HONORÉ JULIEN
Julien est un officier de marine rochelais qui a attaché son nom à un beau trait de courage couronné de succès.
Voici la note autographe d'Arcère (mss. page 32) que je copie textuellement, dans l'absence des documents originaux auxquels il renvoie :
« Julien de la Rochelle, capitaine de vaisseau, se bat contre un vaisseau et une frégate hollandaise, ayant en tout quatre-vingt-quatre canons.
« Julien, monté sur un petit bâtiment du Roi de dix pièces de canon, aidé d'un bâtiment marchand de seize pièces, fait perdre à l'ennemi 250 hommes.
« Julien, dont le bâtiment coula bas, se jette dans le vaisseau marchand et se sauve.
« Voir ce beau détail. (Mercure galant, août 1688? (1) p. 279). ))
M. le comte de Lapeyrouse-Bonfils, dans son Histoire de la Marine française, cite Julien au nombre des officiers qui se sont distingués dans les expéditions de la Manche en 1672 et 1673, à la bataille de Tabago en 1676, au bombardement d'Alger en 1683 et au combat de Beveziers en 1690.
(1) Ce dernier chiffre est douteux dans Arcère.
FAMILLE CHADEAU DE LA CLOCHETERIE
Chadeau, sieur de la Clocheterie, Rochelais, fut un grand homme de mer.
La nouvelle Compagnie des Indes lui ayant confié, en 1665, le commandement de la frégate V Aigle blanc, il déploya dans cette campagne une valeur éprouvée et une résolution énergique. Avec un seul bâtiment, il amarina deux grands navires chargés de piastres et d'esclaves, et entra dans la rade de Brest, traînant seize vaisseaux de prise à la suite du sien. Ses services lui valurent les grades de capitaine des frégates légères en 1666 et de capitaine de vaisseau en 1671.
Cet officier protestant fut, deux fois, mis aux tours de la Rochelle en 1676 et en 1689, pour cause de religion.
Guillaume Rivet, pasteur de Taillebourg, avait béni, en 1632, le mariage de son fils Jehan Rivet avec Marthe Chadeau.
« Parmi les commandements dont il a été honoré, on lui confia, entre autres, celui du vaisseau de guerre le Palmier, de l'escadre du sieur de Pointis, armée pour l'expédition de Tabago, commandement dont il s'acquitta avec toute la capacité qu'on attendoit de lui. »
100 LES MARINS ROOHELAIS
Chadeau mourut dans sa terre de la Clocheterie, commune de Plassay, le 24 août 1696.
« Isaac Chadeau, son fils, ayant suivi le même service, a eu différents commandements, tant en la qualité de capitaine de flûte qu'en celle de capitaine de brûlot, jusqu'en 1733, qu'il est mort. »
« Enfin, le sieur Isaac Chadeau, fils de ce dernier, ayant été reçu en la compagnie des gardes de la marine en 1716, et lieutenant en 1741, a fait dix-sept campagnes en ces différents grades, pendant lesquelles il a donné les plus grandes preuves de zèle et de courage, et notamment en la dernière en 1747, au combat rendu contre les Anglais, par l'escadre du sieur de la Jonquière, dans laquelle le sieur Chadeau de la Clocheterie faisait les fonctions de capitaine en second sur le vaisseau le Sérieux, commandé par le sieur d'Âubigny.
« Cet officier ayant été renversé d'un coup de canon qui lui avait blessé les deux jambes, ne voulut pas quitter son poste, ni permettre qu'on le transportât pour se faire panser, et s'étant fait relever et mettre sur la lisse du fronteau du château d'avant, continua à donner tous les ordres et à encourager les officiers et les équipages, jusqu'au moment où il fut tué par une salve de canons à mitraille. »
Ces faits sont relatés dans les lettres de noblesse accordées par Louis XV (Versailles, octobre 1749) à Louis de la Clocheterie, fils de ce brave officier, en raison des services rendus par son père et par ses ancêtres.
Le 17 juin 1778, Louis, lieutenant de vaisseau commandant la Belle-Poule, de vingt-six canons, livra un combat glorieux dans la Manche à la frégate anglaise VAréthuse, de
LES MARINS ROCHELAIS fOf
vingt-huit canons, en vue de l'escadre britannique commandée par l'amiral Keppel.
« Le capitaine Marshall, de YÂréthuse, chassait la Belle- Poule et la joignit vers six heures du soir. Il la somma en termes très mesurés et par deux fois, de se rendre en poupe de l'amiral anglais. Refus de la part du capitaine de la Clocheterie. L'Aréthuse insiste et fait feu sur la frégate française, qui répond aussitôt par toute sa volée. Il s'engagea entre ces deux adversaires le combat le plus acharné : l'antipathie naturelle qui divise les deux peuples, le stimulant que donne à de braves gens la présence de toute une armée, firent déployer aux équipages une valeur inouïe.
