‹ Les marins français [microforme]Chapitre 4 sur 41 · EI TITE · texte numérisé non relu

EI TITE

anquebar ss dans la huit alors ‘galité des réelle des udence, I à tromper ’entrée de t commus Français

n que sir comprenuvait plus s luttèrent , chacune t, Enf:, le avant plus qui ne fut ’eurent les eux heures raient rien u et s’éloi- > blocus se

mment un Gondelour s depuis si ntempler le 1it de don-

-ampagnes de

ner un nouvel éclat. On accourt sur le rivage; l’armée entière, oubliant que l'ennemi est sous les murs de la place, n’a plus qu'un seul désir, celui de voir l'amiral, Il parait enfin. Bussy l’attendait sur la plage avec son étatmujor.

— Voilà notre sauveur ! dit ce général en le présentant à tous les officiers de l’armée.

« Alors les cris de joie se renouvellent, l'air.en retentit et l'écho peut le porter jusque dans le camp ennemi, Suffren, étonné, se trouve tout à coup enlevé de terre et transporté dans un palanquin. Les soldats veulent ravir aux noirs l'honneur de le porter ; et malgré ses refus et sa résistance, il fait une entrée triomphale dans Gondelour au milieu des transports d'allégresse de l’armée et des habitants. »

Huit jours après, on apprit que la paix était conclue.

Suffren, jugeant désormais sa présence inutile dans l'Inde, s’embarqua pour revenir en France. Un trait, qui peint la générosité de son caractère, marqua son passage au cap de Bonne-Espérance. Par suite de l'interruption du commerce, beaucoup de colons hollandais se trouvaient ruinés et réduits à la misère. Suffren, touché de leur détresse, fit don à ces infortunés de’tout ce qui lui revenait de ses parts de prise dans les campagnes de l'lnde; c'était une somme considérable.

On comprend, après tant de glorieux exploits auxquels ajoutait la noblesse du caractère, quel accueil attendait le héros dans sa patrie. De Toulon à Paris, son voyage ne fut qu'une suite d’ovations populaires et il ne pouvait paraitre en public sans être salué par des acclamations et des vivats auxquels sa modestie avait hâte de se dérober. L'accueil qu’il reçut à la cour ne fut pas moins flatteur. Le

roi, dans les termes les plus chaleureux, lui témoigna sa satisfaction en lui annonçant qu’il le nommait chevalier de tous ses ordres et qu’une cinquième charge de viceamiral serait créée tout exprès en sa faveur. Une médaille, votée par les États de Provence, fut frappée en l'honneur de l’illustre marin : elle portait pour exergue : Le Cap pro° tégé ; Trinquemalé pris; Gondelour délivré ; l'Inde défendue; six combats glorieux; les États de Provence ont décerné cette médaille (1784).

Malheureusement pour la France le bailli de Suffren ne devait pas jouir longtemps de sa gloire. Pendant l’année 1788, la crainte d'une guerre nouvelle avec les Anglais avait rendu nécessaire l’armement d’une flotte dont l'amiral devait prendre le commandement. Mais presque au moment de partir, il tomba malade gravement, etaprès avoir langui plusieurs mois, il expira le 8 décembre 1788.

A tous ses mérites, à ses mâles vertus, à ses rares talents, au génie militaire, Suffren joignait une qualité plus admirable parce qu’elle s’alliait, comme on l’a vu, à une indomptable énergie ; au courage inébranlable, il joignait la bonté, cette bonté dont Bossuet nous fait un si magnifique éloge et qu’il exalte comme un des plus glorieux attributs de la divinité. Suffren veillait avec une sollicitude vraiment paternelle sur ses équipages, et le dernier des matelots savait qu’au besoin sa bourse lui était ouverte et qu’il pouvait compter sur son illustre chef comme sur un ami et un bienfaiteur. Aussi, après sa mort, les vieux marins, qui avaient servi sous ses ordres, ne parlaient de lui qu'avec des larmes dans les yeux, et ils aimaient à rappeler ce dicton passé comme en pro-

Page 1