PIERRE-EMMANUEL PIAUD
Pierre-Emmanuel Piaud, né à la Rochelle, le 25 décembre 1768, a été l'objet d une notice due à la plume de P. Levot, dans le supplément de la biographie Michaud.
Atteint par la réquisition de 1793, Piaud fut incorporé dans un bataillon de la Rochelle, puis envoyé aux Antilles dans l'infanterie légère, et nommé officier sur le champ de bataille.
Capitaine commandant la petite garnison de l'île Marie- Galande, il sut, par un heureux mélange de prudence et de fermeté, prévenir une révolution des noirs qui semblait inévitable et sauva ainsi la colonie des horreurs qui la menaçaient.
Rappelé à la Guadeloupe en 1798, il remplit les fonctions de commissaire du Directoire exécutif, secrétaire de l'agence provisoire de la colonie, capitaine adjoint à l'étatmajor du général Paris et secrétaire général du gouvernement provisoire de la Guadeloupe.
Réformé comme militaire, il entra à Rochefort dans les bureaux de l'inscription maritime, débuta comme chef du
secrétariat, suivit en Hollande le préfet maritime Truguet comme secrétaire général et parvint bientôt au grade de sous-commissaire.
Prisonnier sur parole à La Haye, il reprit ses fonctions de secrétaire de Truguet, à la Restauration, passa successivement aux quartiers des classes de Dinan, Bayonne et Rochefort.
Sous-contrôleur de 2 e classe et destiné pour Brest, il reçut, en 1827, la croix de Saint-Louis, revint à Rochefort, fut promu sous-inspecteur en 1830 et fait chevalier de la Légion d'honneur en 1832.
Retraité en 1834, nommé, en 1836, bibliothécaire de la marine à Rochefort, il travailla en cette qualité à la rédaction des deux premiers volumes du Catalogue général des bibliothèques de la marine. Il avait publié précédemment dans les Mémoires des habitants de la Guadeloupe en 4803, le récit de la prise du Morne fleur-d'Epée et de la Pointe-à-Pître, actions auxquelles il avait participé. En 1815, il avait donné la relation de rembarquement de Madame, duchesse d'Angoulême, à Pauillac, opération qu'il avait favorisée, étant chargé du service des classes.
Prosper Levot rappelle que le préfet maritime de Rochefort annonçant le décès de Piaud, qui eut lieu le 15 mars 1839, ajouta ces mots : « Nous perdons en lui un homme de bien qui d'abord s'était rendu recommandable dans sa carrière administrative et dont nous avions ensuite apprécié l'utilité dans le service qui lui avait été confié ».
FAMILLE PICHEZ
JEAN PICHEZ
Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule Tienne et prie. Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère
Et comme ferait une mère, La yoix d'un peuple entier les berce en leur tombeau.
Victor Hugo
Pichez (Jean), fils de Jean Pichez et de Marie Morgaud, né le 10 mars 1769 à Fouras, fut mousse, novice, aide timonier, aide pilote, second et premier pilote du 26 juillet 1782 au 2 septembre 1793.
Enseigne de vaisseau provisoire le 3 septembre 1793.
Enseigne de vaisseau entretenu le 9 novembre 1796 jusqu'au 12 décembre 1800, admis à un traitement de réforme de 600 francs par arrêté du 4 février 1802, ce traitement a été réduit à 450 francs par arrêté du 29 août 1803.
Capitaine au long cours.
Rentré au service de l'Etat comme enseigne de vaisseau auxiliaire à partir de 1808.
JEAN PICJIKZ ■ 7 fiy - 1 8 1 3
le Triomphant (à la mer, en guerre) du 14 septembre 1809 au 16 août 1810 ; sur la gabare la Dorade (à la mer, en guerre) du 3 septembre 1810 au 29 mai 1812 ; commandant la gabare la Dorade (à la mer, en guerre) du 20 mai 1812 au 5 juin 1812, jour de la prise de ce bâtiment, après un combat à La Teste, contre six péniches anglaises (de la frégate la Médusa), M. Pichez fut tué et dix-sept hommes grièvement blessés. La Dorade fut brûlée par l'ennemi.
Veuf de Marie- Anne Mayet, il avait épousé en secondes noces, à Marennes, le 3 février 1808, Marie-Anne Bollon.
Sa fille du premier mariage, Marie-Catherine-Elie Pichez, épousa, le 5 octobre 1837, le capitaine de corvette Samuel- Louis Meschinet de Richemond et mourut, le 10 janvier 1839, après avoir donné le jour à un fils, le 4 janvier.
JEAN-BAPTISTE PICHEZ
(6 mai 1798-25 septembre 1854)
Né à Rochefort le 6 mai 1798, fils de Jean Pichez, enseigne de vaisseau, et de Marie- Anne Mayet.
Jean-Baptiste Pichez est successivement mousse, apprenti marin du 1 er décembre 1811 au 20 mai 1813, aspirant de 2 e classe le 20 mai 1813, aide timonier le 4 décembre 1816, 2 e chef de timonerie le 1 er mai 1819, capitaine au long cours le 11 mai 1824, enseigne de vaisseau le 13 octobre 1828, lieutenant de frégate le 26 octobre 1830, lieutenant de vaisseau de 2 e classe le 22 janvier 1836, de l re classe le 6 avril 1844, capitaine de frégate le 22 janvier 1849, Chevalier de
la Légion d'Honneur le 25 avril 1844 et retraité le 8 mars
Successivement embarqué sur le vaisseau le Jemmapes, le transport Y Elan et la canonnière brick n° 189, en guerre de 1811 à 1814. Il monta les bricks YEneas, le Jason, le transport YElan, la gabare la Ménagère et commanda la gabare Y Infatigable, le brick canonnière la Lilloise, la péniche n° 1, le vapeur le Fulton, la corvette la Camille, campagne de guerre de La Plata 1837 ; il commanda le vapeur le Voyageur et le brick YObservateur. Capitaine au long cours le 25 mai 1822, il commanda au commerce pendant deux ans, cinq mois et vingt-trois jours le trois-mâts la Vestale et la gabare Y Infatigable.
Il épousa le 14 décembre 1840 Mlle Adélaïde Lapierre, dont un frère devait devenir capitaine de vaisseau et commandeur de la Légion d'Honneur, et mourut le 25 septembre 1854, laissant trois filles et un fils qui devait être médecin de la marine, ainsi que son petit-fils.
Sa mémoire fut entouré des plus vifs et des plus légitimes regrets, car aux qualités de l'excellent homme de mer, il joignables plus heureux dons de Tintelligence et les qualités non moins précieuses du cœur qui constituent l'homme de bien.
Le capitaine de frégate J.-B. Pichez fut atteint parla retraite et une fin prématurée au moment où cette modestie caractéristique du vrai mérite, lui avaitfait décliner les offres du Ministre de la Marine qui voulait l'attacher à sa personne en qualité de Secrétaire.
Il réunissait cependant toutes les conditions nécessaires pour occuper ce poste d'honneur avec la plus haute distinction. Officier consciencieux, chef intrépide et juste, il joignait à
la science technique de grandes qualités littéraires et it avait su toujours se concilier l'affection et l'estime de ses subordonnés et déployer, dans le cercle de la famille, les qualités les plus aimables unies à l'influence exercée par toutes les vertus du chrétien et de l'homme de bien et caractérisées par la bonté la plus exquise et la plus franche loyauté, la vraie noblesse du cœur !