EE
! ; 4 da
fl
lit de mort, vint le trouver le 7 juin 1730 ce bâton de maréchal qu'on lui envoyait tardivement, « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam, » dit le vaillant soldat.
Saint-Simon raconte la scène un peu différemment : « Son coufesseur lui annonça que le roi le nommait maréchal; il répondit qu'autrefois il y aurait été fort sensible, mais qu'il lui était entièrement indifférent dans ces moments où il voyait plus que jamais le néant du monde qu’il fallait quitter, et il pria son confesseur de ne lui parler plus que de Dieu et de ce qu’il convenait à une âme qui allait paraitre devant lui et dont il s’occupa uniquement en effet, sans penser un moment depuis à son bâton qu'il ne posséda pas quatre jours. » Il y a plus de rhétorique et d’apprêt dans la version de Saint-Simon, mais la première nous plait mieux et nous paraît plus veaie dans sa simplicité. D'ailleurs, l'écrivain qui, janséniste, aimait peu les Jésuites, n’aura pas été fàché de les faire disparaitre.
Voici comment Saint-Simon, si volontiers injuste, juge Alain-Emmanuel : « C’était un des plus braves hommes qui portàt épée, un des meilleurs hommes de mer que le roi eût, un des plus capables et des plus heureux capitaines qui aient été à la mer, après les Turenne de la marine, Sa douceur, sa justice, sa probité et sa vertu ne furent pas moindres dans tous les degrés de cette milice où il passa jusqu'aux premiers, avec une haute estime dans la marine, et beaucoup de réputation chez les étrangers et les ennemis. »
ee nn 7
bâton de jn nobis, , » dit le mment :
mait mafort sent dans ces du monde 1e lui parje àme qui uement en pn qu'il ne torique et a première sa simpliit peu les aitre.
juste, juge es hommes er que le capitaines marine. Sa furent pas où il passa s la marine, bt les enne-
Lemoyne d’Iberville.
L] Si le hardi et habile marin dont nous venons d'écrire le nom avait servi en France, sa renommée égalerait certainement, comme le dit Léon Guérin, celle des Jean-Bart et des Duguay-Trouin, mais comme l’Amérique a été le théâtre de ses exploits, il n’est pas connu comme il mériterait de l'être,
Avant de raconter brièvement quelques-uns de ses exploits, les raconter tous nous entrainerait trop loin, nous croyons devoir citer rapidement quelqnes-uns des personnages qui ont contribué à fonder la puissance française au pays de Lemoyne d’Iberville, le Canada. Si ces personnages ne sont pas des marins, des navigateurs comme Jacques Cartier et Samuel de Champlain, ces deux grands hommes auxquels M. Bathild Bonniol a consacré une notice, ils ont tous, soldats, administrateurs, voyageurs et missionnaires, travaillé au développement de la grandeur coloniale de la France.
létaient généralement des soldats déjà signalés par de glorieux services que les gouverneurs du Canada; ainsi en était-il de Charles Huault de Montmagny qui donna son nom à tous ses successeurs; les sauvages qui le craignaient et l’estimaient l’appelaient On-onthio, traduction
en langue huronne et iroquoise du nom de Montmagny (Mons magnus, grande montagne); et désormais pour les sauvages le gouverneur français du Canada fut toujours Ononthio, et le roi de France qu’il représentait était le grand Ononthio. Daniel Remi, seigneur de Courcelles, était également un soldat, et dans des circonstances difficiles, il fit preuve de sérieuses qualités militaires. Mais le plus remarquable de ces gouverneurs au dix-septième siècle fut Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac, maréchal de camp, désigné au roi par Turenne lui-même comme un officier des plus distingués. Un incident du long ou plutôt du double gouvernement du comte de Frontenac. car il revint deux fois au Canada, permettra de l’apprécier, °
Frontenac élait engagé dans une expédition lointaine contre les froquois, que les Anglais avaient lancés contre nous, lorsqu'il fut prévenu qu'une flotte anglaise de trente vaisseaux se dirigeait sur le Saint-Laurent pour le remonter et attaquer Québec. Le gouverneur se rend en toute hâte dans cette ville ; la flotte anglaise n’avait pas encore paru, el, elle ne pouvait arriver avant quelques jours. La ville est mise en état de défense ; les milices arrivent des diverses villes ; des nostes sont échelonnés, le long de la rivière, pour prévenir de la marche de la flotte ennemie, En homme prévoyant, Frontenac, quiattendait une flotte de France, songe qu’elle peut tomber dans les mains des Anglais, et deux canots sont expédiés pour prévenir les navires français.
« On s’occupe jour et nuit de fortifier Québec. Fontenac fait placer une batterie de huit pièces de canon sur une hauteur voisine du fort, plusieurs autres batteries sont dressées pour la défense tant de la haute que de la
basse ville ; de nouvelles palissades sont construites dans
lontmagny is pour les ut toujours lait était le celles, était difficiles, il ais le plus ne siècle fut »nac, Mmaréême comme du long ou > Frontenac.
