qui, se réfléchissant sur leur vie économique, l'influence fortement. Si ces grossièretés « ne sont pas spécifiques de la catégorie observée », elles sont très spécifiques de la période historique dont cette « catégorie » est contemporaine: elles caractérisent des habitudes et uneéducation liées aux courants les plus généraux de cette époque etqui permettent d'en faire remonter les responsabilités à l'appareil directeur d'une société étudiée à un certain moment de son histoire. On n'en pourrait omettre la notation sans altérer la physionomie de cette société; le silence équivaudrait à un maquillage. La fréquence et le degré des grossièretés constatées accusent la facilité de contamination du groupe observé et, tout à la fois, l'intensité et l'extension de l'action dégradante qui s'exerce sur lui.
ouvrière. C'est exact. Mais il eût été d'une plus grande exactitude d'ajouter qu'ainsi que je l'ai déclaré dans la Méthode concrète (p. 79), d'autres personnes, «également qualifiées pour émettre une opinion de poids en cette matière, m'ont nettement approuvé ». Un chartiste m'a écrit en ce sens (V. Méthode, p. 102). Parmi ceux que j'avais consultés, plusieurs étaient revêtus du même caractère que M. du Passage lui-même.
Au reste, comme l'écrit très justement M. du Passage, «il n'est nullement nécessaire de rapporter tout ce que Ton a entendu». Mais il peut être nécessaire d'en rapporter quelque chose. Dans les « Observations » publiées, je n'ai pas tout reproduit, ni le pire. Dans mon Ouvrier espagnol, je devrai m'abstenir de noter toutes les obscénités, car elles sont incessantes, elles constituent la trame même de toutes les observations ; c'est un jet continueldeproposordurierset de blasphèmes; leur notation serait d'une monotonie aussi écœurante que superflue. Encore conviendra-t-il de souligner leur extrême extension. En mettant ainsi en relief la moindre résistance de la race et l'effroyable effet de l'éducation moderne dont l'Espagne après la France subit la loi, nous pourrons conclure à l'urgence d'une douane prohibitrice et à la nécessité, pour le peuple espagnol, d"une discipline particulièrement rigoureuse. Dans mon Ouvrier agricole, je pourrai opposer au dévergondage croissant qui sévit dans les campagnes laïcisées l'unique propos recueilli par hasard auprès d'un paysan attardé dans «l'abêtissement clérical » et qui témoigne de l'élévation de pensée et de cœur dont la discipline chrétienne rendait coutumiers même les habitants des hameaux perdus dans nos plus lointaines provinces.
Quant à la comparaison tirée des fouilles marines, qu'il suffise de faire remarquer que, si le botaniste examine et classe « les algues curieuses » et le zoo-
logiste les « coquilles intéressantes » (et, pour eux, elles sont toutes intéressantes), le géologue et aussi le zoologiste retiennent avec un soin égal aux fins d'examen «la vase» même «nauséabonde»: il est pour eux important de savoir s'il s'agit, par exemple, de boue à globigérines,
H reste que le dosage de cette documentation réaliste est infiniment délicat. Le principe n'en paraît pas contestable en raison, bien que la mesure pratique de son application, qui relève du sens individuel, semble devoir toujours être contestée. L'étude concrète ne doit pas plus se transformer en recueil de langue verte qu'en collection d'idylles à la Fiorian. L'auteur — non plus que le censeur — ne peut oublier que nous ne voyageons pas au pays des fabies et que les livres ne s'écrivent point à l'usage exclusif des adolescents.
M. du Passage estime trop nombreuses les diverses conclusions: «il n'y a pas moins de trois « chapitres qui portent le titre « conclusion », « (Deux conclusionsparticulièresetunegénérale).» Comme le volume contient également des appendices, M. du Passage critique « ce mode ou cette « absence de composition ». Enfin, « il y a des «détails, trop longs parce que peu instructifs, sur « les démarches infructueuses de l'auteur pour « renouveler son expérience et venir en bateau, « du Nord cette fois, vers Paris » (i).