ISAAC MICHEL DE LA MOTTE
Le seul fait de son alliance (22 février 1694) avec Marguerite Meschinet, devenue rochelaise, suffit-il pour inscrire ici Isaac de la Motte Michel, chevalier, seigneur de Saint-Fort-sur-Gironde, Usson, du Bouquet, de Bresneau, la Vigerie, la Chautarderie, etc., capitaine commandant les vaisseaux du Roi (9 janvier 1696) avec rang de chef d escadre, capitaine général garde-côte du département de Talmont, chevalier de Saint-Louis, qui se distingua au siège de Gênes, aux diverses batailles livrées aux Anglais et aux Hollandais, au siège de Carthagène en 1697, fut pourvu, le 21 janvier 1703, d'un office de secrétaire conseiller du Roi, maison et couronne de France en la chancellerie de la cour des aides de Guyenne, et mourut, à l'âge de soixante-dix ans, le 20 janvier 1719, laissant une fille, mariée le 2 août 1723 avec Claude Thomas Renart de Fuchsamberg, marquis d'Âmblimont, garde de la marine en 1705, enseigne de vaisseau en 1710, lieutenant en 1727 (1), capitaine en 1738, chef d'escadre le
(1) Depuis la réorganisation de la marine par Colbert, il n'y avait point de grade intermédiaire entre le lieutenant et le capitaine de vaisseau. C'est
1 er janvier 1754, avec l'expectative de la dignité de commandeur de Saint-Louis et la permission d'en porter la décoration, le 29 juin 1754, décédé en 1772.
Qu'on nous pardonne l'aridité de cette nomenclature, car ces dates et ces titres résument des carrières honorablement remplies.
ainsi que M. A. Jal, relevant les états de service à' Abraham Du Quesne Guiton constate qu'il fut enseigne de vaisseau en 1677, lieutenant le 31 janvier 1678, capitaine le 7 février 4680, chef d'escadre le 1 er novembre 1705, gouverneur général aux îles le 1 er janvier 1714, revint en France en mars 1716 et se retira lieutenant général honoraire le 10 décembre 1720, avec une pension de 9.000 livres, dont il jouit jusqu'au 12 mai 1724, qu'il mourut à Belebat, près de Rochefort.
En 1686, commandant l'Oiseau, Du Quesne Guiton faisait partie de l'escadre de M. de Vaudricourt, dont le devoir était d'aller occuper, de gré ou de force, les places de Bancok et de Mengui pour le Roi de Siam. Il revint à Brest, le 17 juillet 1688.
Les archives de la secrétairerie d'Etat de la Marine, écrit M. l'archiviste D. Neuville, dans le remarquable avertissement placé en tête de l'état sommaire des archives de la marine antérieures à la Révolution (1898), « nous montrent la réflexion sur le milieu maritime des principaux événements de l'histoire générale.
« Ainsi, dès les dernières années du xvn e siècle, nous constatons dans ce milieu spécial, les effets de la politique dont la révocation de l'édit de Nantes fut l'acte principal. Nous voyons la pression exercée officiellement sur les officiers et agents de tout ordre, sur leurs femmes, sur leurs enfants, sur les populations maritimes. Nous saisissons de honteux marchandages de consciences. Les missionnaires chargés de convertir les huguenots des côtes reçoivent des instructions du Ministre et lui rendent compte. C'est sur les galères que sont envoyées les victimes de la persécution religieuse.
« La marine est également mêlée à la guerre des Cévennes, et subit en 1764 le contre-coup de l'expulsion des Jésuites, parmi lesquels elle avait recruté des aumôniers, des professeurs de mathématiques et d'hydrographie, et les astronomes de l'observatoire maritime de Marseille. »
même poste, le 17 octobre 1747. L'année suivante, le 18 octobre, vers sept heures du matin, une flotte marchande de deux cent cinquante-trois voiles partit de notre port sous l'escorte de six vaisseaux de guerre commandés par Henri- François Desherbiers, marquis de l'Estanduère, chef d'escadre depuis 1645. Cet officier-général soutint, le 14 octobre 1749, un combat terrible contre l'escadre anglaise, très supérieure par le nombre et la force des bâtiments. Il dut céder au nombre, et Voltaire affirme que la France, après ce désastre, n'eut plus qu'un seul vaisseau de ligne. M. A. Jal, d'après les archives de la marine, a péremptoirement établi que deux vaisseaux escortaient la flotte rochelaise et que le pavillon français flottait encore, en 1750, au moins sur vingt-deux vaisseaux de guerre.