‹ Les marionnettes du diable (volume 4)Chapitre 12 sur 21 · B LES MARIONNETTES · texte numérisé non relu

B LES MARIONNETTES

— Je vous rf^mercie , senor, — fit l'armaleur en s'eftbrçaut de dominer l'émotion que lui causaient la vue et le contact de cet objet, — et j'espère que pendant le temps de votre séjour à la Havane vous n'aurez pas d'autre maijson que la mienne...

— J'accepterais cette offre do bi«n grand cœur, — répliqua le capitaine, — mais mon intention est de remettre à la voile ce soir même.

Don José ouvrit un coffret placé dans une armoire de boule. — Il y prit une

bague en diamants, d'une] grande valeur, et il la présenta au capitaine en lui disant :

— Permettez-moi du moins do vous offrir cette babiole, et faites-moi le plaisir de la porter comme témoignage de ma reconnaissance pour le service que vous venez de me rendre.

Le marin ne fit aucune difficulté pour accepter, et il quitta José Rovéro, en bénissant l'heureuse étoile qui avait permis à son navire de rencontrer le Marsouin du Ilâvre.

180 LES MAUIONNETTES

Don José, resté seul, alla s'enfermer de nouveau da: s sa chambre, avec ce paquet qui brûlait ses dQigts.

11 rompit les cachets d'une main fiévreuse. — La première enveloppe renfermait une petite boîte. — Cette boîte contenait une lettre.

Voici ce qu'il lut :

« De tous les malheurs que tu m'annonces, mon frère José, un seul me touche véritablement, c'est ton état de cruelle souffrance, — mais je ne veux

pas croire à la prédiction funeste de ton centenaire brésilien. — Cet homme est un sauvage, bien qu'il soit un savant, dis-tu.., — Nous avons en France de grands médecins qui en savent phis long que lui et qui te guériront, je te le promets, et qui te guériront bien vite, car je t'attends au Havre dans le plus bref délai, avec ta chère Annunziata.

«Quant à tes inquiétudes pécuniaires, elles sont insensées, permets-moi de te le dire l . . — Tu dois deux millions ! . . — Qu'est-ce que cela?.. — Est-ce que mes millions ne sont pas à toi, mon bon

José?.. — Décidément tu perds la tête et la mémoire !

» Voici de quelle façon nous allons arranger l'avenir ; — Un liquidateur de ton choix partira pour la Havane aussitôt que tu seras arrivé en France. — 11 réglera toutes tes affaires et payera ces deux pauvres millions à propos desquels tu te tourmentes si follement ! —Ceci fait, tu redeviendras pour la troisième fois mon associé et nous ne nous quitterons plus...

> Non, nous ne nous quittons plus!..

— Et comment donc pourrions-nous désormais nous séparer, puisque nous ne serons qu'une seule et même famille?..

» José, — mon vieil ami, — mon frère, — j'ai l'honneur de te demander, pour mon fils Olivier, la main de ta fille Annunziaia...

> Philippe Lb Vaillant. »

Don José poussa un cçj et tomba de toute sa hauteur et sans connaissance sur le parquet de sa chambre.

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