‹ Les marionnettesChapitre 17 sur 31 · ALICE. — OÙ · texte numérisé non relu

ALICE. — OÙ

André. — En Hollande?

alice. — A cause de l'art, des musées?

andré. — Non, parce que le pays est plat et que les routes sont admirables.

alice. — Sans doute. Où avais-je l'esprit? Et vos impressions sur cette Hollande?

andré. — Très vagues, très effacées. On va si vite, on ne fait que traverser, on n'a pas le temps. Et puis, il faut vous dire que, deux lieues avant Rotterdam, à la suite d'un chaud et froid, j'ai pincé une fluxion de poitrine qui m'a tenu six semaines à l'hôtel, dans une chambre de douleur. Alors, nécessairement, j'ai très mal vu Rotterdam et les environs.

alice. — Comme l'exercice de la bicyclette est dangereux, tout de même!

andré. — Oui, mais ça ne fait rien. Malgré tout, c'est bien sain et bien hygiénique. Mes parents en font. Tous les miens. Les vôtres aussi?

alice. — Aussi. Sauf bon-papa qui n'a pas pu continuer, à cause de son grand âge. Il avait commencé.

andré. — Pourquoi s'est-il arrêté?

Alice. — Il s'est cassé la jambe droite à la troisième leçon.

andré. — Ah! Mais il est guéri, j'espère?

alice. — Complètement.

andré. — Alors. Il faut qu'il s'y remette.

alice. — C'est ce que nous lui avons tous dit : « Ça te fera beaucoup de bien. » Mais il se tâte, il n'ose pas.

andré. — A cause?

alice. — Il a peur de se casser l'autre.

andré. — Jambe?

alice. — Oui.

andré. — C'est de la poltronnerie. Quel âge a-t-il ?

alice. — Soixante-dix-sept ans.

andré. — C'est le bel âge pour pédaler. Un ii vieillard en cheveux blancs, bien d'aplomb sur ses deux pneu... je ne connais rien de plus joli à l'œil.

alice. — Vous n'êtes pas sérieux!

andré. — Dites que je suis gai, que je suis fou. Excès de joie. Ah ! l'amour, mademoiselle, il est en nous et avec nous, cet après-midi. C'est lui qui chante en nos cœurs et nous rend poètes.

alice. — C'est vrai. Je l'entends.

André. — Croyez-vous que vos parents consentiront à notre union? Moi, je réponds des miens. Ils m'ont toujours obéi.

alice. — Je pense qu'ils ne feront aucune difficulté. Nos fortunes sont à peu près égales, gagnées toutes deux honorablement, par mon père dans les démolitions.

andré. — Par le mien dans les denrées.

alice. — Tout nous sourit. Et puis, je suis très instruite, vous savez? J'ai fait mes classes au lycée Renan. J'ai eu mes diplômes, un prix de gymnastique, et je parle le norvégien. Je voulais faire un peu de médecine; maman qui a encore de vieux préjugés n'a pas trouvé que ce fût convenable, et elle s'est mise en travers; alors, par respect, je me suis inclinée. Mais j'en ferai quand nous serons mariés. Et puis de la chirurgie.

andré. — Non. J'aime autant pas.

alice. — Avec vous? Ensemble?

andré. — Non plus. Je préfère autre chose. Un autre passe-temps.

alice. — Soit. Mais alors nous irons à toutes les premières de l' Opéra-Libre, la nouvelle machine que vient de lancer Antoine?

and ni:. — Ça, nous irons, je vous le promets! El j'ai idée que cane sera pas embêtant. Vous aimez la musique?

alice. — Beaucoup. J'aime tout ce qui demande un effort d'esprit. Parce que je suis avant tout une cérébrale.

andré . — Et moi, un sentimental, un tendre. Nous nous compléterons bien. Ah! mademoiselle, chère madem...

alice. — Chut! Pédalons. Cette fois-ci, je ne ris plus. Mon compteur marque vingt-huit kilomètres. Nous en avons encore quatorze à couvrir avant de rentrer dîner. Chauffons.

andré. — Chauffons 1 Mais, que de chemin parcouru, mademoiselle Surtout dans nos cœurs.

alice. — Je ne vous écoute plus. Temps pour tout. L'heure des roucoulades est passée. C'est convenu; je serai votre femme. Pour le moment, voilà une jolie petite descente, au sortir du bois. J'emballe. Qui m'aime me suive!

andré. — J'en suis. (Ils volent, s'éloignent, et on ne les voit déjà plus.)

A M. Edouard Iiod.

pont-orangis, trente-huit ans.

i 1:1 il lard et, trente-cinq ans.

ma rouille, vingt-un ans.

le libraire hector, cinquante-cinq ans.

joseph, un commis.

