‹ Les marionnettes, comédie en quatre actesChapitre 78 sur 141 · ACTE DEUXIÉMK · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÉMK

VAREINE

Vraiment?

Oui.

Pourquoi?

FERNANDE

VA REINE

FERNANDE

Parce que je connais le langage des fleurs.

Les miennes n'ont dû vous dire que mon profond respect. Soyez persuadée que vous avez en moi Tami le plus sûr et le plus dévoué. Ce ne sont ni vos secrets que je désire connaître, ni vos joies que je veux partager... ce sont vos peines que je vous prie de me confier... si jamais vous en avez une... Nous avons tous besoin, à certaines heures, d'être compris, consolés, et je voudrais que vous puissiez vous dire : « Je puis compter sur celui-là, car il a pour moi une amitié profonde... oui, profonde... » Voilà tout ce que je vous demande. D'ailleurs, je ne crois pas avoir jamais prononcé un mot, un seul, qui ait pu vous blesser.

FERNANDE

Les femmes n'ont rien à craindre de ceux qui

parlonl. Elles ont tout à redouter île ceux (lui se taisent.

VAREINÈ

Alors, je vais vous parler.

FERNANDE, très gaio.

Non. VA puis, après tout, vous avez raison Dites-moi donc mille choses gentilles! Diles-moi ce que les hommes savent si bien dire à toules les femmes! <jue je suis la plus jolie et la plus séduisante! Diles-moi ce que vous avez dit hier à cellf-ci et ce que vous direz domain à celle-là! Ayez Tair d'être sincère et, moi, j'uurai l'air de vous croire. Enfin, ilirtons c^imme les autres, et, comme les autres, monlons-nous la t(He! La nuit, les mensonges se voient moins, et, quand le jour viendia, nous ne nous souviendrons même plus des phrases que nous aurons échanj;ées. Ce sera la première fois que je pormellrai à un homme de me parler de très près, et ce sera la première fois aussi que je l'écouterai sans révolte. Vous voyez que j'ai fait quelques progrès. Eh bien, allez, parlez, dites-moi des mois que vous ferez semblant de penser aujourd'hui et que vous oublierez demain...

A^A REINE

Non. Je me sens incapable de débiter toutes les

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