‹ Les marins Rochelais: notes biographiquesChapitre 38 sur 53 · JEAN-MARIE-LEON P1CHEZ · texte numérisé non relu

JEAN-MARIE-LEON P1CHEZ

Né le 11 juillet 1871 à Rochefort-sur-Mer, bachelier-èslettres, bachelier-ès-sciences (complet), élève du service de santé de la marine en 1893, externe des hôpitaux et de la clinique d'accouchement de Bordeaux 1894-1895 et 1895-

Docteur en médecine et médecin de 2 e classe de la marine (fin 1896), lauréat de la Faculté de Médecine de Bordeaux 1897; médaille de bronze, prix Godard. Thèse: De la Synencéphalie ; attaché à l'infanterie de marine en 1897 et envoyé au Dahomey, Postes de Parakou et de Niki (Haut Dahomey) 1898-1899; chevalier de l'Etoile noire du Bénin, 1900; médaille coloniale (Haut Dahomey), 1900.

Embarqué sur le cuirassé Jauréguiberry février 1901 à décembre 1902. Escadre active de la Méditerranée, proposé pour le grade de médecin de l re classe, 1902 ; démissionnaire (1902), officier du Nicham de Tunis en 1902; établi

médecin à Paris, boulevard Voltaire 115 (janvier 1903) ; reçu 12 e au concours desmédecinsdu Bureau de bienfaisance de Paris 1903 ; directeur des cours et administrateur de la Société française de Sauvetage du XI e arrondissement (Médaille d'argent) ; secrétaire de la Société de Médecine du X 6 arrondissement ; membre de la Société des médecins du Bureau de Bienfaisance, a publié dans le bulletin de cette Société : a L'Assistance des pauvres à domicile est-elle réalisable à a Paris, sans aucune charge nouvelle pour l'assistance a publique? »

Membre du Syndicat des Médecins de la Seine ; médecin consultant de l'Œuvre de la Tuberculose humaine (dispensaire du XI e arrondissement) ; membre de la Société civile du « Concours médical » ; médecin des « Mille et de l'Union amicale des Enfants de la Seine »; membre de la Société « l'Abri ; » membre de l'Union des Sociétés régimentaires; membre de la Société « Les Anciens Marsouins. »

Décédé à Paris le 2 septembre 1905 ; enterré à Pantin, cimetière parisien le 5 septembre 1905.

a C'est le cœur qui sent Dieu, a dit Pascal, et non la raison.» (( Voilà ce que c'est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison.

« Que crains-tu donc, âme chrétienne, dans les approches de la « mort, dit Bossuet ? Peut-être qu'en voyant tomber ta maison tu « appréhendes d'être sans retraite ? Mais écoute le divin apôtre » :

a Nous savons, nous savons, dit-il, nous ne sommes pas induits a à le croire par des conjectures douteuses, mais nous le savons très « assurément et avec une entière certitude « que si cette maison de « terre et de boue, dans laquelle nous habitons, est détruite, nous a avons une autre maison qui nous est préparée au ciel. »

II Cor. V. I.

Après les obsèques religieuses, M. le docteur Daily, qui représentait le Syndicat des médecins de la Seine, a retracé la vie 4itôt brisée de Léon Pichez, dans des paroles lapidaires :

<( Fils d'un père médecin de la marine en retraite, aujourd'hui chirurgien en chef honoraire des Hospices civils de la Rochelle, ancien médecin de la marine lui-même, sa profession aventureuse l'entraîna dans les régions les plus malsaines du Sénégal, où il faillit payer de sa vie son dévouement à son pays.

« Revenu en France, marié, il s'installa à Paris, où il sut rapidement se créer une situation honorable que l'avenir n'aurait fait que développer. »

Pichez était un de ces hommes dont le corps médical tire son honneur et sa noblesse. D'une intelligence lucide et active, et malgré les travaux journaliers de la clientèle, il trouvait encore des loisirs pour des œuvres de solidarité sociale comme celle des Sauveteurs de la Seine, dont il était un des membres les plus actifs, et dans les Sociétés professionnelles, dont il faisait partie, sa parole intelligente, hardie, novatrice, venait souvent nous apporter des idées toujours écoutées et appréciées.

(( A ces qualités de l'esprit, il joignait celles du cœur! Je le sais, moi, qui vais après lui chez les pauvres qu'il soignait dans sa circonscription du bureau de bienfaisance, et j'ai recueilli partout les traces de sa bonté, de sa sollicitude pour les déshérités de la vie !

(( Et s'il fallait parler de ses qualités de confrère et

d'ami, dirais- je combien nous estimions sa droiture, sa serviabilité, la sûreté de son commerce, son accueil cordial, sa loyale confraternité?

« Homme de bien, esprit d'élite, cœur d'or, telles sont les qualités éminentes qui créaient autour de lui, la sympathie et la confiance et que je viens saluer, au bord de sa tombe, au nom de tous ses confrères du Syndicat. »

« Qu'il nous soit permis d'appliquer au docteur Léon Pichez les paroles du docteur J. Morin sur la tombe du docteur Charles de Richemond, son cousin.

« Nous saluons en lui une victime du devoir professionnel : s'il est une pensée bienfaisante dans cette catastrophe qui nous laisse interdit, n'est-ce point celle-là ?

« Qu'un blessé meure sur le champ de bataille, ou qu'il ait la force de se rendre lui-même à l'ambulance pour y mourir des suites lointaines de sa blessure alors qu'il s'était cru sauvé, il a droit aux mêmes honneurs de la part de ses frères d'armes : c'est pour la même cause qu'il a perdu la vie ! »

Bulletin de la Société médicale des bureaux de bienfaisance de Paris et Revue d f assitance médicale, octobre et novembre 1905, pages 203, 204, 235.

Page 1