(( Depuis six heures Ton combattit, sans qu'Anglais ni Français eussent montré l'envie de plier. A la fin, YÂréthuse dégréée ralentit son feu ; la Belle-Poule redouble le sien : le capitaine Marshall va être enlevé, il le voit et gouverne sur la flotte anglaise qui était sous le vent. Les vaisseaux le Monarch et le Vaillant accourent pour le protéger ; M. de la Clocheterie, ne pouvant sans imprudence poursuivre ses succès, serre le vent, envoie une dernière bordée à l'ennemi et s'éloigne.
« MM. de la Clocheterie, de Saint-Marsault, de la Roche- Kerandraon et Bouvet furent blessés à bord de la Belle-Poule.
« Ce brillant succès excita la joie la plus vive en France, où les souvenirs de la dernière guerre étaient encore saignants.
« Louis XVI combla d'honneurs tous les braves qui avaient si bien soutenu l'honneur de nos armes (1).
(1) Le capitaine de vaisseau A. L. de Rossel, né auprès de la Rochelle, dont le portrait fut gravé par Choffard, en 1790.
Fils du capitaine de vaisseau mort au service. Cousin-germain de
(( M. de là Clocheterie fut nommé capitaine de vaisseau, et des pensions furent accordées aux veuves et aux enfants de ceux qui avaient péri dans cette action. » (C te de Lapeyrouse-Bonfils.)
Combat de la BELLE-POULE contre la frégate anglaise (1)
l'ARÉTHUSE
Rapport de rofficier français au vk&umiral
Mon général,
Les vents du nord qui m'ont fait partir de Brest, le 15 de ce mois (juin 1778) ont régné jusqu'à mardi à minuit, très faibles ; ils ont passé alors à l'ouest-sudouest, et j'ai mis le cap au nord-nordest, ce qui me portait entre le cap Lézard et Plymouth.
Mercredi, le 17, à dix heures du matin, j'ai eu connaissance du haut des mâts de quelques bâtiments exactement de l'avant à moi ; je les ai signalés sur le champ à la Licorne et à l'Hirondelle que
M. Grassin, directeur de la Monnaie de Paris, petit-fils et arrière-petit-fils, du côté maternel, de deux commissaires de la marine, garde le 17 septembre 1751, lieutenant le 27 novembre 1765. Retraité avec le brevet de capitaine de vaisseau le 11 août 1779. Du 28 mai 1785, gratification de 1.000 livres pour son ouvrage : Instruction pour le lieutenant en pied d'un vaisseau de guerre. Du 24 février 1787, pension de 1.000 livres sur les Invalides et gratification de 3.000 livres pour peindre les principaux événements de la guerre. (C* 171.)
(1) Dès le 4 février 1778, c'est-à-dire deux jours avant la signature des traités, Tordre avait été expédié à tous les officiers de marine de partir sur le champ pour se rendre à leurs départements et de ne pas s'arrêter môme pour coucher. Louis de la Trémoille. Afon grand-père à la cour de Louis XV et à celle de Louis XVI, p. 148.
Y avais laissées assez loin derrière moi. À dix heures et demie, j'ai commencé à soupçonner que ce pouvait être une escadre, et j'ai fait signal aux bâtiments qui me suivaient de tenir le vent, les amures à bâbord, et je les ai prises moi-même. J'ai compté peu d'instants après vingt bâtiments de guerre, dont quatorze au moins de ligne. J'ai fait le signal de virer de bord ; j'étais établi au même bord que les Anglais à onze heures du matin : ils étaient alors à environ quatre lieues dans le nord-est 1/4 et les vents à l'ouest-sud-ouest.
A une heure et demie après midi, j'ai doublé la Licorne au vent et j'ai dit à M. de Belizac, son commandant, que je le laissais le maître de la manœuvre qu'il jugerait la plus convenable pour échapper à la poursuite des Anglais, et j'ai fait signal à Y Hirondelle de relâcher où elle pourrait.
Je voyais alors qu'une frégate et un sloop me joignaient ; j'ai gardé le lougre avec moi. A six heures, j'ai été joint par le sloop qui porte dix canons de six, il m'a hélé en anglais ; je lui ai dit de parler français ; il a reviré et a été joindre la frégate.
