‹ Les marins français [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 60 · MORT D'UN ARABE · texte numérisé non relu

MORT D'UN ARABE

« Les Arabes meurent comme les autres hommes (ceci me semble probable) et quoique communément leur vie soit plus longue, ils en trouvent à la fin le bout. Dès que cela est arrivé, la femme ou la fille ou quelque parent sort de la tente et se met à faire des cris effroyables. A ce signal, toutes les femmes voisines sortent en faisant de semblables cris. C’est ainsi que la nouvelle de la mort

est annoncée dans un instant à tout l’adouart. Toutes les femmes se rassemblent aussitôt à la tente du mort où, pendant que les uns crient, les autres chantent les louanges du défunt. Ceux qui ne sont pas faits à ce badinage s’imaginent que ces femmes sont parentes du défunt et qu’elles ressentent une très-vive douleur de sa mort. Point du tout, c’est un effet de la coutume, et, comme chez les femmes arabes, les larmes ne coûtent pas plus que chez toutes les autres, elles pleurent sans peine, sans sujet, sans affliction et sont aussi prêtes à rire dès que le temps de la cérémonie est passé que si elles h’avaient jamais pensé à pleurer. (J'imagine qu'il n’en va point ainsi chez les Bognonnes). C'était peut-être pour les obliger à pleurer tout de bon leurs maris et à mettre tout en œuvre pour leur conserver la vie que les Indiens avaient introduit parmi elles la coutume et ensuite la nécessité de se brûler toutes vives avec le corps de leurs maris. Je n’ai garde d'approuver cette coutume (Est-ce bien sûr ?), mais elle servait au moins à faire pleurer les femmes tout de bon pour leurs maris... ou pour elles. »

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