‹ Les marionnettes du diable (volume 2)Chapitre 7 sur 9 · CHAPITRE DIX-HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIEME

Une grande comédienne.

La mulâtresse, — avons-nous dit, — entra brusquement.

Sa figure olivâtre et expressive, qui conservait encore quelques traces d'une beauté flétrie, semblait décomposée par une émotion violente.

i92 LES MARIONNETTES

— Eh bien! nourrice, — lui demanda Carmen, — qu'y a-t-il donc? — Je ne t'ai point appelée....

— Chut!! — murmura la femme de couleur en appuyant son doigt sur ses lèvres pour conseiller ou plutôt pour commander le silence*

Puis elle ajouta d'une voix trèsbasse ;

— Il vient.», il me suit... — peut-être a-t-il des soupçons... — Dans quelques secondes, tout serait perdu....

Une profonde terreur se peignit aussitôt sur le visage de la jeune fille. — EUo s'éiança du hamac dans lequel elle était couchée.

La mulâtresse saisit alors la main de Tancrède.

— Yenez, senor... hâtons-nous!.. ~ lui dit-elle.

Et elle l'entraîna vers l'une des portes de la chambre.

Le Français, en proie à une stupeur facile à comprendre, se retourna du

Page 1