‹ Les marionnettes de ParisChapitre 79 sur 99 · MORALE · texte numérisé non relu

MORALE

Dans tous les déluges et tous les cataclysmes une seule chose surnagera toujours sans le secours d’aucune Arche de Noé, et cette chose, c’est le ridicule.

Il est trois heures du matin. Dans l’un des quartiers par où a passé la trombe des démolitions. Inutile de vous dire lequel, tous jouissant pour le moment de l'égalité devant le marteau.

Le jour commence à poindre et éclaire un spectacle qui peut donner aux amateurs l’idée d’une ville prise d’assaut caves effondrées et creusant en pleine ville des précipices inattendus ; fenêtres sans vitres ouvrant sur des chambres sans hôtes ; toits croulants, cheminées chancelantes, pans de murs inclinés comme pour parodier la vieille rormmt» .omaine : Parisiens, ceux qui vont mourir vous saluent !

Au milieu de ce capharnaüm de moellons, deux maisons rapprochées par une antithèse du hasard pro-

fltent du silence nocturne pour se livrer aux charmes ' d’une conversation animée. L’une, vieux débris du passé, est à demi détruite ; l’autre, promesse de l’avenir, est à moitié construite.

la maison neuve. (T on ironique, assurance de parvenue).

Eh bien ! ma pauvre aïeule, encore deux jours et il no restera plus rien de vos antiques plâtras !

la vieille maison. (Bonhomie maligne, ton calme).

Que voulez-vous, mignonne 1 ?' On ne peut pas durer toujours. Quand vous aurez trois cents ans, si vous les avez jamais...

LA MAISON NEUVE

Et pourquoi ne les aurais-je*pas ?

LA VIEILLE MAISON

A moins que la caducité ne m’ait tout à fait enlevé la mémoire, il me semble qu’un poète — un vieux comme moi — a dit autrefois.

Le temps respecte peu ce que l’on fait sans lui.

Aujourd’hui l’on bâtit vite, c’est vrai, mais on démolit de même.

LA MAISON NEUVE

Avouez que ma jeunesse rend jalouse votre décrépitude.

LA VIEILLE MAISON

Tout le monde a été jeune, tous le monde n’a pas la chance de vieillir.

LA MAISON NEUVE

Vous Ôtes philosophe, l’ancienne?

LA VIEILLE MAISON

Pas autant que je vous souhaite de l’être; car vous en aurez besoin bientôt pour assister impassiblement aux spectacles qui vous attendent.

LA MAISON NEUVE

Que voilà bien l’éternel refrain des radoteurs. Jadis, c’était différent !

LA VIEILLE MAISON

Le nieriez-vous, quand tout à l’heure vos pierres frais taillées raillaient avec un air de protection mes antiques platras ?

LA MAISON NEUVE

Le fait est, ma bonne, que je prends en pitié les malheureux qui hantaient vos repaires enfumés.

LA VIEILLE MAISON

Peut-être pourrais-je plaindre avec plus de raison ceux qui vivent sous vos lambris dorés.

LA MAISON NEUVE

Les plaindre ? Et de quel droit ?

LA VIEILLE MAISON

Du droit de l’expérience, petite ; un droit que vous ne connaissez pas encore.

LA MAISON NEUVE

Savez-vous que je vous trouve un peu bien tran-

chante pour une maison qui a déjà deux étages dans la tombe ; c’est du reste le défaut de votre âge.

LA VIEILLE MAISON

Vous me permettrez alors de vous trouver un peu bien présomptueuse pour une maison qui ne fait que de naître ; au surplus c’est un signe de l’époque. Il n’y a plus d’enfants.

LA MAISON NEUVE

Allez, ma commère, allez, je vous pardonne. A votre place, l’envie m’en ferait dire autant.

LA VIEILLE MAISON

A la vôtre, la modestie m’inspirait un tout autre langage. Libre à vous d’être vaniteuse et de vous réjouir de votre arrivée ; libre à moi d’être résignée et de ne point regretter mon départ.

