FAMILLE DE GABARET
La Rochelle ne peut revendiquer le berceau de la famille Gabaret, originaire de l'île de Ré, et cependant les seigneurs d'Angoulins et de Longèves peuvent se rattacher comme tels à une monographie rochelaise.
L'historiographe de la marine, M. A. Jal, a le premier résumé les services rendus par une famille comptant cinq générations d'officiers de marine.
I. Mathurin Gabaret, capitaine de vaisseau en 1636, reçut, le 30 novembre 1663, le grade de chef d'escadre, dont il remplissait les fonctions dès 1632 et mourut à Barèges en 1671, laissant deux fils, Jean et Louis (1).
IL Jean Gabaret, chevalier, seigneur d'Angoulins et de Longèves, capitaine de vaisseau le 16 (ou le 26) mars 1653, devint chef d'escadre le 12 décembre 1673 et lieutenantgénéral des armées navales le 1 er novembre 1689. Quarante
(1) D'après les recherches de E. Jourdan, Mathurin Gabaret laissait trois fils qui servirent dans la marine: Jean; Mathurin II, qui devint capitaine de vaisseau, et Nicolas, capitaine au régiment Royal- Vaisseau, gouverneur de la Martinique en 1698.
Louis n'était point le fils de Mathurin I er , mais le cousin issu de germains de Jean, Mathurin II et Nicolas } enfants de Mathurin /•*.
ans de services, sa valeur et son expérience consommée dans la marine lui valurent, le 1 er mai 1696, le titre de commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Gabaret commandait l'arrière-garde dans les diverses batailles livrées par Du Quesne et Vivonne aux flottes combinées d'Espagne et de Hollande sur les mers de Sicile. Il se signala dans la Manche aux combats de Kinsal et de la Hogue. Gouverneur de la Martinique, il repoussa vigoureusement une descente des Anglais et mourut à Rochefort, le 26 mars 1697.
Dans le supplément de l'Armoriai de la Généralité de la Rochelle (1697), d'Hozier (1), jouant sur le nom de la veuve de Gabaret, Olympe de Caichault (Cailhaud), lui attribue le blason suivant : « de sinople à un réchaut d'argent. »
III. Jean Gabaret laissait deux fils : l'un, entré dans la marine en 1677, échangea l'habit galonné contre le froc, et fut admis, le 1 er mars 1682, dans l'ordre des Capucins ; l'autre, Gabaret d'Angoulins, marquis de Jousserans, s'embarqua en 1679, renonça à la navigation en 1689 pour y revenir un mois après, fut fait capitaine de vaisseau, le 1 er janvier 1693, fut interdit en 1696, et, à la suite d'un duel, obligé de passer en Espagne (juin 1702).
(1) L'édit rendu par Louis XIV au mois de novembre 1696 autorisa toutes les personnes du royaume exerçant une profession libérale et même les marchands à faire enregistrer leurs armoiries par d'Hozier, juge d'armes de France, moyennant un droit de 20 livres. Plus de 300,000 individus se conformèrent à cette mesure fiscale qui remplit les caisses de l'Etat. Les blasons présentés par les familles furent inscrits dans la première partie de chaque registre. L'héraldiste officiel composa des armoiries pour les personnes qui n'en avaient pas fourni. — « Il y a donc en France bien peu < de gens dont un ascendant paternel ou un parent en ligne collatérale et
Il revint en France en 1716 et y mourut. Est-ce le même que Jules de Gabaret, chevalier, seigneur marquis d'Angoulins, capitaine des vaisseaux du Roi, habitant la Rochelle en 1701 ? (Rochard).
Louis, second fils de Mathurin Gabaret, lieutenant de vaisseau le 31 mars 1665, chevalier de Saint-Louis, commandant, comme capitaine de vaisseau, un des navires de l'escadre du comte d'Estrées, fut tué au combat de Tabago, le 3 mars 1677, laissant une veuve, Louise Aubinet (Âuboyneau), qui portait (( d'argent à un chevron d'azur et un chef de gueules chargé de 3 étoiles d'or. » (Armoriai de la Rochelle.)
Elle avait deux fils dans la marine : l'un, Louis, décédé à la Havane le 23 août 1706, commandant le vaisseau le Fidèle ; l'autre, Pierre, officier général depuis le l 6r octobre 1736, qui mourut chef d'escadre le 21 juin 1744.
Un des fils du commandant du Fidèle mourut enseigne de vaisseau au Cap le 11 janvier 1737 sur la Baleine, commandée par M. de Mardi. (Archives de la marine.)
L'historiographe de l'ordre de Saint-Louis, mentionne un Gabaret, qui obtint, en 1700, cette décoration n ayant que dix ans de services « par la bravoure qu'il fit paraître en 1689, servant comme garde de la marine sur le vaisseau le Courtisan (commandé par le sieur Machault), d'où il sauta à
« masculine n'ait fait officiellement régulariser son blason en vertu de « l'édit du roi Louis XIV. » (Borel d'Hauterive).
Le certiûcat de décès de Samuel Collé, de l'île d'Oleron, embarqué en octobre 1651 sur le Phénix, commandé par Gabaret, chef d'escadre, est signé par Jean Gabaret, le 30 octobre 1686, et scellé d'un cachet de sable à la bande d'or, accompagnée de six mouchetures d'hermines, rangées 3 et 3, timbrée de la couronne de comte et accompagnée des guidons de chef d'escadre.
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l'abordage d'une frégate ostendoise qui fut enlevée ; dans laquelle occasion, il a eu un bras emporté. »
Un autre Gabaret, lieutenant de vaisseau, gouverneur de la Martinique, était tout couvert de blessures, et comptait quarante-quatre ans de services, tant de terre que de mer, lorsqu'il fut fait chevalier de Saint-Louis. (1701).