‹ Les marins français [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 60 · LÉZARDS · texte numérisé non relu

LÉZARDS

« Nos Brésiliens au surplus, dit Léry, prennent des lézards qu'ils appellent fouous, non pas verts ainsi que les nôtres, ains gris et ayant la peau lisse, comme nos petites lézardes ; mais quoiqu'ils soient longs de quatre à cing pieds, gros de même, et de formes hideuses à voir, tant y a néanmoins que, se tenant ordinairement sur les rivages des fleuves et lieux marécageux comme les grenouilles, aussi ne sont-ils non plus dangereux. Et dirai plus qu’étant écorchés, estripés et nettoyés, et bien cuits (la chair en étant aussi blanche, délicate, tendre, ct savoureuse que le blanc d’un chapon), c’est l’une des bonnes viandes que j’ai mangées en Amérique. Semblablement, nos Topinambous ont certains gros crapauds, lesquels boucanés avec la peau, les tripes et les boyaux leur servent de nourriture... Ils mangent au semblable des serpents gros comme le bras, et longs d’une aune de Paris, et même j'ai vu des sauvages en traîner et apporter (comme j'ai dit qu'ils font des crocodiles) d’une sorte de serpents riolés de noir et de rouge, lesquels encore tout en vie ils jetaient au milieu de leurs maisons, parmi leurs

femmes et enfants qui, au lieu d’en avoir peur, les maniaient à pleines mains, »

« Outre plus, il y a en ce pays-là, une bête ravissante que les sauvages appellent Jan-ou-are", laquelle est presque aussi haute enjambée et légère à courir qu'un lévrier, mais comme elle a de grands poils à l’entour du menton, et la peau fort belle et bigarrée comme celle de l'once, aussi en tout le reste lui ressemble-t-elle bien fort. Les sauvages, non sans cause, craignent merveilleusement cette bête, car vivant de proie comme le lion, si elle les peut attraper, elle ne faut pas de les tuer puis les déchirer par pièces et les manger.

« IL se trouve aussi, en cette terre du Brésil, un marmot (singe) que les sauvages appellent sagouin”*, non plus gros qu'un écureuil et de semblable poil roux : mais quant à sa figure ayant le mufle, le col et le devant ct presque tout le reste ainsi que le lion, fier qu’il est de même ; c’est le plus joli animal que j'aie vu par decà.

«J'en veux encore décrire deux lesquels sur tous les autres sont de forme étrange et bizarre. Le plus gros que les sauvages appellent kay* est de grandeur d'un gros chien barbet, et a la face ainsi que la guenon, approchant de celle de l’homme, le ventre pendant comme celui d'une truie pleine de cochons, le poil gris, enfumé ainsi que la laine de mouton noir, la queue fort courte, les jambes velues comme celles d’un ours et les griffes fort longues... Mais au demeurant (chose qui semblera, possible, fabuleuse), j'ai entendu non seulement des sauvages, mais des truchements dire que jamais homme nipar les champs ni à la maison n’avait vu manger cet animal.

! Jaguar. — ? Gagouin ou Callitriche, — ? Av,

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