de l’appré-
on lointaine incés contre anglaise de rent pour le r se rend en
n’avait pas int quelques ;: les milices échelonnés, arche de la ac, quiattentomber dans pédiés pour
ébec. Fontee canon sur res batteries te que de la istruites dans
le but de couvrir les fusiliers ; les issues de Québec sont barricadées et garnies de pierres; un chemin tournant qui conduisait de la basse à la haute ville, est coupé par trois retranchements de barriques et de sacs pleins de terre. Enfin, de petites pièces de canon sont disposées tout autour de Québec, qui présente, comme par enchantement, une défense non interrompue. Voilà ce qu'un actif gouverneur sut faire en cinq jours. »
La flotte anglaise pouvait arriver. « Le 16 octobre 1690, à trois heures du matin, Vaudreuil apporte à Québec Ja nouvelle qu'il avait læissé la flotte anglaise mouillée, à trois lieues de la ville, en un endroit nommé l’Arbre-Sec. En effet, dès qu’il fut jour, on l’aperçut des hauteurs; elle était composée de trente- quatre voiles sous les ordres de l'amiral Guillaume Phips. Le bruit se répandit qu’elle portait 3,000 hommes de débarquement. C'était beaucoup pour un pays qui, dans toute sa vaste étendue, comptait à peine, femmes, vieillards, enfants et hommes capables de porter les armes compris, 10 à 12,000 colons. À mesure que la flotte anglaise avançait, Phips en faisait ranger les plus petits bâtiments le long de la rive de Beauport, entre l'ile d’Oriéans et ce qu’on appelait la Petite-Rivière ; les autres navires anglais tenaient le large ; tous jetèrent les ancres vers les dix heures et, dans le même moment, on distingua une chaloupe portant pavillon blanc à l'avant qui se détachait du vaisseau amiral et venait vers la ville. C'était un trompette que Phipsenvoyait à la place, croyant qu’elle était complètement au dépourvu, hors d'état de soutenir un seul jour de lutte et qu’il en aurait facilement raison. On promena l’envoyé anglais dans tous les quartiers de Québec : on lui donna à entendre que toute la ville était semée de chausse-trappes, et que l'ennemi n’y pourrait faire vingt pas sans être obligé de franchir
un retranchement. Le trompette présenta en tremblant la sommation de lamiral anglais ; elle concluait à l’abandon de toute la Nouvelle-France par les Français. Un eri de colère et d’indignation fut répété d’écho en échopar toute la ville. Le trompette cependant se basarda à demander une réponse écrite. « Je vais répondre à votre amiral, s’écria Frontenac, par la bouche de mon canon. » Et le trompette fut reconduit, les yeux bandés, sur son canot.
« Phips, étonné d’avoir à faire un siège dans les formes, commença pourtant l'attaque. Le premier coup de canon qui lui répondit de la place renversa son pavilion. La marée ayant fait dériver cet étendard amiral, quelques braves se jetèrent à la nage et allèrent le prendre, malgré le feu qu’on faisait sur eux, à la vue de toute la flotte anglaise. On vegarda cela comme un présage de victoire, et sur le champ l’étendard fut porté triomphalement dans la cathédrale de Québec, où on le vit plus de cinquante ans durant.
« Le 18, à midi, on aperçut les chaloupes de descente toutes chargées de soldats.Dès que les Anglais, au nombre de 1,500, eurent mis pied à terre, 300 miliciens vinrent leur faire un genre de guerre auquel ils ne s’attendaient pas. Harcelés de tous côtés par des tirailleurs détachés, qui voltigeaient tout autour d'eux de rocher en rocher, ils ne savaient où donner de la tète et n’osaient ni avancer ni reculer. Le brave Hertel, à la tête des milices de Trois- Rivières, le digne Juchereau de Saint-Denis, malgré ses soixante ans,à la tête des milices de Beauport,se signalèrent dans cette journée ; Saint-Denis eut même le bras cassé, Il n'était pas un coup tiré sur les Anglais qui ne portt. Frontenac, ne voulant pas leur donner le temps de s’apercevoir qu’ils n’avaient affaire qu’à une poignée de monde, commande un bataillon de troupes réglées pour assurvr la
emblant la l'abandon Un eri de opar toute demander re amiral, on. » Et le n canot.
es formes, n de canon avilion. La |, quelques re, malgré ate la flotte de victoire, ment dans > cinquante
le descente au nombre ens vinrent attendaient stachés, qui chér, ils ne avancer ni s de Troismalgré ses signalèrent bras cassé.
ine portàt.
s de s’aperde monde, ir assurcr la
SUPPLÉMENT
retraite qu'il fit sonner un peu avant la fin du jour.
« Dans ce moment, quatre des plus gros batiments ennemis vinrent s’embosser devant Québec, mais leurs canons ne produisirent pas le moindre effet, » tandis qu’au contraire la principale batterie de la ville, dont Lemoyne de Sainte-Hélène pointait lui-même les pièces, portait sur les vaisseaux anglais avec une admirable justesse.
Le 20, de grand matin, les troupes anglaises, débarquées près de Beauport, s’ébranlèrent aux cris de : Vive le roi Guillaume ! Aussitôt, les deux vaillants frères Lemovne de Longueil et Lemoyne de Sainte-Hélène s’élancèrent à la tête de 200 volontaires. Les Anglais furent contraints de gagner un bois, mais une douleureuse. nouvelle vint assombrir la joie du triomphe ; Lemoyne de Sainte-Hélène avait reçu à la jambe une blessurs qui lui coûta Ja vie, » fl fallait le venger. «On courtavec acharnement au devant des Anglais qui, ayant reçu pendant la nuit des renforts et des munitions, se sont remis en marche le jour suivant. Déjà on les a forcés de s’arvêter, on en a fait tomber une partie dans des embuscades, quand l’idée vient de sonner le tocsin de la cathédrale, comme si l’on convoquait toute la ville à descendre vers l'ennemi. Une terreur panique s'empare soudain des Anglais qui fuient dans un inexprimable désordre, abandonnant leurs canons, leurs munitions et n'ayant plus d'autre but que de regagner leurs vaisseaux. On les poursuit: beaucoup sont tués ; beaucoup sont faits prisonniers.
« L’amiral Phips ne songea lie: alors qu’à lever le die de Québec et à sortir du fleuve Saint-Laurent où il lui fallait abandonner neuf de ses bâtiments, après avoir perdu beaucoup de monde. »
Frontenac, qui délendait si vaillamment la Nouvelle-
France contre les attaques anglaises, ne la défendait pas moins bien contre les sauvages, auxquels en mêlant habilement la condescendance à la fermeté il sut faire accepter la domination française.
Parmi les administrateurs,nous n’en nommerons qu’un: Talon. Intendant du Hainaut, Talon fut choisi par Colbert lui-même pour être envoyé comme intendant dans la colonie en formation. Le ministre de Louis XIV savait choisir les hommes, et il avait eu la moin heureuse. Dans sa longue administration, Talon sut donner à la colonie une bonne organisation et un grand développement : aussi son nom est-il resté justement populaire au Canada comine celui d’un administrateur éminent.
