‹ Les marionnettes de ParisChapitre 55 sur 99 · LA MÈRE · texte numérisé non relu

LA MÈRE

Le sentiment maternel n’a pas été moins largement exploité au théâtre que le sentiment paternel ; peut-être même a-t-on abusé de cette corde, si vibrante qu’elle fût.

Toutefois, nous devons le dire, la mère a été mieux traitée.

La plupart du temps elle est le type du dévouement et l’idéal de toutes les abnégations.

Du reste, la recette pour ce personnage est bien simple. En voici à peu près le composé :

1 ° Ne pas parler son rôle, mais le sangloter ;

2° Avoir le hoquet pendant toute la pièce;

3° Devenir folle au troisième acte;

4° Se périr au quatrième ;

5° Ressusciter au cinquième;

6° Tomber à genoux de temps à autre en poussant Merci, mon Dieu! bien corsé;

7 e Avoir toujours une croix dans sa poche. On ne sait pas ce qui peut arriver.

Avec cela et un peu d’adresse, on est sûr de rédiger une mère à peu près convenable.

Pour ce qui est de la mère de comédie elle est d’une nullité si parfaite que nous n’en dirons rien.

Dans les comédies en vers seulement elle a parfois une sorte de raison d’être, quand son nom arrive pour la rime; encore celte utilité de bout-rimé est-elle conteseaïqr

nota. — Ne pas confondre la mère avec la bellemère, qui, au théâtre, e est forcément l’assemblage de toutes les laideurs physiques et morales.

Page 1