‹ Les marins français [microforme]Chapitre 18 sur 41 · LES · texte numérisé non relu

LES

Le Sergent La Roche.

En 1642, un capitaine de la marine marchande, nommé Rigault, obtint du cardinal de Richelieu le privilège exclusif, pour lui et ses associés, de faire des expéditions de navires à l’île de Madagascar et autres iles adjacentes; seulement l’obligation lui fut imposée d’en prendre possession au nom du roi de France. Une compagnie se forma qui prit le titre de : Compagnie française de l'Orient, et au mois deimai de la même année, elle expédia un premier navire chargé de porter à Mada:ascar les sieurs Pronis et Foucquembourg et douze français sous leurs crdres. Arrivés à leur destination, Pronis et son lieutenant firent choix pour leur établissement du village de Manghefña

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qui offrait certains avantages, mais était malsain.

On ne tarda pas à s'en apercevoir, car l’année suivante, un renfort de soixante-dix Français étant arrivé à la colouie, ce qui donnait les plus belles espérances, au bout de quelques Semaines, une épidémie se déclara parmi les nouveaux venus dont beaucoup succombèrent. Cette fatale expérience fit comprendre la nécessité de transporter ailleurs l'établissement et c’est alors que, dans la presqu’ile de Tholonha, s’éleva le fort Dauphin, « poste militaire ct maritime à la fois, a-t-on dit, et centre de la Puissance éphémère et précaire que la France a exercée dans ces contrées. »

Pronis compromit bientôt l'établissement qu'il avait fondé et s’aliéna tout à la fois les Français et les Madécasses. Flacourt, qui lui succéda, avait plus de capacité et de fermeté. « Quant il arriva, dit un historien moderne (Eyriès), le désordre était extrême et, pour comble de malheur, on était sur le point de manquer de vivres. Flacourt parvint à réparer tous ces maux; mais il ne put rétablir entièrement la tranquilité: sans cesse en butte aux menées sourdes des Français et aux attaques des Madécasses, il passa six années très pénibles, ne recevant aucunes nouvelles de France. » Il pensait à aller lui-même en chercher lorsqu’arrivèrent deux navires qui lui apprirent que la Compagnie avait cédé son privilège au duc de la Meilleraye. Flacourt, d’après ce qui lui fut dit, se croyant abandonné par les anciens intéressés, se démit.du commandement laissé à Pronis qu’il avait jadis remplacé et retourna en France.

C’est Flacourt qui donna à l'ile Bourbon le nom qu’elle a longtemps porté et qu'on lui donne encore, quoique officiellement elle s’appelle maintenant la Réunion.

Depuis cette époqu :. à diverses reprises, en 165%, 1667,

at 1670, 1674, 1772° et plus récemment sous le ministère de aléas à M. Hyde de Neuville, des expéditions furent envoyées à cer aù Madagascar. L ancien fort Dauphin sortit plus d’une fois déotire de ses ruines, d autres forts s’élevèrent ailleurs, à graniis Débané. frais et dans les conditions les plus favorables en appa- RARE rence. Cependant toujours ces entreprises échouèrent et ha le il fallut se résigner à abandonner ce sol si merveilleuse- « poste ment riche et sur lequel d'anciens traités nous assudé là raient un droit de suzeraineté. Mais dans ces doulsureuses RER vicissitudes les Français surent maintenir l'honneur du pavillon, comme le prouve ce glorieux épisode de nos dE adai annales maritimes qui eut lieu pendant le gouvernement s Madé- de Flacourt. Un sergent nommé La Roche et douze soldats SAULT et français, revenant à la presqu'ile de l'holonha où les attenadore dait le gouverneur, tombèrent au milieu d une armée de ble de six mille Madécasses ; or, voici que Flacourt, témoin ocu- ENS laire, on peut dire, nous raconte.

né pt ‘ A dix heures du soir, La Roche eF 48 compagnons sont AL arrivés bien las et bien fatigués. Il m’a rapporté que deça | Madé- la montagne de Domboulombe, en Je campagne qui tres s'appelle Ivoule, Dian Tsérong, Dian Macaicore et tous les our ,. blancs du pays d’Anosse, avec environ six mille hommes prirent armés de dards et de zagaies les vinrent environner pour De les massacrer en leur chantant mille injures. La Roche et Fr ae compagnons se mirent à xenoux, chantèrent tout haut ie l'hymne : Venu, creator Spirilus. Dix ou douze nègres et ace une negresse qui étaient avec eux et au service du fort : Dauphin, se mirent aussitôt à genoux en se recommandant ll à Dieu. L’hymne achevée, les Français s'entre-demanra dèrent pardon les uns aux autres, s’entre-couragèrent en :, 1667, is s'agit «le L'expédition du major Beulowski, un aventurier ; polonais qui faillit se Lailler un royaume à Madagascar,

tirant quelq'es coups de fusil pour écarter ceux qui s’avançaient trop.