A l’origine, les colons français, peu nombreux ,n’avaient guère d'établissements que sur les côtes ou le long des rivières navigables, mais la colunie ne pouvait se développer qu’en s'étendant sur le pays, et pour cela, il fallait consaitre, erplorer les vastes contrées de l’intérieur. Les meilleurs explorateurs furent, avec les missionnaires dont nous parlerons tout-à-l'heure, les trappeurs qui, hardis, aventureux, s’en allaient à la découverte. Mais cela ne constituait pas une prise de posssssion ; les gouverneurs le comprirent, et ils organisèreut des voyages d’exploration dont le butétait, en reconnaissant des pavs nouveaux, d'y planter le drapeau français. D’après le droit public de l'époque, le pays appartenait à celui qui le découvrait et en prenait possession. Un voyage d'exploration de Nicolas Perrot prouva qu'il existait au sud-ouest du bassin du Saint-Laurent, un vaste bassin dont les eaux devaient s’'écouler, soit dans le golfe du Mexique, soit dans l’océan Pacifique. Un nouvel et plus important voyage d’exploration fut entrepris en 1673 par le P. Marquette, un missionnaire appartenant à la Compagnie de Jésus, et par un jeune
dait pas ant hafaire ac-
s qu’un:
r Colbert 15 la coait choi- Dans sa onie une aussi SOn a comine
n'avaient long des se déve- , il fallait jeur. Les ires dont , hardis, s cela ne verneurs ’exploraou veaux, bublic de puvrait et e Nicolas assin du devaient s l’océan ’exploramissionun jeune
trappeur originaire de Québec et élève des jésuites, Jolliet; ils devaient pousser leur expédition, jusqu'à ce qu'ils fassent arrivés au grand fleuve dont les sauvages signalnient l'existence dans l’ouest et qu'ils eussent reconnu s'il se jetait dans le golfe du Mexique ou dans l'océan Pacifique. L'expédition était aventurense et les Poutonatamis; que le P. Marquette avait évangélisés, lui disaient : «Ne savez-Vous pas que ces nations éloignées n'épargnent jamais les étrangers ; que les guerres infestent leurs frontières de hordes de pillards ; que la grande rivière abonde en monstres qui dévorent les hommes et que les chaleurs excessives y causent la mort. » Le tableau était exagéré, mais il ne manquait pas d’une certaine vérité.
Nile P, Marquette, ni Jolliet n'étaient hommes à se laisser arrêter ; ils continuèrent leur route, et pénétrèrent dans le bassin du Wisconsin ; la petite troupe comprenait, outre les deux explorateurs, cinq Français et denx guides sauvages ; mais ceux-ci prirent peur et abandonnèrent le P. Marquette; on se passa d'eux. Les voyagenrs descendirent en juin 1673 le Wiscousin, cherchart Île grand fleuve dont les Indiens parlaient toujours. Ils se croyaient encore loin du but de leur voyage, iorsque le huitième jour, ils débouchèrent tout à coup dans le grand fleuve dont l’on parlait depuis si longtemps avec incertitude et dont l'existence était maintenant mise hors de doute, car sa largeur correspondait avec la description qu’en faisaient les indignèes. Le Mississipi ou Meschcaébé (le père des eaux) était découvert ; nos voyageurs le descendirent pendant une soixantaine de lieues. Ils arrivèrent chez les Illinois où ils trouvèrent bon accueil, Ces peuplades étaient ennemies des Iroquois, et elles savaient que seuls les Français avaient pu faire tremblèr ces derniers.
Le but du voyage était a‘teint ; on savait, par la direction de son cours, que le Mississipi se jetait dans le golfe du Mexique. Jolliet retourna à Québec pour faire connaitre les résultats obtenus; ayant perdu ses papiers en traversant des rapides, il dut faire un rapport de vive voix, mais on savait qu’il méritait créance. Il devint sei gneur d’Anticosti et une petite ville des environs de Chicago porte son nom.
Missionnaire avant tout, le P. Marquette revint par une autre route en évangélisant les peuplades indiennes. Aux Ilinois qui lui demandaient de la poudre, il répondait : « Je suis venu pour vous instruire et vous parler de la prière. De la poudre, je n'en ai point. Je viens pour faire régner la paix sur cette terre. » La mort le prit dans ces travaux. «Il était dans le lac Michigan lorsque, sentant sa dernière heure, il se fit descendre sur le rivage ; on dressa au-dessus de lui une cabane de branches, et c’est là qu'il rendit l’âme. Ses compagnons l’enterrèrent sur le bord de la rivière qui porte aujourd’hui son nom et mirent pieusement une croix sur sa tombe. Ainsi se termina, dans le silence des forêts, la vie d’un homme dont le nom retentit aujourd’hui bien souvent. » C’est que l’humble missionnaire est resté justement populaire dans le vaste bassin du Mississipi. L'écrivain que nous venons de citer parle avec émotion du P, Marquette et de ses rompagnons d'apostolat, quoique, libéral,il avait de singuliers préjugés contre les jésuites. Le protestant Bancroft éprouve la même émotion.
L'œuvre de découverte n'était pas achevée; il fallait trouver l'embouchure du Mississipi ; il fallait surtout en prendre solennellement possession au nom de la France, C'est à Cavelier de la Sale qu'était réservée cette double mission,
la direcs le golfe ire conapiers en rt de vive levint sei s de Chi-
it par une nnes. Aux épondait :
rler de la pour faire , dans ces e, sentant ivage ; on s, et c’est ent sur le \ et mirent
termina, nt le nom l’humble s le vaste s de citer mpagnons s préjugés rouve la
il fallait surtout en la France.
te double
Robert Cavelier de la Sale était normand ; d'un caractère entreprenant, il se rendit de bonne heure au Canada; il en revint pour offrir au gouver:ement français de mener à bonne fin l'exploration commencée par le P, Marquette et Jolliet ; ses oftres furent acceptées.