LA MAISON NEUVE

Ils sont trops verts !... Votre résignation hypocrite ne me trompe pas. On sait scs faux bonshommes par cœur.

LA VIEILLE MAISON

De même que je connais mes bambins terribles sur le bout de mon toit. Mais, parbleu, ma jeune camarade, puisque personne ne nous écoute, je veux vous donner une petite leçon...

LA MAISON NEUVE

C’est tron de générosité !

LA VIEILLE JJAISON.

Vons ne pécherez jamais par cet excès-là, ma toute belle. Vos habitants ne farderont pas à s’en apercevoir. Vous aussi, je le vois, vous avez la devise à la mode : Tout pour l'extérieur. Tel peuple, telles maisons. Dans mon temps, ce temps que vous paraissez mépriser si fort, les choses ne marchaient pas absolument de la même façon. Vous êtes l’apparence, nous étions la réalité.

Vous aimez la dorure, on vous en mettra partout ; vous raffolez de colifichets, on vous barriolera de moulures, de découpures, de fioritures. Elégance contemporaine : Ruolz et carton-pâte !

Chez moi, au contraire, vous auriez en vain cherché trace de cet or qu’on étale trop sur les corniches et qu’on a trop peu dans les poches. Ma façade, toute simplette, ne tirait pas l’œil du passant par un fouillis de vains ornements, mais un vrai sculpteur avait chiffonné au dessus de ma porte un brin de feuillage pas plus grand que cela que les connaisseurs admiraient en hochant la tête.

Vous menacerez le ciel de vos six étages, enjolivés d'un sous-sol et d’un entre-sol. Je me contentais de quatre et je n’eusse point imaginé de loger les gens dans une cave.

LA MAISON NEUVE

Vous ne comprenez rien au progrès. Un immeuble...

LA VIELLE MAISON

— Permettez. L’heure s’avance, les Limousins ne tarderont point à arriver, Iaissez-raoi mettre à profit mes derniers moments. Je vous ai parlé du dehors.

Que serait-ce si je pénétrais dans votre dédale de pièces à compartiments?

Soixante appariements, y compris les fenêtres à tabatière. Chez moi, on n’en comptait que dix, mais au lieu de ces tiroirs de famille dans lesquels nos modernes Parisiens serrent leurs femmes et leurs enfants, c’étaient ,de bonnes larges chambres où se carraient à l’aise les vastes meubles héréditaires.

Mes plafonds ne portaient pas rosaces, mais ils laissaient circuler l’air à pleins poumons et la lumière à pleins rayons.

Mon portier ne s’intitulait pas concierge, mais il saluait ses locataires et ne mettait pas sa fille au Conservatoire.

LA MAISON NEUVE

Encore une fois, je...

LA VIEILLE MAISON

Eh 1 morbleu, ne m’interrompez pas, vous avez voulu entendre la vérité, vous l’entendrez jusqu’au bout. Sans doute, vous me trouverez bien mauvaise commerçante, lorsque vous saurez que je n’augmentais pas à chaque trimestre le prix de mes loyers, mais, en revanche, jamais, pour arracher ce prix modique, je n’eus besoin du ministère des huissiers.

On payait peu, mais on payait bien. La loyauté appelait la loyauté. On vieillissait dans la même maison, au milieu de ses habitudes, de ses souvenirs, de ses traditions ! chacun à son rang, chacun à ses devoirs. *

Au premier, la richesse laborieusement acquise, ou transmise par les ancêtres; au second, le brave bourgeois, insoucieux du faux luxe et ne spéculant pas sur les actions de chemins de fer qui étaient encore à inventer ; au troisième, l’artisan probe et travailleur; sous les toits, les pauvres gens sans envie pour une fortune qui ne les écrasait pas de sps dédains.

Quand le premier rencontrait le second, il ne passait pas hautain et égoïste. Il s’arrêtait, s’informait avec bienveillance de la santé de madame, caressait les gamins, parfois même échangeait une poignée de main cordiale.

Et ainsi, du haut en bas régnait une confraternité que vous ne connaîtrez pas.