A six heures et demie, cette frégate est arrivée à portée de mousquet dans ma hanche sous le vent : le vaisseau de l'escadre le plus près de moi en était alors éloigné d'environ quatre lieues. Cette frégate a cargué sa grand'voile ; j'en ai fait autant, et j'ai même arrivé mes perroquets et mis celui de fougue sur le mât afin de ne pas rester dans une position tout à fait désavantageuse. La frégate anglaise a manœuvré comme moi ; alors j'ai amené brusquement ; elle en a fait autant et nous nous sommes trouvées par le travers l'une et l'autre, à portée de pistolet.
Elle m'a parlé en anglais : j'ai répondu que je n'entendais pas ; alors elle m'a dit en français qu'il fallait aller trouver son amiral. Je lui ai répondu que la mission dont j'étais chargé ne me permettait pas de faire cette route. Elle m'a répété qu'il fallait aller trouver l'amiral ; je lui ai dit que je n'en ferai rien.
Elle m'a envoyé alors toute sa volée et le combat s'est engagé : il a duré depuis six heures et demie du soir jusqu'à onze heures et demie, toujours à la même portée, par un petit vent qui permettait à peine de gouverner. Nous courions l'une et l'autre grand largue
sur la terre : j'ai lieu de présumer qu'elle était réduite alors, puis 1 -' qu'après être arrivée vent arrière, je lui ai donné plus de cinquante coups de canon dans sa poupe, sans qu'elle en ait riposté un seul.
Cette frégate est de la force de la Fortunée, et porte, comme elle, vingt-huit canons de douze en batterie : il m'a été impossible de la poursuivre, parce que la route qu'il fallait faire pour cela me menait au milieu des ennemis ; j'ai donc pris le parti de courir à terre, sans savoir à quel point je pouvais atteindre. J'ai mouillé très près de terre à minuit et demi ; au jour, je me suis trouvé entouré de roches, à un endroit qu'on appelle Camplouis, auprès de Plouëscat : j'ignore encore si je pourrai m'en tirer.
Le combat, mon général, a été très sanglant. J'ai cinquantesept blessés ; je ne sais pas encore au juste le nombre des morts, mais on croit qu'il passe quarante.
M. Ureen de Saint-Marsault est du nombre de ces derniers. M. de la Roche-Kerandraon, enseigne, a un bras cassé, et M. Bouvet (devenu l'un des plus illustres officiers généraux de la marine), est blessé moins grièvement. Je ne saurais trop louer, mon général, la valeur intrépide et le sang-froid de mes officiers. M. le chevalier de Cappellis a su inspirer toute son audace aux équipages dans la batterie qu'il commandait ; M. de la Roche, blessé après une heure et demie de combat, est venu me faire voir son bras, a été se faire panser et est revenu reprendre son poste. En général, le combat s'est très bien soutenu jusqu'à la fin ; MM. Damard et Sebirre, officiers auxiliaires, se sont comportés avec toute la bravoure et le sang- froid qu'on a le droit d'attendre des militaires les plus aguerris. M. Bouvet, blessé assez grièvement, n'a jamais voulu descendre ; mon équipage est digne de partager la gloire que se sont acquise mes officiers.
M. Green de Saint-Marsault a été tué, après une heure et demie de combat ; le Roi a perdu l'un de ses meilleurs officiers et je regrette un ami bien cher.
Je crois la Licorne prise, ainsi que le lougre, mais je me flatte que VHirondelle a échappé aux ennemis.
Deux vaisseaux de guerre anglais sont à deux lieues de moi»
ils paraissent vouloir entreprendre de venir me chercher ; je doute qu'ils y réussissent, parce que je suis fort entouré de roches, mais je n'ai qu'une très faible espérance de sauver la frégate. Le lieu où je suis n'étant éloigné que de trois lieues du Folgouët, je prends le parti d'y envoyer mes blessés. Mon chirurgien-major vous portera cette lettre, mon général. Je l'expédie parce que personne n'est plus propre que lui à leur faire donner tous les secours dont ils ont besoin et que c'est un exprès sûr.
Deux contusions, l'une à la tête et l'autre à la cuisse, me font souffrir actuellement, de manière que je n'ai guère la force d'écrire plus longtemps, ce qui m'engage à vous prier, mon général, de vouloir bien faire passer ma lettre à M. de Sartine, ministre de la marine, si vous le jugez à propos.
Mes blessures ne sont pas dangereuses.
J'ai oublié de vous parler de M. de Basterot et du chevalier de la Galemerie, gardes de la marine. Us se sont comportés en gentilshommes français.
Je suis tout dégréé, mes mâts ne tiennent à rien, le corps de la frégate, les voiles, tout, en un mot, est criblé de coups de canon, et je fais de l'eau.