« La Sale trouva en France, dans la person: iu chevalier de Tonti, un associé aussi aventureux que luimême. La Sale et Tonti partirent de Québec à la fin de l'année 1681. Pour assurer leur retour en même temps que pour prendre possession des contrées qu’ils traversaient, ils élevèrent, chemin faisant, plusieurs forts. La Sale arriva à la rivière des Illinois qu’il descendit jusqu'au Mississipi dans lequel il entra le 2 février 1682, Sur une frèle embarcation, il se laissa aller, avec une héroïque confiance, au cours immense du fleuve dont il cherchait le terme. Le 4 mai, il arriva chez les Indiens Arkansas et prit possession du pays dans les formes usitées. Poursuivant hardiment'sa route, il aperçut plus loin la contrée des Natchez. Entin, le 9 août, il vit avec admiration que le Mississipi, dont la vaste embouchure s’ouvrit à ses regards, l’avait conduit, des plus lointaines contrées septentrionales du Nouveau-Monde au beau goiie du Mexique. Dès lors, la Louisiane (ainsi appelée du nom de Louis XIV) était découverte, La Sale fit de ce magnifique pays une prise de possession dans les règles. À son retour, il reconnut le confluent de l'Ohio et du Mississipi, et établit par cette rivière la communication du Canada avec la Louisiane. »
On connait la fin malheureuse du hardi voyageur. Aÿant voulu se rendre en Louisiane par le golfe du Mexique, il manqua l’embouchure du Mississipi ex «borda au Texas. Là, il fut abandonné par une partie de l'expédition. Il ne perdit pas courage et il avait commencé à gagner
par terre le Canada, lorsqu'il fut assassiné par deux misérables. Si l’on peut reprocher à Robert Cavelier de la Sale une humeur hautaine, un caractère difficile, on doit lui reconnaitre de grandes qualités : il fit preuve dans des circonstances difliciles d’une activité, d’une persévérance et d’un courage à toute épreuve. Il n’a pas tenu à lui que la France ne se trouvât définitivement la maîtresse de l'immense bassin du Mississipi. L’avertureux explorateur français est populaire aux Etats-Unis et la ville de Chicago lui a élevé une statue.
Mais si grands qu’aient été les services rendus à la France dans ces contrées lointaines par les soldats, les administrateurs et les explorateurs, ils n’ont pas dépassé ceux du clergé et des missionnaires. Le Canada a dû beaucoup au premier évêque de Québec, François de Laval- Montmorency ; la bonne organisation religieuse donné à la colonie par ce prélat aussi dévoué que capable, a grande ment contribué à maintenir la foi catholique, lorsque les Canadiens passèrent, après le désastreux traité de Paris, sous la domination anglaise. L'université Laval à Québec conserve le nom et le souvenir du saint évêque dont il est question à Rome d'introduire la cause de béatification. Disnns en passant que le foi religieuse des Canadiens n’a pas peu contribué à leur conserver la langue française et leur affection pour leur mère-patrie.
Pendant que le clergé séculier s’occupait des colons, les missionnaires, d’abord récollets, puis jésuites, se consacraientàl’évangélisation des Indiens ; trayaillant à l’extension du royaume de Dieu, ils étendaient par là même la domination française ; les Indiens convertis devenaient tout naturellement les alliés des colons et les sujets du roi de France. C’est uniquement à l’action des missionnaires qu'est due la grande affection des tribus indiennes
ux miséier de la , on doit dans des sévérance à lui que itresse de plorateur e Chicago
dus à la Idats, les 1s dépassé dû beaude Lavaldonné à la a grande rsque Îles de Paris, à Québec dont ilest tification.
adiens n’a ançaise et
olons, les se consaà l’extenà même la evenaient sujets du s missionindiennes
pour la France. Leur dévouement ne manqua pas à Montcalm dans la lutte suprême, mais trop inégale, où il devait tomber en soldat, et alors que le drapeau blanc fleurdelysé avait depuis longtemps disparu du Canada, des tri bus indiennes attendaient encore, espérant que du côté de l'Ouest reviendraient les Français leur ramenant leurs missionnaires. Comme partout c'est au prix de fatigues et de dangers sans cesse renaissants que les jésuites avaient obtenu la conversion des Indiens ; ils eurent de nombreux maytyrs, parmi lesquels nous rappellerons les pères Jogues, Lalement, Brébeuf, Daniel.
Mais, il est temps d'arriver à Lemoyne d'Iberville. Le héros canadien était fils de Lemoyne de Longueil, un Normand fixé au Canada, auquel ses services avaient valu des lettres de noblesse, et qui laissa neuf fils, parmi lesquels sept, outre d'Iberville, servirent dans l’armée ou la marine; ils s’'appelaient : Lemoyne de Sainte- lélène, Lemoyne de Maricourt, Lemoyne de Longueil, Lemoyne de Serigny, Lemoyne de Bienville, Lemoyne de Chateaugay, et Lemoyne de Bienville (deuxième du nom). De ces vaillants Canadiens, trois tombèrent sur le “hamp de bataille : Lemoyne de Sainte-Hélène, dont nous avons raconté la mort dans la défense de Québec contre l’attaque de l’amiral Phips; Lemoyne de Chateaugay et le premier Lemoyne de Bienville. Le deuxième Lemoyne de Bicuville, gouverneur de la Louisiane, après la mort de son frère Lemoyne d’Iberville, fut le véritable fondateur de cette colonie.
Il serait impossible de raconter les innombrabies expéditions de Lemoyne d’Iberville: forcé de nous limiter, nous nous bornerons à quelques faits.
La possession de la baie d'Hudson était l'objet de: luttes continuelles entre les Anglais et les Français. Les.
premiers s'étaient emparés du fort Bourbon situé à l'embouchure de la rivière Sainte-Thérèse et l'avaient appelé Nelson ; ils avaient en outre élevé quelques forts sur le littoral méridional de la baie. D’Iberville, avec ses deux frères Sainte-Hélène et Maricourt, part en mars 1686 à la tête d'une centaine de Canadiens. Il fallait traverser plus de cent lieues en pays à peu près inconnu, à travers des forêts et des marais. La petite colonne triomphe de tous les obstacles : elle « se sert de canots d’écorces sur les lacs et les rivières; elle traine les canots quand les eours d’eau font défaut ; elle porte ses vivres et ses mumitions, » On arrive au fort Monsipi ; la porte est enfoncé avec un bélier ; quelques hommes escaladent les palissades ; une redoute est enlevée d’assaut ; le commandant du fort se rend, Le fort Rupert était situé à 40 lieues; on va l’attaquer ; la colonne avait de l’artillerie, deux canons pris au: fort Monsipi et que porte une chaloupe. Un petit bàtiment de guerre, ayant douze canons et trente hommes d'équipage était à l'ancre sous les murs du fort pour le défendre. D'Iberville, avec neuf hommws, monte sur un canot et enlève à l'abordage le navire anglais, pendant que le capitaine de Troyes enfonce la porte du fort et s'empare de la redoute centrale, Il y avait un troisième fort anglais, du nom de Kichichouane, dont on ignorait la position exacte ; d’'Iberville yarrive ps" des chemins impraticables, met en batterie son unique canon et force le gouverneur à se rendre.