Maintenant, en effet, chacun vit chez soi, chacun vit pour soi. Si l’on pénètre dans l’intérieur du voisin, c’est par l’œil inquisitorial du domestique qui traduit en calomnies les renseignements qu’il a pu surprendre.

* Vous verrez, je le sais, se pavaner entre vos murailles étriquées le velours et la soie, les cristaux et les * glaces. Tout croquant veut avoir du vieux Sèvres et un piano. Les pianos étaient rares de mon temps, et je ne m’en plaignais pas. Le velours était remplacé par l'humble serge et la mousseline modeste ; mais serge et mousseline étaient soldés d’avance au marchand qui

ne venait point le matin frapper à l’hais pour réclamer son dû.

Tenez, ma belle orgueilleuse, voulez-vous que d’un mot je résume la question?

Autrefois, on commençait par la mansarde ; on était jeune, on était ardent à la tâche. Quand à force d’économies on avait amassé un petit capital, on descendait un étage. Dix ans après, on en descendait un autre; puis, si la chance secondait la volonté, quand venait la vieillesse, on se reposait au premier des fatigues d’une vie bien remplie.

Aujourd’hui, on a changé tout cela.

Clic ! clac ! A grandes guides sur la route de la spéculation!

11 faut éblouir, il faut paraître, il faut recevoir. Bureaux et caisse à droite, grand salon à gauche. Beaucoup vont jusqu’à la remise fet l’écurie.

Dans les bureaux, il y a des registres blancs; dans la caisse, rien; dans le grand salon des splendeurs de louage, dans l’écurie et la remise, cheval et voiture à crédit.

Les spéculations, cependant, n’ont pas été heureuses ; on a perdu beaucoup d’argent,— l’argent des autres surtout.— On monte un étage, on en monte un second, un troisième...

C’est par en bas qu’on a commencé, c’est par la man- . sarde qu'on finit.

Et vous voudriez, petite, que je regrettasse de quitter un monde où les choses vont de ce train. Que nenni, par ma foi ! les vieillards sont gens de routine.

J’aimais mieux, ma mie, ô gué, j'aimais mieux ma mie !

Les Parisiens et moi, nous ne nous entendons plus Je suis trop sage pour eux, ils sont trop fous pour moi.

Si l’expropriation ne m’avait jetée à bas, j’aurais peut-être été forcée de suivre le courant et d’augmenter mes vieux hôtes, mes vieux amis.

Peut-être aurais-je vu les enfants qui ont grandi sous mon toit se lancer à leur tour dans les chemins de tra- * verse.

Allons donc! mieux vaut céder la place aux autres. Vous arrivez, je m’en vais.

Tout ce que je vous souhaite c’est , quand vous partirez , comme moi , d’avoir une conscience aussi nette, des souvenirs aussi purs et des planchers aussi solides!

J’ai dit 1 Sans rancune, ma jeunesse. Voici les démolisseurs qui viennent. II est cinq heures.

Encore quelques coups de pioche et vous serez délivrée de mes bavardages importuns et de mon gênant voisinage...

A ces mots, la vieille maison se tut ; la maison neuve, que cette verte semonce avait plongée dans de profondes réflexions, gardait aussi le silence.

On n’entendit bientôt que le bruit des marteaux qui retentissaient comme le glas d’adieu de cette survivante d’une époque engloutie.

Alphonse Karr , un esprit qui met d’ordinaire la fantaisie au service du bon sens, a consacré quelque part un chapitre aux horloges, — le pendant du chapitre dés chapeaux d’Aristote.

Cette fois-là, par hasard, Alphonse Karr n’a cherché et trouvé dans le paradoxe... que le paradoxe.

t Les horloges sont des tyrans. A bas les tyrans et les horloges! Vive l’ignorance du temps qui fait l’indépendance de la vie! »

Voilà qui est bientôt dit. Malheureusement la réalité est l’ennemie née de la fantaisie.

Rien de plus cruel que de ne pouvoir se répondre quand on se demande : Quelle heure est-il ?