L'après-midi, dans le magasin d'Hector, pas loin du boulevard, Pont-Orangis et Feuillardet entrent ensemble.

feuillardet. — Bonjour, Hector.

pont-orangis. — Salut, Hector.

HECTOR, à Pont-Orangis. — Bonjour, mon-

sieur le comte. (A Feuillardet.) Bonjour, monsieur Feuillardet.

pont-orangis. — Hector, nous venons officier dans votre sanctuaire.

hector. — Vous êtes chez vous, monsieur le comte.

feuillardet. — Oui, nous venons nous approvisionner, nous meubler le cerveau.

hector. — A la bonne heure!

feuillardet. — Vous savez que nous sommes des bons, nous ?

hector. — Certes.

pont-orangis. — On prétend que nous autres, les classes élevées, les classes instruites, nous menons une vie d'ignorants, et ne nous tenons au courant de rien ! Ce sont les journalistes qui font exprès de répandre ce bruit-là,

hector. — En voilà une bêtise! Il n'y a qu'à regarder les notes que vous faites chez moi.

pont-orangis. — En effet,- ça nous coûte assez cher les bouquins !

hector. — Seulement ça n'est pas de l'argent perdu.

feuillardet. — Surtout pour vous, Hector.

hector. — Oh moi! Ne parlons pas de moi, allez. Parce que, au point où en sont les affaires, ce n'est pas bien brillant !

pont-orangis. — Taisez-vous donc. Vous arrondissez votre petite pelote.

hector. — Oh! elle est jolie, ma pelote. Sapristi !

feuillardet. — Maisoui. On vous connaît. Les éditeurs, les libraires, tout ce monde-là, vous geignez toujours, vous passez votre temps à pleurnicher. Et en attendant, la boutique...

HECTOR, rectifiant. — Le magasin, si ça vous est égal.

feuillardet. — Oui , là, le magasin ne désemplit pas de la journée, et vous faites des affaires d'or.

hector. — Pas tant que cela. D'abord, les trois quarts des gens qui entrent ici, c'est pour causer, tout simplement, pour me demander mon avis sur les événements, la politique, le théâtre.

pont-orangis, pince-sans-rire. — Et j'espère que vous le leur donnez, Hector?

HECTOR. — 11 faut bien. Mais je préférerais qu'ils achètent.

pont-orangis. — ... Tassent... qu'ils achetassent.

HECTOR. — Oh !

pont-orangis. — Ah! je suis un puriste. Je tiens à ce qu'on parle français, Hector. Et pais, je vous le répète, cessez de vous lamenter ; Feuillardet et moi, ça ne nous émeut pas.

feuillardet. — Pas l'ombre.

pont-orangis. — D'ailleurs, assez jasé.

Travaillons.

feuillardet. — Pardon. Qui est-ce qui commence, de nous deux?

pont-orangis. — Je ne comprends pas.

feuillardet. — Lequel de nous deux accapare Hector, le premier ?

pont-orangis. — Mais... je ne sais pas. Moi, si tu le permets?

feuillardet, bougon. — Bon, bon.

pont-orangis. — Ça t'ennuie? Tu es pressé? Pressé de quoi?

feuillardet. — Mais, non. Seulement, ne sois pas trop long. Ça dure toujours des éternités. Tu ne peux pas te décider en cinq minutes.

pont-orangis. — Tant pis. Je suis comme ça. Et puis, les livres, mon cher ami, ça ne s'achète pas proust-proust, comme du beurre. Non, c'est une chose grave, il faut réfléchir, peser.

feuillardet. — Eh bien! pèse donc vite, pour que ça soit fini plus tôt.

Hector, à Pont-Orangis — Monsieur le comte, je suis tout à vous.

pont-orangis, qui s'assoit. — Qu'est-ce que vous avez à m'offrir?

hecïor. — D'abord, une très belle chose, que je crois de nature à vous intéresser.

pont-orangis. — C'est?

hector. — Un joli Arétin.

feuillardet, distraitement, du bout du magasin où il furette. — Le peintre ?

pont-orangis. — Pauvre ami! Tu en es là.

feuillardet. — Ah! oui ! Pardon. Je confondais avec un autre. L'Arétin est un philosophe. Je ne connais que lui. Parbleu !

pont-orangis. — C'est même un philosophe aimable. Oh ! mais il faut prendre garde, Feuillardet. (A Hector.) Et qu'est-ce que c'est que votre Arétin ?

hector. — Une très belle édition italienne.

feuillardet, à Pout-Orangis. — Tu sais donc l'italien?

pont-orangis. — Non. Mais, qu'est-ce que ça fait?

feuillardet. — Ah! oui. T'as déjà lu l'Arétin en français.

pont-orangis. — Jamais.

feuillardet. — Alors?

pont-orangis. Alors, c'est pour la reliure, imbécile.

hector, à Feuillardet. — Monsieur le comte prise avant tout la reliure.

feuillardet, à P ont-Or angis. — Tu m'en diras tant !

hector, montrant le livre à Pont-Orangis. — Tenez, le voici. (Lisant auparavant le titre écrit sur un papier introduit dans le volume et qui dépasse.) capricciosi e piacevoli ragionamenti di pietri aretino...

pont-orangis, arrêtant Hector. — Assez!