En 1693, trois navires anglais s’approchent du fort Sainte-Anne dont la garnison se composait de trois français ; quarante soldats sont débarqués pour attaquer le fort; les défenseurs en tuent deux; les autres effrayés s’éloignent. Avertis par des sauvages du petit nombre des défenseurs du fort, ils revinrent au nombre d’une cen-
ué à l'ement appelé s sur le litdeux frères ) à la tèête er plus de travers des he de tous sur les lacs les cours initions, »
cé avec un ades ; une du fort se n va l’atta-
ns pris au
petit bàtie hommes rt pour le sur un Càndant que it s'empare rt anglais, a position
trois franattaquer le es effrayés ombre des ‘une cen-
taine. Toute résistance était impossible ; lestrois Fran” çais, ne voulant pos se rendre, s’'embarquent sur un canot d’écorce et gagnent Québec. Au mois de septembre 1694, d’Iberville arrive avec quarante Canadiens à l'embouchure de la rivière Sainte-Thérèse : il a traversé la baie d'Hudson, malgré les glaces : il enlève le fort Nelson. En 1696, il enlève et ruine le fort Pemkuit, En route, il rencontre le Newport, vaisseau de vingt-quatre canons : il le démate et le force à se rendre,sans perdre un seul homme,
Enplein hiver, avec 125 Canadiens, d'Iberville fait une expédition contre l'ile de Terre-Neuve, dont il avait deviné l'importance; il bat les troupes anglaises beaucoup plus fortes que les siennes, enlève l'assaut le fort Saint-Jean, ruine les forts et établissements anglais. « La campagne avait duré deux mois; elle avait été faile sur la neige, raquettes aux pieds, par des chemins regardés comme impraticables et par 125 hommes chargés de leurs armes (une hache, une carabine et un sabre), de leurs munitions et de leurs vivres. D'Iberville revint au Canada avec 700 prisonniers, après avoir tué à l'ennemi plus de 200 hommes. » Si on l'avait compris et qu’on lui eût donné les forces nécessaires, il faisait la conquête de Terre-Neuve. Ce n’était pas seulement une station précieuse pour la pêche; c'était une forteresse avancée pour l’Acadie et le Canada.
La campagne de 1697, dans la baie d'Hudson, est peutêtre la plus belle de Lemoyne d'Iberville. Il avait une petite escadre, mais les glaces et les mauvais temps lui firent perdre trois vaisseaux, en même temps qu’ils le séparaient des autres. Le 28 août, d'Iberville entrait dans la mer libre avec le Pélican; le # septembre, il arrivait seul devant le fort Nelson. Le lendemain, il aperçut, à quelques lieues sous le vent, trois voiles qui louvoyaient pour entrer dans
la rade. (C’étaient des vaisseaux anglais qui allaient essayer de le mettre entre deux feux. Ces vaisseaux étaient le Hampshire, de 52 canons, le Derhing et l’'Hudson-Bay, chacun de 32. La retraite était impossible à d’Iberville ; du reste, il n’y songea pas un instant, et quelle que fût la disproportion des forces, il se prépara à combattre. Le Pélican ne portait que 46 canons, et son équipage était diminué par la maladie et par l’envoi à terre d’un détachement qu’on n’avait pas le temps de rappeler. D'Iberville arriva sur ses adversaires avec une audace qui devait le surprendre. Les Anglais venaient rangés en ligne ; ils lui crièrent qu'ils savaient bien qu’ilétait d’Iberville, qu'ils le tenaient enfin et qu’il lui faudrait bien se rendre. D'Ibciville manœuvrait pour aborder le Harapshire ; des canadiens se tenaient prêts à sauter à bord. Le vaisseau anglais évita l’abordage et envoya toute sa bordée au Pélican qu'il voulait démater. Mais a’Iberville, après une lutte violente, envoya au Hampshire, à bout portant, une bordée à la suite de laquelle le bâtiment anglais coula bas. [l se porta ensuite sur l’Hudson-Bay qui, après une faible résistance, amena son pavillon. Le Derhing put s'échapper. Cette glorieuse victoire donnait la baie d'Hudson aux Français.
D’Iberville retourna devant le fort Nelson : mais, dans la nuit, une furieuse tempête s’éleva, et quoique le marin canadien fut regardé avec raison comme un des muilleurs manœuvriers de la marine française, il ne put sauver L Pélican qui fut jeté à la côte avec l’'Hudson-Bay. Le lendemain, l’équipage put gagner la terre, mais les vivres manquaient, et d’iberville se décidait à donner l'assaut au fort, lorsqu’il fut rejoint par le reste de son escadre qui avait pris le Derhing. Le fort Nelson ne tarda pas à se rendre,
allaient x étaient on-Buy, berville ; que füt la attre. Le age était | détache- )'Iberville devait le Je ; ils lui , qu'ils le e. D'Ibcides cana- | vaisseau Dordée au lle, après t portant, Jais coula après une hing put ie d'Hud-
ais, dans le marin muilleurs sauver lo y. Le lenles vivres assaut au cadre qui à pas à se
La paix de Riswick avait mis fin momentanément aux expéditions ; d'Iberville, qui avait été nommé capitaine de vaisseau, Songea à achever l’œuvre si bien commencée par avelier de La Sale. Celui-ci avait reconnu le cours du Mississipi et pris possession de la Louisiane au nom de la France. mais il avait vainement cherché à arriver par le golfe du Mexique à l'embouchure du fleuve. D'Iberville proposa de chercher cette embouchure ; il s'associait pour cela avec un marin de réputation, Chateaumorand ; à eux deux, ils faisaient les frais de l’ormement. Dans cette dernière période du règne de Louis XIV, où les charges du roi étaient lourdes, il arriva souvent que les dépenses d’une expédition furent faites par des particuliers. Ainsi, le vice-amiral d'Éstrées fit les dépenses de l'expédition de Tabago ; Le roi fournit seulement les bâtiments ; Duguay- Trouin, avec l’aide de bailleurs de fonds, supporta les frais de son expédition de Rio-de-Janeiro ; Cassard, Du
Casse, dont nous aurons à parler plus tard, firent de mêrne.
