M) LES MARIONNETTES
un pas, — puis deux, — il atteignit l'entrée du zagal, et, se hasardant a passer sa tête au dehors avec des précautions infinies, il explora du regard les profondeurs de la ruelle.
Tout était sombre, silencieux et désert.
Le colonel prit le temps de se convaincre que bien évidemment son adversaire ne se cachait point dans quelqu'enfoncement obscur, pour l'épier et pour le surprendre.
Une lueur fauve rayonna dans ses prunelles phosphorescentes :
— Il n'a pas osé me poursuivre plus longtemps !.. — -murmura-t-il, — je suis sauvé !. — rien ne m'empêche, maintenant, de regagner mon logis...
Il allait quitter la maison, — mais soudain une réflexion l'arrêta.
— Ah ! — se dit-il, — j'aurai ma revanche ! ! — il ne pense plus à moi, ce Français maudit .' — il est tranquille et
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sans défiance '. —il a gagné ce soir une somme énorme, et tout à l'henre, sans doute, il passera devant cette maison en emportant son or !. .
Un sourire d'une expression féroce et sinistre crispa les lèvres du Mexicain, qui, s'adossant à l'un des montants de la porte, resta debout et immobile dans l'ombre du zagal, sa gigantesque épée à la main.
La hideuse silhouette du bandit se noyait dans les ténèbres environnantes.
DU DIABLE. I9y
Rien ne révélait la présence de ce lâche assassin attendant sa victime.
A deux cents pas de lui se trouvaient Carmen et Morales, ayant, eux aussi, l'oreille et l'œil aux aguets.
Une heure s'écoula.
Au bout de ce temps Carmen tressaillit de nouveau.
Elle venait d'enteadre la voix du Français fredonnant l'air d'une chanson-