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Le navire qui suit le vaisseau

VILLARET DE JOYEUSE. 109

La journée du 4°' juin ne nuisit pas à la réputation de Villaret, d'autant que le convoi attendu avait pu passer. Le combat de Groix, où il soutint l'honneur du pavillon contre des forces supérieures lui fit grand honneur.

Nommé député au Conseil des Cinq-Cents en 1 796, il s’y montra orateur éloquent et surtout honnête homme, se déclarant très haut contre la faction des terroristes qui relevait la tête. Condamné à la déportation, lors de la journée du 18 fructidor, il sut échapper aux recherches en se réfugiant dans l'ile d'Oléron d’où il fut rappelé par le gouvernement consulaire. Il commandait la flotte chargée du transport des troupes lors de l'expédition de Saint- Domingue. Nommé, en 1802, capitaine général de la Martinique, il gouverna cette colonie avec autant de sagesse que de fermeté..Lorsque en 1809, elle fut attaquée par une flotte anglaise considérable, il ne capitula qu'après un bombardement qui avait presque réduit en cendres le fort Bourbon.

Cependant Villaret fut blämé dans le rapport du conseil d'enquête ; mais l’empereur lui rendant justice lui fit écrire par le ministre de la marine, « qu'après avoir « examiné lui-même sa conduite, satisfait du courage qu’il « avait montré en défendant la Martinique, il l'avait nommé « gouverneur général de Venise et commandant de la *« douzième division militaire.» Villaret mourut à Venise un an après, regretté des Vénitiens dont il s'était concilié l'affection.

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Glorieux exploits.

Sous ce titre piquant : la première course de Surcouf, l'un de ses compagnons, Garneray, qui dut à une longue captivité sur les pontons ariglais de devenir peintre distingué, nous a raconté comment le hardi corsaire préluda à sa glorieuse carrière. Ce récit d’un témoin oculaire est une bonne fortune dont no1s sommes heureux de profiter d’eutant plus qu’il est écrit avec un entrain et une énergie qui attestent la vivacité des souvenirs de l'artiste écrivain. Il frappe vivement et intéresse en dépit de quelques longueurs que nous supprimons. Voici d’abord le portrait du héros :

« Cet homme nommé Surcouf, ou Surcouf le jeune, ou Robert Surcouf, ou encore le gros Surcouf, si l’on veut, haut de cinq pieds six pouces, élait vigoureusement charpenté, les yeux un peu fauves, petits et brillants, le visage couvert de taches de rousseur, le nez aplati; les lèvres minces s’agitaient sans repos. C’était un compagnon d'humeur joyeuse, brusque et disant de grosses vérités.

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«a Il était aussi de ceux qui appellent sureux les regards des autres, qui dominent une foule, apaisent une révolte et forcent le succès. Je ne sais si Surcouf a jamais su obéir ; mais à coup sûr il était né pour commander. »

Maintenant venons au récit:

« … Le public, groupé sur les quais du port à l’Ile de France, riait de voir appareiller le Chien de plomb ce petit paria de quarante-cinq tonneaux qui se rendait en rade. On plaignait sincèrement l’armateur assez hardi pour risquer ses capitaux sur ce /ou-you allant à la chasse des prises avec vingt-cinq hommes d’équipage et un mousse, commandés par un inconnu. Cet inconnu était Surcouf.

« Le navire ne resta qu’un jour en rade. Les trainards se rallièrent au coup de partance et bientôt s’effacèrent aux yeux de ces vingt-six aventuriers la colonnade purpurine des Trois-Mamelles, la crête abaissée du Pouce, le cône renversé du Péter-Boat, etla montagne de la Découverte... Cette barque téméraire va traverser l'Océan Indien, se dirigeant vers le seul passage des vaisseaux qui font le commerce de l'Inde, de ces massifs navires tout hérissés d'hommes et d’artillerie. Mais le nom de Surcouf vaudra cent hommes, lorsque, quelques années plus tard, le vent le portera aux oreilles des ennemis, vint-il d’une simple chaloupe. Laissez-le inaperçu gagner les brasses du Bengale et s'établir aux bouches du Gange. Il est, sous le gréement d’un püilot-boat (bateau-pilote), il guette. La proie viendra.

« En effet, la brume épaisse du matin permettait à peine de distinguer une voile à quelques brasses. Dès la pointe du jour, on avait crié: Navire! cri imposant dont un bruit tumultueux est toujours la suite. La lunette du Malouin avait démontré aux moins expérimentés que

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c'était un vaisseau de la compagnie des Indes, portant vingt-huit pièces en batterie et quelques-unes pe , pont. Dès lors, pas moyen de songer à une attaque pros sûr personne n’y pensa, si ce n’est peut-être Sureouf impatient d’une tentative, las surtout d’une inaction “ longée. Le manteau gris € :nt l'atmosphère se one de plus en plus servait d’ailleurs les desseins du hardi Bret x et il résolut d'exploiter l'impossibilité du succès en f« dé du succès même, ds:

D, Quel officier, quel matelot # bord du bâtiment anglai jra supposer un instant que ce mauvais essai à + ses quatre misérables pierriers presque imprrce ibles veut risquer le combat? On ne croit pas à un équi ; | de fous. Le Hasard approchera tranquillement sans éveil : de défiance, c'était là le grand point. Son ékhaoié li donne assez l'air de ces nombreux bateaux qui nt chercher les navires au large pour les conduire nn port ; on n’éveillera pas le moindre sou; çon. Mais aufft-il de ces chances? Aborder à l’aide du brouillard, à laid d’une erreur, ce n’est que le premier acte du den le second est tout entier dans le courage des hommes je LEE le chef intrépide. Quelque braves qu'ils it ne NS ils au niveau d'une entreprise aussi audés « Le corsaire interroge donc chacun franchement d l'œil. À sa mine, au mouvement de sa tête, on : deviné è dont il s’agit, même avant qu'il ait parlé... Il n’y eut qu un oui dont Surcouf s’efforçait avec la main de modérer l'explosion ; car s’il exista jamais une circonstance où il fut dangereux de réveiller le chat qui dort, c'était bi celle-là ; nous étions si près. é da Alors, silence, dit-il, armons-nous et soyons prêts Timonier, laisse arriver... Mcts le cap droit sur son tue T. Ile

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