ACTE QUATRIÈME 23b
FERNANDE
Oui.
ROGER
Merci. (Un temps.) Voilà... c'est tout ce que je voulais vous dire... De votre côté, n'avez-vous rien à me demander ?
FERNANDE
Non!
ROGER, 1res ému.
Alors... Adieu, Fernande...
FERNANDE, très eiiiue, cllt; iiiissi, cl iiint-s une sn nmlr d'hésitation.
Adieu... Roger...
(Il se dirige vers la poric. KIU; tond les bras vers lui comme pour l'appeler... mais il sarrète el revient sur ses pas. Elle reprend son attilude i)remière.)
Ah! jusqu'à nouvel ordre, je ne iMuvieiidia pas ma mère. 11 sera toujours temps de lu apprendre cette mauvaise nouvelle. Voilà.. Voyons... je n'oublie rien? non, c'est tout. Pour nos amis, vous direz ce que bon vous semblera Chargez-moi au besoin, je n'y vois pour ma part aucun inconvénient... Et maintenant je n'ai plus
23(j LES MARIONNETTES
qu'à vous souhaiter du bonheur, de hi joie... enfin, tout ce que vous désirez... Vous voyez que je ne suis pas très... comment dirai-je? que je ne suis pas un très mauvais homme... Un autre aurait tenu, malgré tout, à une explication... il aurait voulu savoir... Moi, je ne vous questionne pas... je trouve cela inutile, pénible, et peu digne de moi. Vos réponses, d'ailleurs, ne changeraient rien à ce qui est, n'est-il pas vrai? (Et comme Fernande ne répond pas.) Mon seul regret, voyez-vous, est de vous avoir aimée au moment précis où vous ne m'aimiez plus... car je veux croire que vous m'avez aimé un peu.
FERNANDi:
Jo VOUS ai follement aimé.
ROGER
Ce que je vous reproche, c'est de m'avoir lj trompé sans élégance, sournoisement, lâchement. 11 fallait me redemander votre liberté. On ne relient pas une femme de force, je vous l'aurais donnée. Après, vous auriez agi à votre guise... Il ne fallait pas surtout me laisser me rapprocher de vous... car vous êtes trop femme pour ne pas avoir senti tout le trouble qui s'empar^iit de moi chaque fois que vos yeux se posaient sur les miens. Non, tout cela n'a pas été très joli, convenez-en !