« Pendant leur prière, les ennemis les considéraient, jetaint devant eux des fal de bâtons blancs, des œufs couvés, et faisaient mille conjurations et imprécations, ayant cette superstition de croire que, par ce moyen, le courage des Français serait diminné, et que même ils demeureraient immobiles et sans défense, Ce qui arriva autrement ; car les Français se battirent en retraite depuis deux heures après-midi jusqu’à sent heures du soir et tuèrent plus de cinquante nègres des plus hardis qui s’'avançaient les premiers sans ceux qui furent blessés en grand nombre. Ils se servirent si à propos de leurs armes qu'ils ne tiraient aucun coup de fusil sans etfet, et quand trois ou quatre avaient tiré, les autres tiraient pendant que ceux-ci chargeaient leurs armes. Leurs nègres jetaient hardiment les pierres et relançaient les dards qu’on leur avait jetés, et même la négresse amassait des pierres plein son pagne pour leur en fournir et en jetait aussi. La poudre commerçant à leur manquer, ils se saisirent d’une petite colline touce ronde sur laquelle ils montèrent environ sur les sept heures du soir, bien las et rompus, en résolution de jouer de leur reste, et y campèrent tout le reste de la nuit, L'armée se tint aux environs et une partie monta sur un coteau voisin hors de la portée du fusil. »

Les Français n'avaient perdu qu’un des leurs, Nicolas de Bonne, tué d'un coup de mousquet ; car les indigènes <n possédaient cinuy qu'ils s'étaient procurés par divers moyens.

« Dian Tsérong, ayant vu que, par la force, il ne pouvait détruire ces pauvres onze Français, s’avisa de leur envoyer un AnanJrian leu: demander à parlementer. et, afin de mieux réussir, il leur envoya une génisse et leur

qui s’a-

sidéraient, des œufs récations, moyen, le me ils deui arriva aite depuis u soir et lardis qui blessés en eurs armes t, et quand endant que etaient harn leur avait es plein son La poudre l’une petite environ sur \ résolution reste de la e monta sur

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il ne pouisa de leur 2menter. el, nisse et leur

tit porter un plein bassin de riz cuit, leur envoyant dire qu'il avait pitié d’eux restés si longtemps sans boire ni manger, vu qu'ils étaient lassés et fatigués, et qu’il désirait leur parler paix et jurer amitié avec eux et les priait de venir le lendemain le trouver en assurance sans rien

craindre. Ils firent tuer cette bête, en mangèrent en gril-

lade et en carbonnade avec du riz et mêmeen envoyèrent aux nègres ennemis qui étaient sur la butte, mais se tinrent sur leurs gardes le reste de la nuit. Le matin, ils s’en allèrent trouver Dian Tsérong, et étant arrivés à un petit hameau où il était, le nommé François Granchamps s’assit sur une grande natte qui était là préparée, ayant son fusil et son pistolet prêts à bien faire. Les deux autres Français étaient debout à l'entour de lui... Dian Tsérong leur fit dire de s'asseoir sur les nattes. » Mais, avertis par un nègre de se défier de quelque trahison, ils firent réponse au chef : « Qu'ils étaient encore en résolution de se bin battre et de lui vendre leur vie chèrement et que, pour cet effet, ils désiraient se tenir prêts en cas qu’il voulût encore recommencer, sinon qu'il commandät aux nègres de se retirer. »

Soit admiration, soit crainte, Dian Tsérong, après avoir donné l'ordre à la plupart des siens de s’éluigner, s'avança et, en réponse à Granchamps qui lui rep:ochait avec force son agression contre les Français dont il n’avait eu qu’à se louer, il dit pour se justifier : «Que les mauvaises langues avaient causé le désordre et que les sorciers de Matatanes étaient venus dans leur pays semer grande quantité de sorts et de charmes qui les avaicnt tellement aveuglés que de les avoir excités à entrepreudre une guerre

injuste contre les chrétiens ; qu’il voyait bien qu’ils avaient Dieu et la justice de leur côté qui les avait pro‘égés et leur avait augmenté le courage de se défendre hardiment contre

