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Le commandant de « 1a Sirène ».
Voici de la vie de l'amiral Duperré un épisode qui se rencontre tout d’abord sous ma plume et qui contribua tout particulièrement à la fortune militaire de l’illustre marin en attirant sur lui l'attention de l’empereur : Nommé capitaine de frégate en 1806, il avait le commandement de ia Sirène. Celte frégate, après avoir rempli une mission aux Antilles, vint, de concert avec l’Italienne, atterrir sur les côtes de Bretagne. Elles faisaient route pour le port de Lorient, lorsque, le 22 mars 1808, elles se virent chassées par une division de deux vaisseaux et trois frégates qui leur coupèrent le chemin en les obligeant à chercher protection sous les forts de Groix. L'Italienne, qui marchait en arrière, opéra facilement sa retraite, mais il n‘en fut pas de même de la Sirène à laquelle un vaissesu et une frégate vinrent barrer le passage, en sommant le
navire frauçais de se rendre. Malgré l’infériorité considérable de ses forces, l’intrépide Duperré ne répoudit à la sommation qu’en ordonnant le branle-bas général et faisant feu de babord et de tribord. Les vaisseaux ennemis ripostent et un combat s'engage terrible, sans trop de désavantage pour la frégate française qui manœuvre habi: lement de façon à ne pes se laisser aborder par lun ou l’autre de ses adversaires tout en répondant vigoureusemeni à leur feu. Cependant quelques avaries dans son gréement semblaient rendre sa position critique. Aussi à trois resrises lui cria-t-on du vaisseau ennemi :
— Auèue, ou je te coule!
— Coule, muis je n’amène past Feu partout ! répond imperturbablement Duperré.
Cependant, pressé de plus cn plus par ses ueux ennemis, il ne voit pas d'autre moyen, pour leur échapper, que de s’échouer sur la côte. Mais cette manœuvre fut exécutée si habilement et avec tant de bonheur que, bientôt après, le capitaine avait pu relever sou navire et le ramenait triomphant à Lorient, en dépit des nombreux croiseurs anglais qui bloquaient le po:t.
Ce beau fait d'armes valut, avec des témoignages particuliers de la satisfaction de l’empereur, le grade de capitaine de vaisseau à Duperré,
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Duperré était né en 1775 à la Rochelle ; il avait débuté comme pilotin dans la marine marchande, et il était entré daus la marine militaire en 1793, En 1795 nous le voyons aspirant sur le Tartu qu’il quitte pour s’embarquer comme enseigne de vaisseau non entretenu sur la frégate la Virginie, commandée par Bergerct à qui il n'a manqué qu'une vie plus longue et des circonstances meilleures pour fournir une glorieuse carrière.
La frégate croisait depuis quatre jours, iorsqu'à sept lieues du cap Lisard, elle aperçut à l'horizon plusieurs voiles qu’elle prit pour un convci de navires marchands, Aussitôt la Virginie prit chasse : elle reconnut trop tard qu’elle avait devant elle toute une division ennemie. Bergeret, voyant qu'un des navires ennemis le gagnait de vitesse, vire de bord résolüment; ii s'approche à portée de pistolet de ce vaisseau qui portait le guidon du commandant et le foudroie pendant une demi-heure par un feu terrible qui décime sou équipage, cause de grands désordres dans son gréement, et le force à la retraite.
Par malheur, la Virginie, pendant cette canonnade, avait subi plus d’une avarie, ce qui ne lui permet pas de ‘s'éloigner assez vite du champ de bataille, et bientôt'‘elle
se voit entourée par c'nq frégates dont les ombres se projettent menaçantes aux clartés de la lune. De celle qu’on apercevait par la hanche de tribord, une voix s'élève pour sommer la Virginie d'amener.
— Combien êtes-vous? demanda Bergeret.
— Cinq! fut-il répondu par la frégate ennemie,
Après avoir renouvelé par trois fois sa question, suivie de la même réponse, Bergeret dit enfin :
— Vous êtes c nq contre un, j'amène.
Criblée dans sa coque et son gréement, la Virginie comptait onze morts et vingt-cinq blessés. Duperré, dans le combat, comme officier de manœuvre du capitaine, s'était montré le digne lieutenant de son clief : aussi fut-il récompensé par le grade d’'enseigne titul. ire. Cutte nomination, il l’apprit dans les prisons d'Angleterre dont il ne sortit que l’année suivante (novembre 1798), grâce à un cartel d'échange.
