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ne se fût passé de mémoire d'homme, Les Français, malgré la prodigieuse inégalité des forces, avaient tout au moins balancé les avantages des ennemis: ils leur avaient fait éprouver des pertes plus grandes qu’ils n'avaient eu à en supporter eux-mêmes, Pas un vaisseau de la flotte de Tourville n'avait péri ; il n'en était même aucun dans cette flotte qui ne fût, bien ou mal, en état de naviguer, tandis que les alliés avaient à regretter plusieurs des leurs, et avaient consumé en vain presque tous leurs brûlots. Malheureusement, faute de port français sur la Manche pour recevoir les Yaisseaux les plus maltraités de Tourville, cette bataille célèbre et d’abord incertaine dans ses résultats devait avoir un lendemain qui la transformerait, sinon en défaite, du moins en malheur pour la France. »
Dans ce lendemain l'Ambilieur, comme le Soleil-Royal, fut du nombre des vaisse x qui se brülèrent ou furent brülés par les Anglais. Dans ses mémoires, publiés par Moumerqué, Villette-Mursay dit qu'il aurait pu se sauver avec sa division et une partie de l’escadre de Gabaret qui s'était rallié à lui, mais il se fit un devoir d'attendre Tourville, dont le vaisseau le Soleil-Royal, fort éprouvé dans la bataille de la veille, marchait si mal qu’il finit par le quitter et par monter à bord de l'Ambitieu:r avec Petit- Renau.
Le lieutenant général marquis de Villette-Mursay se retrouve à la bataille de Velez-Malaga en 170%, il y commandait l'avant-garde de la flotte placée sous les ordres du comte de Toulouse.
« Villette-Mursay se trouva d’abord opposé à un vaisseau de second ordre, le Fier en eut promptement raison. Trois autres vaisseaux anglais eurent un sort pareil. C’est alors que le Kent, commandé par le contre-amiral Thomas Dilkes, arriva pour soutenir l'honneur du pavillon anglais,
quatre fois de süite maltraité par le même vaisseau fran cais, Villette-Mursay se flattait de renvoyer le Kent comme ceux qui l'avaient précédé, lorsqu'une bombe tomba sur la dunette du Fier, pénétra jusqu’à la troisième batterie, fit sauter l’arrière, mit le feu dans toute la poupe de ce vaisseau, Pour comble d'infortune, il y avait 5,000 cartouches dans la galerie du Fier, les armes de rechange étaient dans les chambres, et le feu gagna tout cela avec la rapidité de léclair, Les armes partirent soudain d’elles-mêmes et portèrent sur le gaillard derrière l'endroit où Villette- Mursay se trouvait avec son état-major, Deux de ses offic'ers furent tués : lui-même il fut renversé, et tout entouré d’éclats qui lui firent nombre de contusions. À peu près au même moment, plusieurs vaisseaux de l'avant-garde française furent aussi endommagés par les bombes que les ennemis faisaient pleuvoir sur elle comme sur une ville assiégée, grâce à un calme qui facilitait l'usage de leurs galiotes. Ces vaisseaux durent se retirer, comme le Fier, pour éteindre le feu qui menaçait de les détruire. [Is rentrèrent dans la ligne, le Fier au milieu d’eux: Tant d’audace et de persévérance finirent par triompher de l'avantgarde des alliés qui battit en retraite. »
Trois ans après, le marquis de Villette-Mursay mourait à Paris d’une attaque d’apoplexie. Protestant, il avait d'abord vu avec beaucoup de peine sa femme et ses enfants se convertir à la religion catholique; puis la lumière s'était faite pour lui-même. Comme Louis XIV le félicitait de sa conversion : « Sire, répondit-il, c’est la seule occasion de ma vie où je n’ai pas eu pour objet de plaire à Votre Majesté. » C’était d’an homme de cœur et d'esprit.
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Saint-Pol.
Le chevalier de Saint-Pol, un des plus brillants marins de la deuxième partie du règne de Louis XIV, appartenait à une famille toute militaire. Un de ses oncles, mestre de camp d'infanterie, avait reçu sur la brèche, au siège de Roses en 1645, douze coups de pique dans sa cuirasse, deux coups de mousquet à travers le corps, un coup d'épée à travers la cuisse ; et il se défendait encore, l'épée à la main,
Jean Bart était mort, il avait fallu le remplacer à Dunkerque : un de ses successeurs fut le chevalier de Saint- Pol, qui avait combattu avec le héros de Dunkerque. Avec lui il était au bombardement infructueux de cette ville par les Anglais. Certes, la tâche était lourde. Saint-Pol, et c’est un titre de gloire, fut un de ceux qui s'en montrèrent le plus dignes.
Au mois d'avril 1703, il croisait dans la Manche avec quatre bâtiments. Le 21 avril, il livrait aux Anglais un combat que Dangeau rapporte ainsi : «Saint-Pol, capitaine de vaisseau, avec la frégate l’Adr'oit de trente canons, a attaqué un convoi de vaisseaux marchands escorté par deux vaisseaux de guerre anglais. Il n’avait avec lui que deux frégates françaises, une o-tendoise et quelques petits bâtiments d’armateurs, Saint-Pol, après un assez long