Quelle heure est-il? Mais c’est là le mot fondamental de l’existence et surtout de l’existence parisienne. Tittu is monney , le temps est un capital dont les horloges . sont à la fois les porte-monnaie et les caissiers. Gommeni établir son budget sans savoir s’il y a du déficit ou des économies? : -

Quand on n’en peut mesurer la dorée, le bonheur semble plus court, le chagrin plus loDg, la fatigue plus pénible, l’ennui plus interminable. Pour un prisonnier qui n’entend pas sonner l’heure, les jours sont des mois et les mois des années.

Dieu vous garde, amis et ennemis, de la suppresion des horloges rêvée par Alphonse Karr comme un avantgoût du paradis ! Car, je le déclare, je ne saurais comprendre l’éternité môme des bienheureux sans un cadran gigantesqué de quelque Bréguet céleste, garanti plusieurs milliards d’années, et destiné à leur faire savourer leur félicité en en évaluant le cours.

Cette profession de foi achevée, je n’aurai nulle peine à intéresser le lecteur à mes souffrances quand je lui apprendrai que j’habitais en ... une chambre, sur la cheminée de laquelle ne figurait pas le moindre chronomètre.

Pour comble de mauvaise fortune, aucune horloge publique ne -se faisait entendre aux alentours. J’étais forcé de vivre à tâtons.

Triste vie en vérité! Grâce à elle, j’avais déjà manqué vingt rendez-vous, commis trente impolitesses et dévoré cent accès de colère. Tantôt je me levais à six heures du matin quand je n’avais rien à faire, tantôt je me réveillais à midi le jour où j’avais besoin d’être matinal.

Je déjeunais le lundi à l’heure du dîner; le mardi, je partais pour aller dîner en ville au moment où mes amphy trions achevaient de déjeuner.

J’était devenu le martyr de l’inexactitude.

Ajoutons à cela que jamais le soleil ne visitait mon domicile entouré par un cordon peu sanitaire de hautes murailles. Pas môme la ressource d’un cadran solaire. La situation n’était plus tenable et je cherchais chaque jour, de la pensée et des yeux, un moyen d’y porter remède, si bien qu’à force de regarder de ci et de là je finis par remarquer qu’une fenêtre, placée en face de la mienne, s’ouvrait tous les matins.

Fier de ma découverte autant que Christophe Colomb put l’être de la sienne, je poursuivis le cours de mes observations et j’acquis bientôt la certitude que la fenêtre s’ouvrait ponctuellement à la même heure.

Ce lut là mon début dans l’horlogerie économique.

Naturellement je ne devais pas en rester là , je continuai mon apprentisage.

Je sus après quelques jours construire une horloge de toutes pièces.

En d'autres termes, je m’assurai que le vis-à-vis qui me tenait lieu de mouvement marquait sept heures du malin en se levant, dix heures en déjeunant, midi en descendant faire ses provisions, deux heures en recevant la visite d’un garçon de magasin qui lui apportait de l’ouvrage, quatre heures en savourant un morceau de pain, sept heures en dînant et dix heures du soir en éteignant sa lumière.

Les intervalles étaient remplis par un travail assidu. Le travail disait honnêteté, l'appétit disait jeunesse.

Décidément j’avais là un excellent régulateur.

Une fois mon horloge construite, l’envie me prit, comme de raison, d’en étudier les détails.

Mon mouvement — pardon — mon vis-à-vis était une jeune voisine. Vingt ans, brune et les plus jolis yeux du monde : horloge montée sur diamant. Du matin au soir elle tressait des couronnrs'de fleurs , des bouquets, des

parures. Personne, excepté le garçon de magasin, ne venait la distraire de ses laborieuses préoccupations. Et la besogne marchait toujours.

Et moi, sans m'en rendre compte, je me mis à admirer les vingt ans, les cheveux bruns et les yeux montés surdiamant.

De sorte qu’au bout d’une semaine je regardais l’heure toutes les cinq minutes.