Eu octobre 1679, d’Tberville et Ghateaumorand partirent de Rochelort avec deux vaisseaux: le 31 janvier, ils se trouvaient à l’embouchare de la Mobile, De là, d'Iberville partit, sur deux barques longues, avec son frère Lemoyne de Bienville et une cinquantaine.d’hommes ; il emportait vingt jours de vivres. Le 2 mars d'[berville entrait dans le Mississipi : l’œuvre de Cavelier de La Sale était complétée, Aucun doute ne pouvait subsister, car « une lettre fut remise à Bieuville par un chef indien qui l'avait trouvée dans un arbre. Cette lettre, du mois d'avril 1685, portait cette suscription : À Honsieur de la Sak, gouverneur de la Louisiane de la part du chevalier de Tonti. Touti avait dù descendre le Mississipi pour venir au devant de la Sale, quand celui-ci voulait le remonter;
LR TD 16
après l'avoir longtemps et vainement attendu, il avait déposé la lettre dans le.creux d’un arbre, » D’Iberville, dont l'expédition avait pleinement réussi, retourna en France laissant à la Louisiane son frère Bienville qui devait en être l'organisateur et qui devait fonder la Nouvelle-Orléans, Pendant son absence, un navire anglais de douze canons entra dans le Mississipi, et Bienville fut obligé d'avoir recours à la menace pour le forcer à se retirer. Encore l'anglais, en s’éloignant, dit-il qu’il reviendrait en forces sous prétexte que ses compatriotes avaient plus de droit que les Français à s'établir sur le Mississipi, parce qu'ils l'avaient découvert avant eux. Suivant la remarque de Léon Guérin, « c’est là un procédé dont les Anglais sont contumiers, il west guère de coin du globe sur lequel on ne les trouve prèts à faire valoir des titres de propriété ». Toutefois, ce était qu'une vaine bravade; les Anglais ne revinrent pas, la France garda la Louisiane, sauf pendant quelques arinées où elle fut cédé : à l'Espagne, jusqu’au jour où le premier consul la vendit aux États-Unis,
Avec la guerre de la succession d’Espagne, d'Iberville avait repris ses expéditions ; en 1705, il enleva l'ile Névis, Où il s’empara de 30 navires, les uns armés en guerre, les autres richement chargés. L'année suivante, il s'était rendu à la Havane, pour préparer une attaque contre la flotte anglaise de la Virginie, lorsqu'il mourut, le 9 juillet; il avait quarante-huit ans.
« C'était un héros dans toute l'étendue de l'expression, dit Léon Guérin; si ses campagnes, prodigieuses par leurs résultats obtenus avec les plus faibles moyens matériels, avaient eu l'Europe pour témoin et non les mers sans retentissement des voisinages du pôle, il eut obtenu de son vivant et après sa mort, un nom aussi célèbre que
il avait [berville, urna en iville qui
* ja Nounglais de nville fut rcer à se it-il qu'il mpatriotes blir sur le vaut eux:
an procédé de coin du , valoir des ‘une vaine ce garda la e fut cédé:
il la vendit
d'Iberville l'ile Névis, œuerre, Îles il s'était ue contre la ,le 9 juillet;
"expression, ses par leurs 1s matériels, ss mers sans t obtenu de célèbre que
ceux des Jean-Bart, des Duguay-Trouinet des Tourville et fut sans aucun doute parvenu aux plus hauts grades et aux plus grands commandements de la marine, »
L'historien de la marine française ne dit certainement pas trop.
Pannetier.
Encore un nom peu connu que celui de Pannetier, et qui ne mérite pas l’injuste oubli dont il aété Pobjet. Dans combien de dictionnaires, mème volumineux, on le chercherait vainement,
Quelle était l’origine de Pannetier ? Quels avaient été ses débuts dans la carrière maritime ? On ne le sait guère. On voit Pannetier paraitre eu 1660 dans la flotte de Duquesne, et déjà il est capitaine de vaisseau. Certainement, Pannetier qui devait être d’humble origine, n'avait obtenu ce grade élevé que par de glorieux services.
Du moment qu’il a paru, Pannetier est toujours où l’on se bat; on le trouve en 1673 à Solbay, en 1674 aux Bancs de Flandre, en 1676, à Cayenne, où il est blessé, en 1677, à Tabago ; mais, c’est surtout à la bataille de la baie de Bantry, sous les ordres de Château-Renault que son rôle est important et glorieux.
Pannetier tenait la tête de la flotte françaises avec le Français, qui ne compte que 48 canons, il se trouve lancé
contre un vaisseau de 70. La partie est bien inégale et cependant le vaillant capitaine ne veut pas reculer.
« Pannetier calcule que les sabords du vaisseau ennemi seront ouverts et ordonne que lon s'approche sans tirer un seul coup et sans se laisser déconcerter par le premier feu des Anglais ; puis qu’une fois à distance et en bonne position, la mousqueterie de son vaisseau ne vise qu'aux sabords ouverts, pour tuer les canonniers qui servent les pièces. Tout se passa à ses souhaits; on a déjà essuyé le feu des Anglais qu’on ne leur a pas encore répondu par un seul coup; mais quand Pannetier s'est posté à son gré, alors sa mousqueterie fait une épouvantable décharge qui va atteindre, par les embrasures béantes de leur vaisseau, les canonniers anglais ; ils tombent à côté de leurs pièces rendues inutiles; le mousquet a eu cette fois raison du canon. Ce n’est encore pourtant que la moitié du calcul et du succès de Pannetier. Selon son espérance, le vaisseau anglais dépourvu de ses artilleurs et voyant ses canons ainsi réduits au silence, ferme précipitamment ses sabords; c’est le moment choisi par Pannetier pour lâcher toute sa bordée; le Français fait un affreux ravage dans les manœuvres et sur le pont du vaisseau ennemi, qui bientôt ne présente plus qu’une carcasse ballottée au caprice du canon, qui la presse, qui ia bat incessamment, une sorte de grand cercueil flottant, où les corps mutilés et sanglants s’engloutissent dans une atmosphère de fumée. »
Des historiens sérieux disent que, si tous les commandants qui étaient sous les ordres de Chàteau-Renault avaient montré autant d'intelligence et'd’intrépidité que Pannetier, la défaite de l'amiral Herbert aurait été encore plus complète. Le vaillant marin fut nommé chef d'escadre en octobre 168), quelques mois après la bataille; il Pavait bien mérité.
