‹ Les marionnettes du diable (volume 5)Chapitre 12 sur 32 · Ô8 LES MARIONNETTES · texte numérisé non relu

Ô8 LES MARIONNETTES

sillon, en un endroit que nous devons nous abstenir de signaler.

Don RamirezMazatlan, colonel mexicain, venait de conquérir une de ces blessures dont les cicatrices ne sont pas précisément des certificats d'héroïsme!...

Désormais il possédait le droit de dire, à peu près comme le marquis de Mascarille dans les Précieuses ridicules, en mettant la main sur les aiguillettes de son haut-de-chausses :

— Je vais vous montrer la trace d'un furieux coup d'épée, qui m'aurait pu frapper au cœur... si je n'avais eu le dos tourné...

Lorsque le colonel eut disparu dans ies ténèbres par-dessus la clôture si vigoureusement franchie, les joueurs, rassemblés pour assister au- combat dont le burlesque dénouement trompait cruellement leur attente , poussèrent une immense clameur pareille à celles qui s'élèvent dans les cirques espagnols lorsque les taureaux épouvantés reçu-

lent dans l'arène au lieu de se précipiter avec une rage furibonde sur les picadores à cheval et la lance à la main.

Cette unanime et multiple exclamation de colère et de mépris fut si violente que les grandes chauve- souris vampires qui frôlaient du bout de leurs ailes membraneuses les lanternes suspendues aux arbres, s'envolèrent épouvantées pour ne plus revenir de la nuit.

Deux ou trois personnes coururent à la porte du jardin , l'ouvrirent et regar-

décent dans la nie, avec l'intention bien arrêtée de poursuivre le colonel Ramirez, de le rejoindre et de le ramener de gré ou de force.

Mais la rue était sombre et déserte.

- Sans doute le fugitif avait déjà gagné la Çaïa de IVbispo.

On dut renoncer à lui donner la

chasse.

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