‹ Les marionnettesChapitre 12 sur 31 · LES LIVRES DE C I ASSE · texte numérisé non relu

LES LIVRES DE C I ASSE

bauvin. — Oui. Qu'est-ce que vous allez encore nous inventer ?

madame bauvin. — Je ne suis pas tranquille. Avec vous on ne sait jamais où Ton va.

l'ami. — N'ayez pas peur. Laissez-moi tout bonnement, pendant quelques instants, interr André et Jeanne.

madame s vvollet. — Ah parbleu ! vous allez les interroger à votre façon?

l'ami. — Sans doute.

madame bauvin. — Et puis quoi ! qu'est-ce que ça prouvera?

p. w vin. — Où voulez-vous en venir?

l'ami. — Vous allez voir. Ne soyez pas impatients. Je commence par André. Viens ici, mon petit homme. Tu t'appelles André Bauvin ?

wDKÉ. — Oui, monsieur.

i ami. — Qu'est-ce que fait ton papa?

bauvin. — C'est ridicule, mon cher, votre interrogatoire.

l'ami, à Bauvin. — Non, ne croyez pas ça. Ne m'interrompez pas.

andré. — Il est sous-directeur de la compagnie d'assurances {'Albatros,

LES M A Ul ON X ETTES

l'ami. — Parfaitement répondu. Quel âge as-tu ?

andré. — Onze ans.

l'ami. — Qu'est-ce que tu veux être plus tard?

andré. — Je veux être peintre, dessiner des tableaux, pour faire le portrait de tous mes parents et de mes amis.

rauvin. — Jamais!

l'ami, à André. — Tes parents savent que tu aimes la peinture et les tableaux ?

andré. — Oh ! oui !

l'ami. — Est-ce que tu dessines? T'apprendon le dessin?

andré. — Oh! non !

l'ami. — As-tu été dans un musée?

andré. — Qu'est-ce que c'est que ça? Il y a des tableaux?

l'ami. — Oui. Réponds-moi encore. Tes professeurs, tes maîtres, à ta pension... est-ce qu'ils savent ton goût pour le dessin et la peinture ?

andré. — Je leur ai dit, mais ça leur est bien égal.

L'AMi. Parfait.

LES II vi; BS DE CLASSE ">7

BAUVIN, à son (uni. — Vraiment, mon cher, c<t le conversation... De quoi avons-nous l'air, ses parents?

madame r» au vin. — Nous ne pouvons pas plus longtemps...

l'ami. — Ça va finir. Une seconde.^ André.) Ce mois dernier, qu'est-ce qu'on t'a appris ?

andhé. — Ce qu'on m'a appris?

l'ami. — Oui.

André. — Tout. L'histoire, la littérature, la géographie, la cosmog...

l'ami. — Par exemple, en géographie, quoi?

ANDRÉ. — Tout.

l'ami. — Eh bien, peux-tu me parler de la Loire ?

andré. — La Loire. Ah! je sais que c'est un grand fleuve, en France...

l'ami. — C'est déjà quelque chose. Bravo.

andré. — Mais nous n'avons pas appris la Loire.

l'ami, — Tu m'étonnes ?

andrk. — Non. Ça n'est pas dans mon livre.

l'ami. — Qu'est-ce que vous avez appris alors ?

andhé, cherchant. — La Suéde

58 LÈS MAI! lo.\ NETTES

l'a mi. — Parle-moi de la Suède?

andré, récitant. — La Suède avait acquis' durant cette période l'Esthonie, l'Ingrie, la Carélie.,.

l'a m i . — Hein ? Qu'est-ce que tu me racontes* là?

andré. — La Suède, monsieur. Ça me revient. C'est la géographie politique de l'Europe en 1648.

l'ami. — Et tu ne sais pas la Loire?

andré. — Non, monsieur. Plus tard, quand je serai grand.

l'ami. — Et la Seine où prend-elle sa source?

andré, fier. — A Paris; tiens!

bauvin, furieux. — André, voyons?

madame bauvin, à son fils. — C'est pas possible! Tu le fais exprès, pour nous taquiner?

l'ami, aux parents. — Ne le bousculez pas. Je vous assure qu'il ne le fait pas exprès.

bauvin, à son ami. — Enfin, cessez de votre côté; vous nous contrariez.

l'ami. — Un dernier mot; la littérature! Si vous saviez ce que je suis heureux en ce moment-ci ! (A André.) Qu'est-ce que tu sais en littérature?

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