‹ Les marins Rochelais: notes biographiquesChapitre 36 sur 53 · JEAN-BAPTISTE LAU · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE LAU

L'intrépide corsaire Jean-Baptiste Lan, capitaine au long cours du quartier de la Rochelle, en 1791, servit 25 mois en temps de guerre sur les bâtiments de l'Etat, la frégate la Fée (cap. de Boubée) et le brick le Gracieux (cap. Voisin) ; il fit la course pendant 11 mois, avec la Rochelaise et la Revanche, sous les ordres de Giscard, puis avec le Coureur et le Renard qu'il commandait, et rendit son nom redoutable à l'Anglais.

Pendant 130 mois et 17 jours, il compta dix embarquements sur les navires marchands (Duc de Laval, Meulan, Utile, Senac, Mercure, Désiré, Cigogne, Prévôt de Langristin et Y Ardent qu'il commandait).

Les corsairiens, comme on disait à cette époque, secondèrent vaillamment les marins de l'Etat. Pendant les longues guerres de la Révolution, ces hardis capitaines ne cessèrent de harceler les bâtiments anglais, les poursuivant sur toutes les mers ; ils se signalèrent par de beaux faits d'armes et prirent un grand nombre de navires de commerce.

Les Affiches, annonces et avis divers de la Rochelle, à partir de Tan II, enregistrent, à chaque numéro, de longues Ustes des prises

entrées à Rochefort ou dans notre rade à la suite des corsaires rochelais. Le 5 vendémiaire an III, les citoyens Tours, Basset, P.-L. Doges, Ganet père et Crouzet, membres de la Société populaire de la Rochelle, inséraient dans cette feuille l'avis suivant :

<( Les encouragements que doit recevoir notre marine et dont elle a besoin, sont dans la bonté de ses ports sur l'Océan et dans le zèle et l'émulation des vrais patriotes pour augmenter le nombre des vaisseaux de guerre de la République. Nous avons à combattre plus d'une puissance maritime, au nombre desquelles sont nos ennemis innés les Anglais.

« La société populaire de la Rochelle offre donc la continuation d'une collecte et d'une souscription déjà commencées pour mettre sur le chantier de Tavant-port de la cité un bâtiment de guerre pour la République qui portera le nom que la Convention nationale voudra lui donner. On peut s'adresser anx membres de la commission et au trésorier de la société pour continuer les dons, jusqu'à ce qu'ils soient suffisants pour la dépense d'une frégate de 30 à 40 canons de 12 livres de balles.

« La construction de cette espèce de bâtiments très utile à une armée navale est préférée. Elle coûtera beaucoup moins qu'un vaisseau de ligne, et elle est plus analogue au port de la Rochelle que la Convention nationale enfin veut faire servir d'asile aux vaisseaux désemparés à la mer, et à la construction d'une partie des vaisseaux de la République même. »

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