une si grande multitude de gens qui leur voulaient ôter la vie. Nous avons oui parler des Portugais, ajouta t-il, nous avons conau les Hollandais et les Anglais, mais ce ne sont point des hommes comme vous auires : car vous ne vous souciez pas de votre vie, vous la méprisez et en faites peu de cas, et quoique vous voyez la mort devant vos yeux, vous ne vous épouvantez pas, vous êtes autres que ces autres étrangers ; vous n'êtes pas des hommes mais des lions et quelque chose de plus. Je suis fàché de cette malheureuse entreprise que nous avons faite, j'en ai déplaisir ; je désire faire la paix et jurer avéc Monsieur de Flacourt, mon frère, lequel je vous assure être plein de vie dans le Fort... Allez, et ne vous fiez à personne en chemin. »

«Il fit un grand serment qu’il n’entreprendrait plus rien et donna sa main à toucher à François Granchamps, lequel prit congé de lui avec ses compagnons. » En effet Dian Tsérong tint parole, et ils arrivèrent sains et saufs. au fort Dauphin.

On comprend qu’avec de tels hommes, même peu nombreux, Flacourt, digne dans son énergie de leur commander, ait pu résister à des armées rnnemies pendant des mois, des années même. Mais il fut mal remplacé par Pronis.

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ait plus champs, En effet et saufs.

eu nomommandant des lacé par

Fortuné Albrand et Robin.

Élève à l'École normale, Fortuné Albrand quitta la France dans les premières années de la Restauration avec deux camarades d'étude pour aller à l’île Bourbon fonder une maison d'éducation. Mais, arrivé dans cetteîle, le goût des aventures le détourna de son projet. Après divers voyages à Mascate et sur les côtes, voyages dans lesquels il fit preuve d’une rare énergie et d’une étonnante habileté à négocier avec les populations demi-barbares de l’..frique et de l’Asie, il accepta du gouverneur de Bourbon une mission d'plomatique pour Zanzibar et réussit pleinement. A son retour, nommé agent commercial principal au fort Dauphin, il vint résolument planter le drapeau français sur les débris du furt transformés en une simple habitation et sut faire craindre et respecter le nom français des indigènes qui étaient dans l’admiration d’entendre le jeune étranger parler leurs divers idiômes avec autant de facilité que d’éloquence. Le succès même qu'il obtint parmi les Malgaches fit concevoir à l’administration la pensée de l'envoyer comme ambassadeur extraordinaire auprès de Radama I‘. Une raison d'économie empêcha la réalisa-

* tion de ce projet qui pouvait avoir des résultats consi-

dérables.

1,10 LES MANINS FRANÇAIS,

L'entreprenant et infatigable Albrand ne se découragen pas, et il ne tarda pas à concevoir la pensée d’une entreprise importante. Le gouvernement français, depuis longtemps, songeait à fonder un établissement militaire À Sainte-Marie; mais il aurait fallu créer une colonie agricole qui fonrnirait les ressonrces indispensables tout en contribuant à assainir le territoire, « Les difficultés de la colonie guerrière, dit M. Victor Charlier, étaient telles qne de jour en jour on reculait devant l’entreprise, La colonie agricole présentait des obstacles non moins sérieux, savoir l'insalubrité du climat, le caractère défiant et vindicatif des naturels; mais Albrand, quoiqu'il se rendit hien compte de toutes les difficultés et de tous les périls, n’en résolut pas moins de se faire planteur à Sainte-Marie, » Un négociant de Bourbon, M. Hugo, fit les fonds de l’entreprise, et au mois de juillet 1820, Albrand partit de Bourbon avec un ami, M. Carrayon, officier distingué qui se dévouait comme lui à cette grande entreprise, bravant toutes les prédictions fâcheuses qu'on ne leur épargnait point et auxquelles ils donnèrent un éclatant démenti. Car, au bout de trois années seulement, ils avaient créé un magnifique établissement € *: faisait l’admiration de tons les étrangers venant de Pourbon ou d’aillenrs, visiter les deux amis au milieu de cinq ou six cents Malgaches qu'on voyait, malgré leurs habitudes enracinées de paresse, zélés au travail et jnyeusement occupés de l’exploitation de cette immense terme.