Il prit ensuite le commandement de la Pélagie qui, après quelques mois de service sur les côtes, fut envoyée successivement au Sénégal et aux Antilles. Nommé lieutenant de vaisseau à cette époque, Duperré, lors de son retour, fut envoyé à Boulogne où se réunissait la formidable flottille qui fit trembler l’Angleterre. L'expédition manquée, il s'embarqua sur le Vétéran, commandé par le prince Jérôme Bonaparte. Après une ou deux campagnes sur ce navire, Duperré, nommé capitaine de frégate, prit le commandement de la Sirène.
Au mois de juillet 1808, il prit le commandement de la frégate la Bellone qui, dans les premiers jours du mois de janvier 1809, appareillait de Saint-Malo pour aller renforcer la station de l’île de France. Après avoir, chemin faisant, pris ou brülé quatre navires anglais ou brésiliens, il arriva, dans les premiers jours de mai, en vue de l’ile de France.
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a Il avait alors trente-quatre ans, dit un biographe, un grade élevé, un nom illustré par un beau combat. Sa taille élevée, souple, agile, son œil empreint d’une fierté calme, son intelligence développée par l'expérience et par l’étude, tout marquait en lui l'homme digne de commander aux autres. Ponctuel et soigneux des détails, sévère pour les inférieurs, mais moins encore que pour ! même, il avait su établir sur son bâtiment une di.)line inflexible. Excellent manœuvrier, il alliait aux qualités pratiques de l'officier de fortune l'instruction solide du marin distingué. Le temps que ne réclamait pas la manœuvre, il l'employait à d’utiles observations. Il rectifiait à l’occasion ou complétaic les cartes marines... Ma's la sollicitude in:essante de Duperré était de former son équipage à tous les travaux du matelotage, à tous les genres d'exercice. C’est pendant cette brillante campagne qu’il mit en pratique le système d'exercice des deux bords qui ne contribua pas peu à ses succès et est en usage encore dans la marine, »
Tel était Duperré, lorsque le capitaine général des possessions françaises, Decaen, lui donna l’ordre de se rendre dans lei eaux de Madagascar, puis d’aller croiser dans les mers de l’In le. Quelques semaines après, le capitaine de la Bellone, parti avec un seul navire, rentrai, :vec deux autres qu’il avait captures, le Vicior, de dix-huit bouches à feu, et la Minerve, frégate portugaise comptant quarantehuit canons. Ses prisonniers débar jués et remplacés par des matelots et des soldats français. Duperré remit à la voile avec su pctite division pour une croisière dans les eaux de Madagascar, et le 2 juillet 1810, il rencontrait et attaquait trois grands vaisseaux de la compagnie des Indes, dont deux, le Windham er le Ceylun, furent forcés. d’amener leur pavillon. Sur ces vaisseaux se trouvaient, outres les équipages, plusieurs centaines de soldats du
24° de ligne avee le colo:el et le drapeau, Duperré, comman lant à cinq navires, au lieu de trois, revint vers l'ile de Franse; en vue du Grand-Port, il aperçoit un trois-mâts mouillé sous l’ile de la Passe, et sur celle-ci comme sur le navire, il voit flotter le pavillon français : il s’avance donc sans défiance. Mais à peine le Victor, qui marche à la tête de la ligne fr'nçaise .a-t-il doublé le fort, que les couleurs françaises disparaissent pour faire place au pavillon anglaisen mêmetemps qu’un feu terrible, soit de fort, soit de la frégate ennemie, foudroie nos vaisseaux, car déjà la Minerve était engagée dans la passe. Duperré comprend q'e l'ile et le fort sont tombés au pouvoir de l’ennemi et qu’il imaorte de ne pas le laisser s’y installer. a Minerve continue sa marche en rép ndant au feu de l’ennemi ; les autres navires par l’ordre du capitaine l’imitent, et à leur tête la Bellone. dont l'artillerie et la mousqueterie balaient le port de la frégate ennemie. Duperré alors embosse sa division de façon à ce qu’elle ne puisse être tournée; car il savait que de nombreux croiseurs anglais se trouvaient dans ces parages et ne pouvaient tarder à venir port:r secours à la Néréile. En effet bientôt