négale et er.
u ennemi sans tirer e premier en bonne se qu'aux ervent les essuyé le pondu par à son gré, harge qui r vaisseau, urs pièces raison du u calcul et le vaisseau ses canons ssabords; r toute sa dans les qui bienau caprice ment, une mutilés et e fumée. »
s comMmMatiau-Renault pidité que été encore bf d’escadre e; il avait
CO
A la bataille de Beveziers, Pannetier, au bâtiment duquel une bombe avait mis le feu, continua à combattre et força à la retraite le vaisseau anglais qui l’attaquait. A labataille de la Hogue, après s'être signalé dans la première journée siglorieuse pour la marine française, Pannetier put tenir à l'ancre avec onze vaisseaux : le lendemain, menacé par l'amiral Ashbv, il s'engagea audacieusement dans le raz de Blanchard, entre ïa presqu'ile du Cotentin etlesiles d’Aurignv, de Guernesey et de Jersey, où l'on ne croyait pas que puissent passer des vaisseaux de haut bord, et gagna le port de Saint-Malo, conservant ainsi vingt bâtiments à la France, car neuf s'étaient joints à sa division, Ce service lui valut la croix de Saint-Louis.
La dernière campagne de Pannetier fut celle de 1693 sous les ordres de Tourville; il contribua grandement à la capture de la flotte marchande de Simyrne et à la défaite de l’escadre qui l’escortait, Ce succès précéda de peu sa mort,dont la date n'est pas bien connue, commesi lon devait ignorer et les commencements ct la fin de ce vaillant homme de mer.
Porcon de 1a Barhbinais.
Comment, dans une galerie des marins illustres de la France, ne pas faire une place, si petite qu’elle soit, au vaillant marin malouin qu'on a appelé avec raison Le Régu-
lus français, Pierre Porcon de la Barbinais était né à Saint- Malo le 31 octobre 1637. Il appartenait à une famille d’armateurs de cette ville, dont le rôle maritime était alors si considérable. De bonne heure, il commença à naviguer à bord de corsaires armés par ses parents. Sa iravoure, sa science maritime lui valurent tout jeune des conmnandements où il se signala. Le commerce malouin, qui souffrait beaucoup des déprédations des pirates barbaresques, arma en 1665 une frégate de 36 canons et la confia à Porcon avec la mission de protéger les batiments de commerce français dans la Méditerranée, Le roi Louis XIV, qui devait bientôt diriger des escadres, des flottes commandées par ses meilleurs amiraux, contre les pirates, ne le pouvait pas
Pncore.
Après d’heureux débuts, l'orcon se vit attaqué par des
forces trop supérieures ; après une lu‘te héroïque, sa fré-
gate fut prise et il tomba blessé entre les mains des Algé-
riens. Ceux-ci, jugeant de l'importance du personnage par : l'héroïsme même de sa résistance, crurent avoir fait une prise considérable et Porcon fut assez bien traité. Pendant la captivité de Porcon, la marine française s'était développée, etles événements avaient permis à Louis XIV de diriger contre les barbaresques des expéditions qui leur avaient fait beaucoup de mal, quoiqu’elles n’eussent pas pleinement réussi, Le dey comprenait la nécessité de faire la paix avec la France, C’est de cette époque que date le proverbe bien connu des pirates algériens que, lorsque le dey était en lutte avec la France, il ne devait pas laisser coucher le soleil sans avoir fait sa paix.Le proverbe fut oublié en 1830 par Hussen; le résultat fut l’expédition à la suite de laquelle le drapeau français floita sur la Casba pour annoncer la fin de la piraterie barbaresque.
Il fallait au dey un négociateur; comme ses capitaines,
jé à Saintnille d’arit alors si aviguer à ivoure, sa nnandei souffrait ues, arma à Porcon commerce qui devait ndées par Juvait pas
16 par des 1e, sa frédes Algénnage par r fait une s, Pendant , dévelopde diriger vaient fait leinement paix avec verbe bien it en lutte soleil sans ar Hussen; e drapeau le la pira-
apitaines,
il voyait dans Porcon dont il connaissait la valeur, un personnage de haute importance; il crut qu'il ne pourrait trouver un meilleur ambassadeur, d'autant que Porcon, désireux de recouvrer sa liberté, appuierait nécessairement les propositions qu'il aurait à transmettre. Le capitaine malouin fut done envoyé à Louis XIV ; le dey lui fit promettre que, s'il ne réussissait pas dans sa négociation, il reviendrait prendre ses fers,
Si le prince musulman avait bien jugé Porcon en Île croyant capable de tenir sa parole et de revenir, quelles que puissent être pour lui les conséquences de ce retour, il l'avait méconnu lorsqu'il avait pensé que le désir de rester libre lui ferait donner au roi Louis XIV des conseils contraires aux intérêts et à la dignité de la France. Les propositions du dey étaient inacceptalies, il se faisait la part beaucoup trop belle; personne ne pourait le sayoir mieux que Porcon qui connaissait l’état réel des choses. Ausst n’écoutant que son patriotisme, fut-il des premiers à conseiller au roi de ne pas accepter les propositions du dey, et son avis eut nécessairement une grande influence.
Le négociation avait échoué ; le prisonnier se prépara à retourner à Alger, il ne se faisait aucune illusion sur le sort qui l’attendait : c'était la mort. Porcon se rendit à Saint-Malo où on l’accueillit avec une joie bien vite chan-
.gée en douleur ; il mit ordre à ses affaires et prit la route d’Alger. Le prince musulman était incapable de comprendre la grandeur d'âme du capitaine français ; il ne lui pardoniiait pas de n'avoir pas fait réussir la négociation, d’autant qu'il comprenait que le roi de France ne se laisserait pas braver impunément ; il fit trancher la tête en sa présence à Porcon de la Barbinais. Le Régulus français mourut plein de foi et de courage ; il devait être vengé.
