DÉCÉDÉ EN
Le 10 septembre 1647, l'un des pasteurs de la Rochelle, Bouhereau, bénit, au temple de la Ville-Neuve, le mariage « de « Jacob du Quesne, écuyer, capitaine entretenu pour « le service de Sa Majesté dans la Marine, natif de la ville « de Dieppe au pays de Caux, fils d'Abraham du Quesne « aussi écuyer, quand vivoit, entretenu pour le service du « Roi en ses armées navales et de dame Marthe de Caux, « sa veuve, demeurant en la ville de Dieppe, » avec « damoi- « selle Suzanne Guiton, fille de Jehan Guiton, écuyer, aussi « entretenu au service de Sa Majesté en ses armées navales « et de défuncte Marguerite Prévost son épouse (1). »
On ignore la date et le lieu de la naissance de leur fils, qui reçut et porta dignement le prénom illustré par son oncle, le vainqueur de Ruyter (2).
(1) Langloys, notaire, contrat du 22 septembre 1646.
(2) Nous avons sous les yeux le cachet de J.-F. de Traversât/, qui avait épousé Claire Du Quesne, petite-fille d'Abraham. Le blason des Du Quesne, accolé à celui des Traversay, porte « d'argent au lion de sable lampassé
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« accident. Le feu qui était dans une chaudière de goudron, « sur un canot, s'étant pris au derrière du vaisseau, qui était « beau et de 80 pièces de canon, il s'est tant brûlé que noyé « plus de 200 hommes. Monsieur Du Quesne-Guitton devoit « le monter ; il n'y étoit pas lors de l'incendie ».
Le registre des délibérations du Corps de ville de 1703 porte qu'il fut alloué à M. Du Quesne (sans autre nom) capitaine des vaisseaux du Roi, commandant sur les batteries des pointes des Minimes et de Chef de Baie, 30 livres par mois, pour son logement à la Rochelle.
Le voyage d'Abraham Du Quesne-Guiton a été publié sous ce titre : Journal d'un voyage fait aux Indes orientales par une escadre de six vaisseaux commandés par M. Du Quesne, depuis le 24 février 1690 jusqu'au 20 août 1691 par ordre de la Compagnie des Indes Orientales. (Rouen, 1721 . 3 vol. in-8°. — La Haye. [Paris,] 1721. 3 vol. in-12.)
Un autre récit de ce voyage avait été publié, plusieurs années auparavant, sous le titre : Relation du voyage et retour des Indes Orientales pendant les années 1690 et 1694 par un garde de la marine (C.-M. Mouchot de Montcassin) servant sur le bord de M. Du Quesne, commandant de V Escadre. (Bruxelles, 1692. — Paris, 1G92.)
Une troisième relation en anglais a pour titre : A voyage to the East Indies, a. d. 1690 and 1691 ; being a full description of the isles of Maldives, Cocos, Andamant, and the isle of Ascension. (Lond. 1696.)
Moreri, tout en reconnaissant qu'il existe dans cette relation des remarques curieuses et des anecdotes amusantes, exprime le regret que l'humeur satirique de l'auteur s'y fasse trop sentir.
On sait que lorsqu'après avoir vaincu trois fois Ruyter, le grand Du Quesne arriva à Versailles, Louis XIV lui refusa le brevet de vice-amiral, parce que cet homme illustre était calviniste. « Je voudrais bien, Monsieur, lui dit-il, que vous « ne m'empêchassiez pas de récompenser les services que « vous m'avez rendus comme ils méritent de l'être ; mais « vous êtes protestant, et vous savez quelles sont mes « intentions là-dessus. »
— « Sire, répondit Du Quesne, quand j'ai combattu pour « Votre Majesté, je n'ai pas examiné si Elle était d'une autre « religion que moi (1). »
Victimes de tristes marchandages de consciences, les officiers pensionnés, comme nouveaux convertis, sont dénoncés comme mal convertis, rendus responsables de la conversion de leur famille et conservent, au fond du cœur, la religion qu'ils ont abjurée des lèvres « pour obéir au Roy » ainsi que l'atteste la formule d'abjuration, ils restent fidèles à l'Evangile de Jésus-Christ et leur testament exprime leur véritable foi.
Du Quesne-Guiton n'eut pas la même fermeté que son oncle. Il sacrifia ses convictions religieuses à la faveur du Roi, qui lui donna en 1688 les biens confisqués sur son oncle Guibert, pasteur fugitif pour cause de religion (arch. nat. E. 3,374). Du Quesne-Guiton mourut en 1726, la même année que son oncle Du Quesne-Mônier, capitaine de vaisseau en 1685, chef d'escadre en 1715, commandeur de Saint-Louis le 14 juillet 1724, et commandant de la marine à Toulon,
(1) On raconte que la femme de Du Quesne lui dit, lorsqu'il lui rapporta cette conversation : « Il fallait répondre au Roi : Oui, Sire, je suis protestant, mais mes services sont catholiques. » (Théodore Deschères.)
dont Tan des fils, Ange, marquis Du Quem&-Mmneviile } garde de la marine en 1714, enseigne de vaisseau en 1727, aide-major en 1735, major en 1746, gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France en 1752, chef d'escadre le 25 septembre 1755, et commandeur de Saint-Louis le 28 décembre 1758, mourut en 1778, sans postérité (1).
(1) Meslin : Mémoires historiques concernant l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et l'institution du mérite militaire, 1785 — Correspondance de M. A. de Traversay.