Chose singulière ! depuis que j’avais une horloge, j’étais dix fois plus inexact qu’auparavant.

Je ne sortais plus, je ne travaillais guère, màis en revanche je ne perdais aucune des évolutions de mon gentil balancier.

Le matin on faisait son ménage, ah ! mais! d’un ordre à rendre jalouses toutes les Flandres réunies. Puis les rideaux se fermaient! Diables de rideaux!... Un moment après on reparaissait en toilette de travail, une toilette coquette à force de simplicilé.

Le reste de la journée s’en suivait. Parfois la musique sc mettait de la partie , — une horloge à musique, rien que cela! — Et un refrain joyeux arrivait à mes oreilles.

Aussi quand venait le soir et que la lumière disparaissait à la fenêtre, il me semblait toujours que mon horloge avançait.

Ah ! si j’étais feuilletoniste breveté, que de suites au prochain numéro je vous ménagerais!

Mais, comme vous ne me suivriez peut-être pas, dans le doute je m’abstiendrai.

A plusieurs reprises nos regards s’étaient rencontrés et celui de mon vis-à-vis s’était baissé sur-le-champ.

Quoique le regrettant, j’étais bien aise qu’il en fût ainsi. Toutefois la curiosité n’y perdit rien.

Donnez qne montre à un enfant et son premier soin sera de l’ouvrir au risque de la casser pour voir le mystère qu’elle contient. Je fis comme les enfants.

Un malin, à l’heure où elle descendait suivant son habitude, je Ta guettai. Depuis longtemps j’étais préparé à l’aventure.

Pourtant, quand j’entendis sa porte se refermer, j’eus un moment d’hésitation.

— Si elle allait s’offenser... Bah! c’est absurde 1... Rien de plus naturel... Le hasard peut nous faire rencontrer... Bien plus, il le doit... D’ailleurs je ne lui parlerai pas... Mais en passant dois-je la saluer?... Si oui, elle le trouvera peut-être singulier... Si non, je risque de paraître impoli... Ciel! elle est déjà au premier étage I Courons, ouil sera trop tard.

. Je courus et je la rejoignis soùs la porte cochère.

F.t tandis que je m’effaçais sa robe frôla mon bras, ses

yeux se relevèrent sur moi. Il me sembla môme qu’elle avait légèrement rougi.

Ce jour-là, ce fut mon cœur qui sonna midi.

Parenthèse: Cela s’appelle être amoureux, — un nom stupide pour une chose charmante. — Je ferme la parenthèse.

Quatre ou cinq fois, depuis notre première rencontre, j'avais emprunté au hasard les mêmes oc^sions. Elle n’avait pas l’air d’y prendre garde.

Au contraire, elle paraissait éviter avec affectation de tourner la tête de mon côté. Cependant elle était rêveuse. Quelquefois la main retombait inactive, le front se penchait.

Était-ce moi qui causais ces...? J’avoue que ma présomption m’engageait à le supposer.

Croyez donc à la présomption... et aux horloges!

Un jour, — t’en souviens-tu? — je venais de me lever et je m’étais hâté d’aller regarder l’heure.

La fenêtre était close. J’attendis, j’attendis encore. L’anxiété s’emparait de moi. Serait-elle malade? Elle parut enfin. Je respirai.

sa LES MARIONNETTES DE PARI3

Mais, au Heu de se mettre au travail, elle lui et relut une lettre, puis elle sortit.

Tout le jour, je restai désheuré et désœuvré. Le soir, elle n’était pas rentrée et ne rentra que dans la nuit.

Le lendemain j’espérais une revanche. Le lendemain ie passa de même que la veille, de même que les jours suivants pendant une semaine.

Le dimanche de celte semaine maudite, ennuyé, assombri, je m’acheminai vers un bal du voisinage.

En entrant je me trouvai en face d’elle. Un monsieur lui donnait le bras, et elle avait une robe de soie.

Hélas! hélas 1 mon horloge était dérangée à jamais ?

Dans l'emportement de ma première douleur, j’ai pris un grand parti : j‘ai acheté une montre.

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