Ce magnifique et prompt résultat décida la création de l'établissement militaire. Dans les premiers mois de l’année 1822, un navire arriva de France avecun détachement qui s'cccupa de l'installation du fort. Mais bientôt l’influence du climat se fit sentir sur ces hommes qui pentêtre avaient négligé les précautions nécessaires en pareil

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cas. Cette cir'onstance fut pour Albrand une nouvelle wecasion de prouver son dévouement et son courage. Il prodigua à ses compatriotes tous Its secours dont ils avaient besoin, s'efforça de les rassurer par sa parole et par son exemple et contribua à sauver le plus grand nombre, L'officier qui commandait le détachement avait succombé anx atteintes de l'épidémie et nul autre ne se trouvait pour le remplacer. Tous les regards se tournèrent vers Albrand:; simple colon, il fut élu d'une voix unanime chef de l'établissement français, et il se montra digne de ce choix au milieu de circonstances parfois critiques. Lorsque arriva de France un nouveau gouverneur, Albrand, remettant le pouvoir entre ses mains, se livra de nouveau tout entier à son exploitation de plus en plus prospère et à laquelle il put ajouter une sucrerie, « Mais, dit son biographe, il ne lui fut pas donné de voir le résultat de ses travaux. fl mourut en décembre 1826, au milieu de ses plus belles espérances. En mourant, il songeait encore à protéger cette petite île de Sainte-Marie, sa nouvelle patrie, contre la réputation d’insalubrité qui lui était si bien acquise; il cherchait à prouver qu’il succombait à une maladie de l'encéphale qui 1avait rien de commun avec la fièvre de Madagascar. »

A l’époqne où Fortuné Albrand se dévouait à cette laborieuse entreprise, dans la grande ile même, se trouvait nn autre Français dont la carrière a été fort curieuse, voici les pages que lui consacre le Voyage autour du monde '.

« C'était à une époque où l'action anglaise prévalait dans les conseils ‘le Radama. Les ministres protestants, Jones et GriMiths, dirigeaient le mouvement civilisateur dars tont

1 Voyage pittoresque autour du monde. par Dumont d’Urville.

le pays; ils y préchaient, à l’usage des grands et du prince, une espèce de cours d'histoire où notre nation était sacrifiée à la nation britannique. Eh bien! malgré cette influence si directe et si continue, malgré notre impolitique éloignement, quand il s’agit de nommer un dignitaire supérieur à tous les autres, un maréchal du nouveau royaume, ce fut un français que Radama choisit, un nommé Robin, ancien sous-officier de l'empire. L'histoire de cet homme est tout un roman. .

« Maréchal des logis de l’armée du Nord en 1813, Robin passa en 1814 comme sergent dans le bataillon destiné aux colonies ; il vint à Bourbon. Là,: incarcéré pour quelques actes d’insubordination justiciables d’un code rigoureux, il ne put supporter la pensée d’une peine dégradante, combina, trouva des moy”ns d'évasion, gagna l'ile de France, puis Madagascar en 1829. Avec l'autorisation de Radama, de Tarnatave il vint à Tananarive où quelques ressources d'éducation le rendirent utile aux habitants. Il donna des leçons de lecture, d'écriture et de calcul. L’un des naturels, le sieur Jolicœur, le prit surtout en affection. C'était un Malgache qui, enrichi par le cabotage entre Madagascar et Maurice, avait épousé dans cette dernière colonie une Malabare avec laquelle il vivait alors retiré à Tananarive, Cet homme avait plusieurs enfants dont Robin devint le précepteur. L'une de ses élèves, vive Malgache de quinze ans, lui ayant plu, il la demanda et l’obtint en mariage en 1835. Voilà Robin de la famille et le beau-père, Jolicœur, très empressé d’aller raconter le fait à Radama dont il était bien reçu. Radama désira voir le pr'cepteur français, En l’abordant, le roi lui demanda s’il avait servi sous Napoléon; et sur s1 réponse affirmative, cetle figure nègre s’anima tout à coup d’une expression indicible :

:ction.

entre rnière retiré ; dont re Malt l'obe et le le fait voir le nda s’il native, ression

« — Ce fut là un grand homme, dit-1l, grand homme... grand homme !

« Et montrant le portrait de l’empereur pendu à la cloison, il ajouta :

« — Voilà mon modèle, voilà l'exemple que je veux suivre.