(A Feuillardet.) Et tu voudrais me faire avaler ça ! Ah non ! Prêtez -moi, que je regarde la reliure?... (Il la regarde.) Gentille.

hector. — Derome.

pont-orangis. — Je vois bien. Je l'avais reconnu. Je le prends. Et puis? C'est tout?

hector. — Non. Voilà du nanan. (Il va chercher dans un coin un petit livre.)

pont-orangis. — Quès aco?

hector. — Vous ne croyez pas si bien dire.

(Il Ut.) CRONICA DEL MUY ESFORZADO CARAL- LERO EL CID RUY DIAZ CAMPEADOR.

feuillardet, à Pont-Orangis. — Tu sais donc l'espagnol?

PONT-ORANGIS. — Non.

n:uiLLARDET. — Parfait. Ça continue.

pont-orangis. — Ah! cesse de m'embêter, hein ! C'est assommant, avec toi. On ne peut pas lire et étudier un peu sérieusement, sans que tu viennes nous troubler.

feuillardet, à Hector. — Faites-moi voir ce Campeador.

pont-orangis, supposant, à Hector. — Non, je vous défends de le lui donner. (A Feuillardet.) Ça n'est pas ton genre, pas ton époque, ce t pas pour toi. (Il le prend et l'inspecte avec amour.) Beau rouge de maroquin, fers charmants...

hector. — Et l'intérieur? Vous n'avez pas vu la doublure, les compartiments?

pont-orangis. — Aïe, c'est embêtant, ça. Il faut que je l'ouvre, alors?

feuillardet. — Mais, dame! Tu es malade.

pont-orangis. — Tais-toi donc un peu.

Tu ne comprends goutte à tout ça. Je ne suis pas malade, mais je sais ce que c'est qu'un livre, peut-être? J'en ai quatorze mille chez moi. Eh bien, j'ai pour principe qu'un livre, une fois habillé, relié, ne doit pas s'ouvrir, ou le moins possible.

feuillardet. — Et avant d'être habillé, relié ?

pont-orangis. — Oh! avant, ça m'est égal, je ne m'en occupe même pas. Un livre broché, ça n'est pas un livre, c'est un tas de papier, ça n'est rien.

hector. — Cependant, monsieur le comte...

PONT-ORANGIS. — Non.

hector. — J'en vends pourtant beaucoup.

pont-orangis. — Sans doute. Aux passants, aux premiers venus ! Les livres brochés, c'est bon pour les oisifs, les inutiles, les gens qui n'ont rien de mieux à faire, ceux qui

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n'ont que du temps à perdre. Ils entrent ici comme des sots, ils donnent leurs trois francs, ils prennent n'importe quoi, au hasard, ils coupent ça avec leur doigt, ils le parcourent au galop, en fiacre, en wagon, au lit, sans en comprendre un iota, et puis adieu, il n'en est plus question. — Eh bien ! vous ne me ferez jamais admettre que c'est ça qu'on appelle lire, que c'est ça les livres, nos amis les livres, les vrais livres....

feuillardet. — Ceux qu'on ne lit pas.

pont-orangis. — Qu'en sais-tu?

feuillardet. — C'est toi-même qui l'avoues.

I'oxt-orangis, agacé. — On les lit ou on ne les lit pas. La question n'est pas là. Elle est beaucoup plus haut. En tout cas, on pourrait les lire. Je reprends. Les livres, les vrais livres, ce sont les beaux ouvrages reliés, intacts, sans une faute, tous purs, maroquin plein. J'en ai quatorze mille. Tous signés. Voilà ce qu'on appelle une bibliothèque. J'ai les Oraisons funèbres de Bauzonnet, les Fables de Guzin, les Ptovinciales de Lortic, et la Henriade...

ii.lardet, rinter rompant. — Écrite par Cbambolle, reliée par Voltaire?

pont-orangis. — Fais de l'esprit si tu veux; c'est perdu. En attendant, je sens bien que je suis dans le vrai. Rien n'est beau...

feuillarb-et. — Que le vrai, le vrai seul est aimable.

pont-orangis. — Non. Ce n'est pas ça que je voulais dire. Rien n'est beau comme un assemblage d'exemplaires uniques, habillés par les grands artistes, et absolument vierges de toute atteinte. Toutes les œuvres contemporaines les plus fameuses, je les ai sur grand papier, et non coupées ; je vais plus loin, j'ai des quantités de petits bijoux qui n'ont jamais été ouverts... ni même entre-bâillés...

hector. — Jamais?

pont-orangis. — Je ne crois pas!

feuillardet. — Tu n'en jouis pas?

pont-orangis. — Allons donc ! A quoi bon les ouvrir? Je sais ce que c'est. Je sais que c'est un Commines, ou un Télémaque, ça me suffit. Et ma grande jouissance, justement, c'est de me dire que chacun de ces petits trésors a sa fleur, son mystère, qu'il n'a jamais été feuilleté, tripoté, froissé. Non, c'est comme s'ils étaient scellés, cadenassés... Quel charme!

