ARNAULT DU HALDE
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Le nom du capitaine Arnault du Halde est attaché à deux traits d'intrépide courage.
Au mois de mai 1573, à l'époque du siège de La Rochelle par le duc d'Anjou, les vivres diminuaient, le feu des remparts devenait moins vif, les assiégés commençaient à manquer de poudre. Trahi par ses alliés, au moment du combat, l'amiral comte de Montgomery avait dû battre en retraite; mais il avait chargé de munitions de guerre et de vivres, cinq petits bâtiments qui partirent d'Angleterre, sous la conduite du capitaine Meosse.
Les vents contraires et la flotte française qui croisait sur les côtes de Bretagne et de Poitou ayant empêché cet officier d'exécuter sa commission, le capitaine Arnault du Halde, pilote expérimenté, offrit au Corps-de-Ville d'introduire quelques tonneaux de blé et de poudre dans la place, et se mit en mer sur une frêle embarcation, montée par sept marins dévoués.
Quand il fut dans la baie de La Rochelle, il régla sa voilure de façon qu'on prît son navire pour un travmier,
La garde de la caraque royale lui hèle d'amener. Du Halde diminue sa voilure et approche hardiment. Tout à coup, par une manœuvre aussi prompte qu'habile, il force de rames, porte toutes ses voiles, traverse l'estacade, cingle vers La Rochelle, au bruit des batteries de l'ennemi, et, seul blessé au bras d'un coup de feu, se jette heureusement dans le port, avec son chargement de blé et de poudre.
Le duc d'Anjou, furieux de voir les Rochelais déjouer sa vigilance par leur audace, fit tomber sa colère sur les soldats de la caraque. « Le vicomte d'Uzès (ou d'Uza), dit le Père « de Blois, fut traité si rudement, pour avoir laissé passer « ce vaisseau, qu'il en mourut de chagrin. »
On sait le reste. Les Rochelais se défendirent avec tant de vigueur que le duc d'Anjou fut heureux de trouver, dans sa nomination au trône de Pologne, un prétexte pour lever le siège. Charles IX signa l'édit de pacification.
Mais cette paix fut aussi boiteuse que les précédentes. Le 23 janvier 1577, sous la mairie de Guillaume Gendrault, les Rochelais signèrent un traité d'alliance avec Henri de Bourbon, prince de Condé, et prirent les armes. Arnault eut une nouvelle occasion de se signaler.
Condé chargea le hardi marin d'aller, avec un vaisseau et trois pataches, s'informer à Royan des mouvements de l'armée de Mayenne, qui s'avançait de ce côté, dans l'intention d'assiéger Brouage.
Il fallait une fois encore se faire jour à travers la flotte ennemie. Arnault l'entreprit résolument, et, après un combat acharné, il réussit presque complètement dans sa difficile mission, ne laissant aux royalistes qu'une patache, livrée par un Basque qui la commandait.
Le capitaine rochelais vint ensuite mouiller en vue de Royan, à l'embouchure de la Gironde. Ce château, appartenant à la maison de La Trémoille, était occupé, pour le prince de Condé, par Campet, baron de Saujon.
Àrnault prit terre avec ses gens, sous les murs de la place, au moment où le duc de Mayenne venait, accompagné de Puygaillard, en reconnaître les approches. Après une légère escarmouche, qui se passa sous les yeux du capitaine Arnault, Mayenne, trouvant la place forte et bien gardée, recula devant les difficultés de l'entreprise et s'apprêta à descendre en Aunis.
Il y fut devancé par Arnault, qui revint à La Rochelle rendre compte au prince de Condé de la position où il avait trouvé les forces de terre et de mer de ses adversaires.
Ici s'arrêtent les documents sur la carrière d' Arnault du Halde.
D. Massiou, par une erreur bien excusable, mais qu'il faut pourtant signaler, fait deux personnages du capitaine Mirant, qui, monté sur une frêle embarcation, traversa en 1573 l'escadre royale, rangée en bataille devant l'estacade, et du capitaine Arnaud, qui se fit jour à travers la flotte de Mayenne en 1577 et vint débarquer à Royan. Cette inexactitude s'explique par une faute de lecture ou de transcription de manuscrits difficiles à déchiffrer.
Le P. Théodore de Blois et MM. Haag appellent notre Rochelais Arnaud et le qualifient de capitaine; le P. Arcère, d'après Barbot, le nomme Arnault du Halde, et Ed. Dupont le désigne par les mots « le capitaine Mirant. »