Je suis avec respect, mon général, etc.
Le lieutenant de vaisseau commandant la Belle-Poule, Signé : Chadeau de la Clocheterie.
A bord de la Belle-Poule, le 18 juin 1778.
(Archives de la marine : dossier la Clocheterie.) (B 4 136.)
De la Clocheterie (1) fut tué sur le vaisseau de soixantequatorze canons l'Hercule qu'il commandait, le 12 avril 1782.
(1) Sa veuve, Louise de Chavagnac, épousa en secondes noces Louis Froger, chevalier, seigneur de l'Eguille, capitaine de vaisseau, chevalier de Saint-Louis. Il avait deux frères dans la marine. Dans l'inventaire de ses livres, on trouve Paméla, Clarisse Harlowe, Robinson Crusoe, (CM 171, C '.)
Les capitaines de vaisseaux de Saintr-Cêsaire, vicomte à'Escars et de la Vicomte, une foule d'officiers et de matelots perdirent la vie dans cette journée funeste.
Le premier qui succomba fut le chevalier du Pavillon. Ce brave officier tomba aux pieds du jeune Emériau et du chevalier de la Panouse, qui s'empressèrent de le faire porter dans sa chambre : « Messieurs, dit-il, ne me plaignez pas, puisqu'en mourant je n'aurai pas la douleur de voir les désastres qui se préparent. »
Jean-François du Cheyron, chevalier du Pavillon, « réunissait à la science et à la pratique toutes les vertus qui font Thomme de bien et le guerrier. Il avait refusé le grade d'officier général que lui offrait le Roi d'Espagne. » (C t6 de Lapeyrouse.) R. P. Lesson compte le chevalier du Pavillon au nombre des célébrités rochelaises. Cette assertion est inexacte. Le chevalier du Pavillon (1) est né à Périgueux, le 29 septembre 1730, du mariage de Jean-Jacques-Joseph, comte du Cheyron du Pavillon et de Marguerite de Feletz.
A défaut du chevalier du Pavillon, la Rochelle peut revendiquer plusieurs des compagnons d'armes de la Clocheterie, héros de la guerre de l'indépendance des Etats-Unis.
Louis-Charles-Amable Green de Saint-Marsault (2), chevalier, seigneur de l'Herbaudière, né en 1745, était lieutenant des vaisseaux du Roi, lorsqu'il fut tué, le 17 juin 1778, au
(1) Sa biographie a été retracée par une plume rochelaise, celle de M. F. Chassériau, chef du cabinet de l'amiral Duperré. Le portrait du chevalier du Pavillon, placé au musée de Versailles, est orné de ses armoiries : D'azur, à 3 rocs d'échiquier d'or, posés 2 et i. Devise : « Cœlum non solum. »
(2) Armoiries : « De gueules à 3 demi-vols d'or. »
combat de la Belle-Poule qu'il commandait en second, sous Louis de la Clocheterie. Le Roi, sur le rapport du ministre de Sartines, accorda une pension sur les invalides (Je la marine à Dorothée-Adélaïde-Antoinette-Marguerite Green de Saint-Marsault, sœur du premier officier tué dans cette guerre. Née en 1750, élevée à Saint-Cyr, elle était la huitième enfant d'une branche peu fortunée de la famille.
Deux de ses frères servirent aussi dans la marine avec distinction. Haut et puissant seigneur Louis-Henrir-François Green de Saint-Marsault, chevalier, seigneur du Treuil- Charais, de l'Herbaudière, etc., né en 1734, fut successivement lieutenant des vaisseaux du Roi au département de Rochefort, lieutenant-colonel d'infanterie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et capitaine de vaisseau, et mourut à Brest, en 1780, commandant la frégate l'Engageante.
Son second frère, Charles-Philippe-Auguste, garde-marine, 12 décembre 1755, lieutenant, 24 mars 1772, lieutenantcolonel, 4 avril 1770, capitaine des vaisseaux du Roi, 9 mai 1781, chevalier de Saint-Louis, mourut à Saint-Domingue en 1781, commandant la frégate la Fée. (C 1 172.)
A la même maison se rattache Alexandre Green, comte de Saint-Marsault, né le 15 février 1773, capitaine de vaisseau et chevalier de Saint-Louis. Il avait émigré et fait les campagnes de l'armée de Condé.