« L'entretien continua ; il roula sur l’art mmilitaire, sur la politique française, etc., et les vues du roi des Hovas sur ces questions n'étaient dépourvues ni de justesse ni de sagacité, Depuis ce jour, Radama se plut aux conversations de Robin : on eût dit qu’il y cherchait un point de résistance contre son entourage d’émissaires anglais. Dans le but de trouver un motif à des rapports plus fréquents et plus uiiles, il fut convenu que le chef ho va prendrait de l’ex-soldat de l'empire des leçons de lecture et de langue française. L'élève fit des progrès; il les paya par le poste de secrétaire intime, ensuite par le grade de colonel ou dixième honneur, car les Hovas calculent les grades d'un à douze en partant du tambour pour arriver au maréchal. En relations journalières avec le roi, Robin était devenu son confident et son conseiller secret... Lors de la révolte des Sakalaves, le colonel français fut mis à la tête du corps expéditionnaire envoyé contre eux; il suivit le roi malgache dans les guerres de l’Ouest ; et ce fut au retour de cette campagne que lui échut le titre de maréchal, douzième et dernier honneur, que son protecteur lui conféra autant pour récompenser les services du militaire que pour faire honneur à sa qualité de Français. Un second acte non moins caractéristique, ce fut la nomination de Robin au commandement supérieur de la côte de l'Est. Il y remplaçait le mulâtre Corollaire, fils d’un officier supérieur de l’artillerie française, dont les colons de Sainte- Marie cependant avaient eu plus à se plaindre qu'à se

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louer. L’excellent Robin se montra tout autre : du jour où il gouverna sur cette côte, ses compatriotes y furent accueillis et protégés, el sans nuire en rien aux intérêts de son souverain, il se montra plein de bienveillance pour les colons et la petite garnison, et grâce à lui, dans les établissements français on n’eut plus à souffrir de la famine. »

Aussi en 1898, quand la corvette la Seine arriva sur celte côte, le commandant, apràs avoir touché à Sainte- Marie et Foulepointe, voulut se rendre à Tamatave pour remercier Robin. Cette visite combla de joie le maréchal de Radama, car les souvenirs de la patrie lui étaient iestés chers. Quand il vit que le canot du commandant quittait le navire, il descendit vers la plage, pour y recevoir, à leur débarquement, les officiers français. [l était dans son grand unifurme : habit bleu à l’anglaise, avec parements, collet, revers de velours noir et galons en or; pantalon bleu avec large galon d’or dans toute la longueur ; épaulettes à grosses torsades, chapeau à plume; des franges d’or ornaient le ceinturon de son sabre. Derrière lui marchaient ses aides-de-camp en grande tenue de colonel anglais et à quelque distance suivait une garde d'honneur.

L'accueil que fit Robin au commandant et aux officiers de la Seine prouva combien il était heureux de la présence de ses compatrioses. Sa généreuse hospitalité ne savait qu’imaginer pour plaire à ses hôtes et, pendant les quulques jours que la corvette stationna dans le port, ce ne furent que fêtes, chasses, festins. Le commandant du navire, pour reconnaître cet empressement, voulut à son tour traiter à bord le maréchal avec sa femme et ses deux belles-sœurs. Il y eut diuer, bal, concert, feu d'artifice, eu enfin, comme bouquet de fête, le capitaine remit à Robin

uittait à leur grand collet, ù avec tles à ss, d’or & lui ue de garde

fliciers ésence savait s quel- ce ne int du Là son s deux lice, eL Robin

des lettres de grâce qui le relevaient de-son jugement et purgeaient sa contumace. « Robin, dit M. Dumont d’Urville, accueillit cet acte comme une précieuse faveur, tant il y avait, dans l'officier supérieur de Radama, le sentiment de Sa viv passée si obscure et si peu regrettable. »

Depuis cette journée, les relations de Bourbon et de Sainte-Marie avec la Grande-Tirre devinrent de plus en plus faciles et amicales et le contre-coup s’en fit sentir à Tauanarive. Malgré les intrigues du pasteur John et de ses acolytes, Radama semblait tous les jours davantage s'éloigner de la politique anglaise pour se rapprocher de nous quand maiheureusement, jeune encore (il n’avait pas trente-six ans), Ce prince succomba à une maladie violente, ou peut-être au poison que lui versa, dit-on, ia reine Rauavalo Manjaka qui usurpa le trône à l'instigation d'un jeune Hova, Andimiase, entièrement dévoué à l’alliance anglaise et dont Ranavalo fit son premier ministre et son favori. Ce changement fut le signal d’une réaction coutre la France. Les dignitaires, supposés favorables à celle-ci, furent disgràciés ou même tués. Robin, mandé à Tauanarive, ne craignit pas de se rendre à la cour. Il lit justice des accusations de malversation et autres dont il était l’objet, et la franchise énergique de sou langage ne déplut point à la reine ; car elle insisia pour quil conservat son grade et ses fonctivns. Mais il refusa de reprendre la démission qu’il avait tout d’adord offerte et déclara que, Radama mort, il préférair vivre dans la ietraite. En effet, de ce moment Robin disparait de la scène. ,

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