JEAN-BAPTISTE-ALEXIS FRADIN
Né à Rochefort, le 11 juillet 1769, le capitaine de vaisseau Jean-Baptiste-Âlexis Fradin vint terminer à la Rochelle son honorable carrière, le 14 mai 1834 (1). La tombe de l'intrépide marin est à Saint-Maurice comme celle du contreamiral Bourde (1763-1851).
Fradin entré au service en qualité de volontaire, le 17 août 1784, sur la gabare la Vigilante, donna de bonne heure des preuves de bravoure et de sang-froid. Envoyé en mission à la Martinique en 1785, il fît contre les nègres révoltés la laborieuse campagne de 1791 à 1792.
Enseigne le 8 avril 1793, il fut embarqué sur le vaisseau la Révolution de l'escadre de l'amiral Morard de Galles. La même année, au mois de novembre, il justifia sa promotion au grade de lieutenant, par la part qu'il prit au combat soutenu par le vaisseau de la République les Droits de l'homme contre le vaisseau anglais YÀlexander. Capitaine de frégate,
(1) Son frère aîné, François-Mathurin-Nicolas Fradin, capitaine de frégate, naquit à Rochefort le 1" juin 1768, et mourut dans la même Tille le 8 août 1818.
le premier germinal an 4, et commandant la Tamise, il livra trois batailles aux Anglais, amarina un bâtiment de guerre et détruisit un grand nombre de navires de commerce.
La pénible et glorieuse campagne de Y Embuscade à Saint- Domingue en 1802, lui valut le grade de capitaine de vaisseau. Il remplit avec distinction les travaux qui lui furent confiés dans des expéditions militaires importantes.
La flotte de Brest était commandée par le vice-amiral Villaret de Joyeuse, celle de Rochefort portait le pavillon de la Touch&-Tréville. Ces forces devaient être suivies par d'autres escadres destinées à remplir les vides occasionnés par la guerre ou le climat, mais les nouveaux convois furent retardés par divers obstacles.
L'historien des Victoires et conquêtes constate que Bonaparte qui régla lui-même tous les détails de l'expédition, choisit des officiers distingués par leur valeur, leurs talents et leur expérience pour composer les états-majors.
Nous n'avons pas à raconter ici la conquête de Saint- Domingue, l'Embuscade fut associée à toutes les opérations militaires de l'armée française, elle contribua aux prises du Port-au-Prince et du fort Dauphin, et protégea le débarquement des troupes. Pendant l'attaque du premier de ces points, elle arma une embarcation pour remorquer, jusque sous les canons du fort Bizoton, le radeau chargé des pièces d'artillerie de siège. Le haut de la rivière du cap fut fermé par l'équipage pour empêcher le passage des nègres insurgés. Envoyée en croisière sur la côte, Y Embuscade arrêta à la mer trois navires suspects qui furent conduits à bon port. D'heureuses incursions furent dirigées contre les rebelles, principalement à l'Artibonite, dans la rivière
Massacre et au Tronc-du-Port. Un fléau terrible se joignit à la guerre. La fièvre jaune ravagea cruellement les rangs des Français vainqueurs.
Après un voyage à la Jamaïque, le 27 avril 1803, Fradin appareilla pour la France pour se ravitailler. Déjà l'Embuscade avait atteint le golfe de Gascogne, lorsqu'on signala une voile. Le vaisseau anglais de 110 canons, le Victory, donna la chasse à la frégate française et, sans déclaration de guerre, au mépris du droit des gens, enleva le navire délabré, hors d'état de lutter contre des forces supérieures. L'état-major fut déclaré prisonnier de guerre, sur parole, et conduit à Gibraltar le 12 juin 1803. Fradin donna à ses compagnons d'armes des certificats attestant leur fermeté, leur zèle et leur bravoure, pendant l'expédition de Saint- Domingue. Mais leur carrière était brisée par la captivité, ils ne furent échangés qu'en 1810.
Membre, puis officier de la Légion d'honneur (15 pluviôse et 25 prairial an XII), Fradin reçut le 18 août 1814, les insignes de Tordre royal et militaire de Saint-Louis. Il devint adjudant près le préfet maritime de Brest. Retraité, Fradin mourut le 14 mai 1834 dans la maison qu'il habitait à Saint-Maurice, entouré de la considération méritée à l'homme privé par la loyauté du caractère, à l'homme public par le dévouement inaltérable à la gloire et à la grandeur de sa patrie.
Formation des escadres composant l 'armée combinée, sous les ordres du vice-amiral Villaret-Joyeuse
Escadre d'observation composée des bâtiments espagnols : Les vaisseaux le Guerrière, le San-Paolo, le Neptuno, le San-Francisco
d'Am, le San-Francisco de Paul, la frégate le Soledad, la corvette la Vigilante.
Première escadre : Vaisseaux : le Cisalpin, le Mont-Blanc, le Gaulois y Y Océan, monté par le vice-amiral Villaret- Joyeuse, le Patriote, le Jean Jacques Rousseau. — Frégates : VUranie, la Cornélie, la Syrène. — Corvettes : la Serpente, la Diligente, la Découverte.
Seconde escadre: Vaisseaux: Y Union, Y Argonaute, le Foudroyant, monté par le contre-amiral la Touche-Tréville, Y Aigle, le Duguay- Trouin, le Héros. — Frégates : la Franchise, la Guerrière, Y Embuscade. — Corvettes : le Renard, le Tricolore.
Troisième escadre : Vaisseaux : le Watigny, la Révolution, le Scipion, monté par le contre-amiral, le Duquesne, le Jemmapes. — Frégates : Y Infatigable, la Vertu, la Valeureuse. — Corvettes : la Mignonne, le Poisson-Volant.
Escadre légère : Vaisseaux bataves : le Rrutus, le Neptune, le Jean4e-Witt. — Frégates françaises: la Comète, la Clorinde, la Poursuivante.
Convoi : Frégates et corvettes armées en flûte : la Furieuse, la Précieuse, la FidHe, la Fraternité, la Bayonnaise. — Corvette : la Cigogne.