FEUILLARDET. — As-tu fini?

pont-orangis. — Pas encore. Pourquoi?

feuillardet. — Parce que je ne serais pas fâché, à mon tour, de faire mes achats.

pont-orangis. — Une minute.

feuillardet. — En voilà vingt que tu chambres Hector et que tu le gardes pour toi tout seul.

pont-orangis. — Deux secondes, et je te le repasse. (A Hector.) Vous n'avez plus rien pour moi, Hector?

hector. — Non, et oui. C'est-à-dire qu'on m'a parlé d'une édition originale des Contes de Perrault. Rarissime. De 1697, chez Barbin, « sur le second perron de la Sainte-Chapelle, au Palais ». C'est un amateur qui voudrait s'en défaire.

pont-orangis. — Qui ça?

hector. — Je ne peux pas vous nommer la personne. C'est un négociant retiré, fortune faite — il était dans la chemiserie — quiavoulu avoir des livres, et qui s'est un peu emballé. Aujourd'hui, il est forcé de se calmer, et alors... il lave, au fur et à mesure, à petites eaux.

pont-orangis. — J'entends. Et ils sont bien ces contes?

hector. — Superbes. Je les ai vus.

pont-orangis. — Vous êtes sûr qu'il ne les a pas trop ouverts?

hector. — Je pourrais presque vous le garantir.

pont-orangis. — De qui sont-ils?

feuillardet. — De Perrault. Il te l'a dit.

pont-orangis. — Mais non. Je demande de qui...

hector. — Bauzonnet.

pont-orangis. — Et qu'est-ce qu'il en veut, le monsieur?

hector. — Quatre mille.

pont-orangis. — C'est cher.

hector. — Oui. Mais vous aurez là un beau livre.

feuillardet. — Ça t'en fera quatorze mille un. T'auras un livre de plus et quatre mille francs de moins, tu n'as pas à hésiter.

pont-orangis. — Mais certainement, aussi je n'hésite pas. Si tu crois que tes railleries me feront reculer, tu te trompes bien,

mon pauvre garçon ! Hector, nous disons donc : le Perrault, le Campeador et l'Arétin.

1 ir il lard et. — En voilà une salade.

pont-orangis, à Hector. — Ça nous fait?

iikctor. — Quatre mille neuf.

pont-orangis. — Quand pouvez- vous m1 envoyez ça ?

HECTOR. — Demain.

pont-orangis. — Voilà une affaire arran* gée. Hector, je n'ai plus besoin de vous, maintenant, vous pouvez vous occuper de la basse librairie de monsieur.

feuillardet. — Ça n'est pas dommage.

(A Pont-Orangis.) Oui, mon vieux, comme tu dis, ma basse librairie, mes livres brochés, à deux francs soixante-quinze. Et j'en suis lier.

PONT-orangis. — Il n'y a pas de quoi, cher ami.

FEUILLARDET. — Fier, parce que j'ai encore la faiblesse d'aimer les livres pour le contenu, plutôt que pour le contenant. Moi ce que je recherche, ce sont des idées, des connaissances, des grandes vues générales, de l'esprit, (h la science.

pont-orangis. — Tout ça pour toi tout seul?

feuillardet. — Tandis que toi, tu n'es qu'un amateur de peaux et de cartonnages.

pont-orangis. — Va donc, va donc! Tu serais encore joliment heureux de pouvoir changer ta bibliothèque pour la mienne. Ça a l'air d'un cabinet de lecture chez toi. Tous culottés comme des pipes, tes bouquins ! Quand on a le malheur d'en prendre un , il vous échappe dans la main, et il s'ouvre de tous les côtés comme un vieil éventail.

feuillardet. — Oui. Mais je sais ce qu'il y a dedans.

pont-orangis. — Tu crois ça? Tu ne sais rien du tout,

feuillardet. — Je te dis que je le sais.

pont-orangis. — Pas longtemps, alors.

Un jour ou l'autre tu finis par l'oublier, et il ne te reste plus rien de ta lecture. Alors, à quoi bon? Tu en es au même point que moi et tu n'as même pas le beau livre. Fais tes emplettes, va, fais-les vite !

feuillardet. — Qu'y a-t-il comme nouveautés, Hector ?

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