Porcon de la Barbinais était le grand-oncle de Duguay-
Trouin, dont le frère ainé, l’armateur qui donna ses premiers bâtiments au jeune héros malouin, s'appelait Trouin de la Barbinais,
Villette-Mursay.
Né en 1632, Philippe de Valois, marquis de Villette- Mursay, avait d’abord servi dans l’armée de terre. Comme bien des gentilshommes de valeur, il passa dans l'armée de mer, lors du grand développement donné aux armements maritimes par Colbert d’abord et Seisnelay ensuite.
En 1672, il était capitaine de vaisseau. C'est en cette qualité qu’il prend part à la lutte de Duquesne contre Ruyter et se fait remarquer aux batailles des iles Lipari, d’Agosta, de Palerme. On le retrouve en Amérique avec d’Estrées, aux bombardements d'Alger et de Gênes, comme chef l’escadre. Il est nommé lieutenant général Le 25 octobre 1687,
A la bataille de Bevéziers, le lieutenant général de Villette-Mursay commande une division; il y fait iargement son devoir. La bataille gagnée, il poursuit avec sa division, jusque sur la côte d'Angleterre, six vaisseaux anglais ; quatre ne lui échappent qu'en se faisant sauter, les deux autre sont enlevés par les Français sous les yeux mêmes des populations indignées et effrayées de voir l'ennemi si près. Les Anglais n'étaient pas alors les «maitres de la mer».
emp flott ince sont tière ils n qui :
feu
Mais seau Six, velir dron qui] défen
es pre- Trouin
Viliette-
:omme rmée de ements
n cette
contre Lipari, ue avec comme 2. oCtO-
ral de sement a divinglais ; es deux es des si près.
er».
A la sanglante bataille de la Hogne, qui finit par être une défaite, mais une défaite glorieuse, Villetie-Mursav, monté sur l’Ambitieur, de 96 canons, est le matelot de Tourvillé qui est sur le Soleil-Royul, La flotte anglohollandaise est deux fois plus forte que la flotte française. Louis XIV, qui croyait pouvoir compter sur la défection d'une partie des amiraux et commandants anglais, partisans de Jacques IF, et notamment de lPamiral Rassell, a donné l’ordre à Tourville d'attaquer, quelle que soit son infériorité, sans attendre d'Estrées qui doit le rejoindre avec la flotte de la Méditerranée, Tourville a obéi et il a livré bataille.
« Bientôt Tourville et Villette-Mursay se virent entourés de toutes parts, et Tourville eut à soutenir une iutte épouvantable qui paraissait devoir infailliblement se terminer par lentier anéantissement de l'immortel amiral et des sens... Le Soleil-Royal et l'Ambitienr sont en butte aux plus grands et persévérants efforts des Anglais, C'est à qui emportera, coulera et brülera ces deux grandes citadelles flottantes qui résistent avec une énergie désespérée au choc incessant. Leurs hautes mâtures ont croulé, leurs voiles sont en lambeaux : le Soleil-Royal et V'Ambitieuwr sont entièrement désemparés, et cependant ils résistent toujours ; ils ne s’avouent pas vaincus, et de leurs doubles bordées qui ne se lassent pas, qui fournissent sans discontinuer un feu terrible, ils parviennent à refouler leurs ennemis ». Mais d’autres reviennent; ce n’est plus contre quatre vaisseaux que luttent les deux vaisseaux français, mais contre six, contre huit. « Les deux héros n’ont plus qu’à s’ensevelir dans le plus glorieux des désastres, car ils ne se rendront pas. » Heureusenient des bâtiments français arrivent qui les dégagent. Le combat se renouvelle furieux pour la défense du Soleil-Royal et de l’Ambitieux. Dans cette
lutte, se distingue tour particulièrement un vaisseau français dont les Anglais se montrent avec terreur la croix “noire attachée au hunier d'avant : c’est le Gloriewr qui ne compte cependant que 66 canons; mais ce qu’on ne peut compter, c’est le nombre des hommes qu’il a fauchés sur les ponts des ennemis. Le capitaine du vaisseau à la croix noire, c’est Chateaumorand qui se couvrit de gloire à cette bataille. »
Le: Anglais cependant n’ont pas renoncé à l'espérance de prendre ou de couler l'amiral français. «Tourville recommença à essuyer le feu de sept ou huit vaisseaux à la fois, celui du vaisseau de l'amiral Russell et des vaisseaux de ses deux matelots particulièrement, qui se trouvèrent au vent du Soleil-Royal, ayant derrière eux cinq brûlots. Ils les détachèrent consécutivement sur l’amiral français, au milieu du plus terrible feu de canon et de mousqueterie qui se puisse imaginer. On crut un moment Tourville, abimé pour jamais avec le Soleil-Royal dans cette atmosphère de fumée et de flammes. Mais les lieutenants d’'Hautefort, de Clérac et de Vatry, ayant eu l’intrépidité d’aller dans des chaloupes saisir avec des grappins deux des brülots tout en feu qui déjà touchaient la proue du vaisseau amiral et de les remorquer à distance de cette effroyable scène, on vit reparaitre le Soleil-Royal qui foudroya et coula bas ic: autres brülots. Villette-Mursay eut à se défendre de trois de ces redoutables machines incendiaires, mais chaudement secondé par les vaisseaux de sa division qui s'étaient constammen: tenus serrés auprès de l’Ambitieux où lofficier La Rougère se tenait sans cesse à l’avant, ii démäta le premier des brûlots envoyés contre lui et submergea les deux qui restaient. » « Si la bataille de La Hogue n’avait point eu de lendemain, dit avec raison M. Léon Guérin, rien de comparable
ne !
gré moi fait à el de ’ cet tan:
et :
Mal pou cett tats sinc
D fut brû Mon avec s’éta ville la b:
quit Ren
Le retre com du c
« seau Troi alor:
Dilk
sseau franar la croix eur qui ne on ne peut fauchés sur 1 à la croix oire à cette
l'espérance « Tourville vaisseaux à »S VAISSEAUX trouvèrent inq brülots.
al français, mousquetet Tourville, ‘eitte atmoslieutenants l'intrépidité s grappins ‘nt la proue nee de cette -fRoyal qui lette-Mursay ks machines 3s vaisseaux s serrés aue tenait sans ots envoyés 6 Ÿ eu de lendecomparable