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Ni aucune autre

moins est-il certain que le syndicat peut très efficacement défendre les intérêts des mariniers volés par des intermédiaires sans scrupule. Sans prétendre au monopole de l'affrètement, il pourrait affréter concurremment aux affréteurs. Même n'affrétant pas, il interviendrait pour obtenir le fret à des prix plus élevés. Il lui serait facile de constituer une caisse d'avances gratuites et de prêts non usuraires, et de soustraire le marinier à la clause malhonnête de la reprise du bateau par le vendeur à la petite semaine, qui garde les versements effectués bien qu'ils dépassent le prix de location et la valeur des réparations.

§ 2. — Maurice Talmeyr.

Talmeyr, se plaçant au point de vue religieux, a étudié l'Œuvre des mariniers de l'Ile Saint-Denis '.

<s Rien qu'à Paris, vingt mille bateaux stationnent chaque année à l'Ile Saint-Denis et chaque bateau, en moyenne, parents,

I . La Croix sur les eaux, dans Le Correspondant, 25 novembre J907.

enfants et pilote, porte au moins cinq à six personnes. C'est donc, par an, un passage de 100,000 âmes. On sait aussi où se recrute la population batelière. Elle vient presque toute de Flandre, d'Artois, de Picardie, d'Alsace et de Belgique. . . Beaucoup des noms des bateaux ont un caractère tout religieux ; ils ont même un parfum de prière et de mysticité'... Une foi naïve, altérée par de nombreuses superstitions, mais néanmoins très vive et très profonde, est bien précisément, en général, l'âme delà population marinière... Sa vie conserve le marinier dans l'habitude de certains fétichismeset de certaines sorcelleries moins disparues qu'on ne le pense, mais aussi dans les saintes croyances chrétiennes, et le soir, sous le brouillard ou la lune, dans la cabine de famille, il s'agenouille volontiers au pied de sa couchette'... n>

Le curé de l'Ile Saint-Denis, l'abbé Passenaud, fonda, en iS^6, r Œuvre préparatoire à la première communion despetils mariniers. Il est secondé par deux religieuses de l'Ordre

de Cluny. Son rêve serait d'organiser une chapelle volante qui parcourerait les centres mariniers'.

Une année, à la demande de la population batelière de l'Ile Saint-Denis, il tenta de faire une procession en péniche au milieu de la flottille. Tous les bateaux étaient pavoises. Mais, aussitôt commencée, la cérémonie fut interrompue par l'intervention de la police et de la gendarmerie.

Depuis lors, « la guerre, ouverte ou sournoise, avait toujours continué. Des sociétés se fondaient, sous prétexte d'inviter les mariniers à se grouper pour la défense de leurs intérêts, et venaient, jusque dans l'église, assister aux noces ou aux enterrements de leurs adhérents avec des emblèmes et des drapeaux ; mais ce n'était jamais que pour chercher, sous main, à les détourner de leurs habitudes religieuses. On ne tardait pas non plus à voir s'ouvrir, sur le quai de l'île, un grand estaminet criard, à devanture violemment enluminée, à physionomie de bar, avec un comptoir éblouissant et cette ambitieuse et retentis-

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