Le lieutenant Abraham-Jacques-Sévère-Nicolas de Voutron périt aussi durant la guerre de l'indépendance des Etats- Unis. Il appartenait à une ancienne famille rochelaise qui avait fourni des maires en 1518 et 1554 et portait : « D'azur au chevron d'or accompagné de 3 étoiles de même, 2 en chef
et 4 en pointe. » Son frère Gédéon-Henri, embarqué sur la Barbue, fit naufrage à l'Ile de France, soutint en 1782 un brillant combat contre les Anglais, et comptait quinze campagnes en 1788. Il émigra et fut tué à Quiberon. Leur oncle Hubert-Henry t comte de Voutron, qui naquit à Voutron, le 20 janvier 1713, du mariage de Louise de Queux et de Gédéon-Nicolas, chevalier, seigneur de la Cave et de Voutron, fils d'un protestant du même prénom, exilé après la révocation de l'Edit de Nantes, et de Marie Thauvet, fut enseigne en 1740, lieutenant en 1746, capitaine de vaisseau en 1756, chef d'escadre en 1772, et mourut à Rochefort en 1780. Son neveu fut garde-marine le 30 septembre 1762, lieutenant le 14 février 1778, tué au combat de Trincomali, le 3 septembre 1782. (C 1 175.)
La famille de Culant devait sa noblesse à la marine. René de Culant, seigneur de Ciré, et Jacques, seigneur de Landray, furent maintenus dans leurs privilèges en 1667, comme « issus de l'admirai Culant ». Le marquis de Culant se distingua au bombardement d'Alger en 1683 et au combat de Beveziers en 1690.
La maison de Culant, qui était alliée aux Bourbons, aux Châtillon, aux Garnaches, aux Sully, etc., faisait remonter son origine à Jobert, sire de Culant, qui vivait vers 1122. (Voy. le P. Anselme, t. VII.)
Louis, baron de Culant, seigneur de Châteauneuf, amiral de France sous Charles VII (1422). De retour d'une longue captivité en Orient, ce seigneur fit ajouter à son château, situé sur une haute montagne, à dix lieues de Bourges, une tour sur le modèle de celle où il avait été détenu. Il se distingua au siège d'Orléans, avec Dunois, La Hire et
les marins rochelais ioj
Xaintrailles, veilla ensuite, avec Chabannes et Charles de Bourbon, comte de Clermont, à la défense des provinces reconquises, et mourut sans postérité en 1444.
Son neveu Philippe fut maréchal de France en 1441 et mourut en 1454. Charles, frère aîné du précédent, chambellan du Roi, grand maître de France en 1449, mourut en juin 1460. René Alexandre, marquis de Culant-Ciré, tacticien, littérateur, musicographe, membre des Etats généraux en 1789, né en 1718 au château d'Angerville dans l'Angoumois. Il avait donné sa démission de mestre de camp de dragons (1756), parce que le ministre de la guerre n'avait pas approuvé son nouveau système de manœuvres pour la cavalerie. Il mourut en 1799.
Saint-Thomas, sieur du Treuil-Chartier (paroisse de la Jarne), fut anobli « pour des services considérables rendus dans la marine. » (A. Goujet, Armoriai du Poitou, pages 191 et 198.)
Etienner-Auguste Viette, écuyer, sieur de la Rivagerie, appartenant également à une famille municipale rochelaise, était enseigne des vaisseaux du roi, lorsqu'il épousa Marie Sibille. Leur fils devait s'unir en 1748 à la fille du célèbre jurisconsulte Valin. (Rôles saintongeais. — Th. de Bremond d'Ara.)
François-Joseph-Hippolyte Ridé de Maurville, fils aîné du lieutenant général, garde-marine le 25 avril 1757, grièvement blessé à Larache (1765), il a laissé une relation de l'affaire de Larache (1775), il avait été deux ans esclave du Maroc. Lieutenant le 15 août 1768, capitaine le 13 mars 1779, le 5 juin 1782 il laissa échapper un vaisseau anglais en levant
la chasse, malgré le signal qui lui avait été fait de la continuer. Démonté par le général après le combat du 6 juillet, renvoyé en France, enfermé au château de l'île de Ré, il fut remis en liberté et rayé des listes de la marine, le 25 juillet 1783. (G 1 173.)
Le comte de Cacqueray, commandant Y Eveillé, adressa, le 30 janvier 1783, une protestation au vice-amiral d'Estaing contre l'ordonnance du 20 octobre 1782, qui attribuait aux capitaines d'équipage, pris parmi les officiers bleus, le commandement des quarts, sur les enseignes de vaisseau d'origine noble, invoquant l'avis du bon chevalier sans reproche, Bayard, à l'empereur Maximilien, au siège de Padoue. La gendarmerie avait refusé de mettre pied à terre pour monter à l'assaut avec les lansquenets roturiers. (B 4 204.)