parurent le Syrius, frégate de trente-six canons, puis la Magicienne et l’Iphigénie, ég1lement de trente-six canons. Quelques heures après, le combat s’engageait de nouveau dans des conditions à peu près égales, quatre contre quatre: car le Windham n’avait pu rallier notre division. Mais, par suite d’une fausse manæuvyre, la Minerve et le Ceylan dérivent et vont s’échouer; la Bellone se trouve avoir à répondre, seule, à trois frégatesennemies sans compter que la Néréide, quoique échouée. lui peut envoyer en partie ses bordées. La Bellone. heureusement renforcée par l’équige de la Minerve, fait essuyer aux ennemis les plus graves avaries quand elle-même semble invulnérable. Offi-
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ciers et soldats ont jnré de vaincre et veulent tenir parole. Anssi vainement le capitaine Dunerré, blessé grièvement au front par nn coup de mitraille, est-il em”orté sanglant après avoir remis le commandement au capitaine Bonret; les Anglais sont vaincus : la Wagicienne et le Syrius, que dévore l'incendie, sont abandonnés par leurs équipages; la Neréide amène son pavillon. Seule l’Iphigénie parvient à se réfugier sous le canon de l’ile ; mais le lendemain, le fort comme le navire furent forcés de se rendre à l’apparition d'une division de trois frégates et un brick, commandés par le capitaine de vaisseau Hamelin.
Le 7 s'ptembre, Duperré, convalescent de sa blessure, pouvait reprendre le commandement de sa division et entait avec elle dans le port anx acclamations d’une fouie immense accourue sur les quais pour saluer notre pavillon
victorieux et le jeune officier qui s'était montré si digne de le défendre,
L’honneur du pavillon,
Ces éclatants faits d'armes devaient assurer la sécurité de la colonie ; ce fut le contraire qui arriva. Le gouvernement anglais comme la compagnie des Indes, alarmés des dommages causés au commerce et à la marine par les croisières françaises, se résolurent aux plus grands sacri-
fices pour s'emparer de l’ile de France qui, seule, offrait dans ces mers un port de refuge à nos marins. Pendant que le capitai'e Hamelin était forcé de faire voile vers l'Europe, une flotte, qui comptait plus de trente navires, renforcés bientôt par dix-sept autres, venait cerner l'ile, et sur divers points elle jetait de nombreuses troupes de débarquement. A ces forces écrasantes, le capitaine général Decaen ne pouvait opposer-qu’une garnison aflaiblie par les maladies et qui no s'élevait guère qu'à cinq cents hommes, alors que les équipages des navires étaient réduits à mille environ. Après un: résistance héroïque, qui valut aux assiégés une capitulation des plus honorables, MM. Decaen et Duperré, quelqne regret qu'ils en eussent, durent rendre aux Anglais l'ile de France, qui n’a plus cessé dès lors de leur appartenir et qui a pris le nom d’ile Maurice.
Créé baron de l'empire, avec une dotation de quatre mille francs en août 1313, Duperré fut fait, deux mois après, com'nandeur de la Légion d'honneur, et l’année suivante, promu au grade de contre-amiral, et appelé au commandement des forces navales francu-italiennes dans l’Adria-
tique. Quand vinrent, après la campagne de Russie, les.
suprèmes revers, Duperré se montra à la hauteur des circonstances : avec son escadre, il tint tête aux fluttes anglaises et à l'esca ire autrichienne, et sut protéger Venise qu'il ne rendit qu'au mois d'avril 181%, après la convention signée entre le prince Eugèn :et le comte de Bellsgarle.
Préfet maritime de Toulon pendant les cent-jours, le contre-amiral, par son énergie caline et son inébranlable fermeté, sruva cett: ville de la réaction populaire qui suivit la chute de l’ernpereur. Après 1815, il conserva son gra le; en 1818, il fut appelé au commandement de la station des Antilles.
coule Lo du co où se taine prince laine
de pl traina On c'était nait à
Yrait dant vers rires, l'ile, »s de vérat > par cents duits valut ables, sent, plus a d’ile
quatre:
après, vante, man- Adriaie, les.
es cirfluttes enise bnvengare.
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