‹ Les marionnettesChapitre 18 sur 31 · LIKE · texte numérisé non relu

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hegtor. — Depuis quand?

feuillardet. — Depuis ma dernière visite, depuis avant-hier.

hegtor. — Vous n'avez pas lu tout ce que je vous avais donné?

feuillardet. — Jusqu'à la dernière bouchée.

uector. — Onze volumes?

feuillardet. — Lu tous les onze.

hector. — Mâtin!

pont-orangis. — Comme ça doit être digéré !

feuillardet, à son ami. — Oui, monsieur. J'ai le cerveau aussi bon que l'estomac.

pont-orangis. — C'est-à-dire que tu ne digères pas. Ça passe, ça coule, mais rien ne reste. Ça t'entre par une case, et ça sort par l'autre, pour s'en aller... Dieu sait où?

feuillardet. — Toujours pas chez toi.

hector, conciliant. — Allons, messieurs!

deux hommes distingués, deux natures d'élite comnîi les vôtres, ne vous chamaillez pas! (A Feuillardet.) Finalement, que désirez-vous?

feuillardet. — Tout ce qui a paru depuis avant-hier ?

hector. — Dans quel genre?

feuillardet. — Dans tous les genres.

pont-orangis. — Histoire, voyages, romans, économie... tu lis tout? Quel cerveau d'autruche!

feuillardet. — Oui. Je lis tout. Pour toi qui ne lis rien. Ça compense.

hector. — Vous exagérez peut-être tous les deux. (A Feuillardet.) Il y a dix-neuf volumes de nouvellement parus.

feuillardet. — Vous me les enverrez.

pont-orangis. — T'en as pour une soirée. Mon pauvre homme, que je te plains donc I

feuillardet. — Tu es trop bon. Que veuxtu I j'ai de la culture, je suis un cultivé. Tout le monde ne peut pas être un collectionneur. Maintenant je me sauve. Viens-tu? Restes-tu?

pont- or an gis. — Je t'accompagne. Tu me portes sur les nerfs, mais lu es tout de même mon ami. Et puis tu m'intéresses, comme type, comme cas.

marouille, entrant. — Bonjour, messieurs.

po nt -or an gis. — Tiens ! le petit Marouille I

feuillardet. — Ici? Vous lisez donc, jeune homme?

pom-okanc.is. — A votre âge?

i i [illarde t. — Au lieu d'aimer?

marouille. — On peut tout mener de front. Je lis un peu, c'est vrai.

feuillardet. — N'en rougissez pas.

marouille, à Hector. — Vous avez ce que ie vous ai demandé?

iiector, lui remettant un paquet. — Voilà.

marouille. — Merci. Vous me porterez ça en compte.

feuillardet, tdtant le paquet. — Quid?

marouille. — Rien du grand art. Des machines raides qu'Hector me fait venir de Belgique.

pont-orangis. — A merveille! Je me doutais bien aussi que ça n'était pas le Génie du christianisme.

marouille. — Au revoir, mes bons messieurs.

feuillardet. — Bonsoir, polisson. Nous sortons aussi. A bientôt, Hector.

iiector. — Messieurs. (Pont-Orangis et Feuillardet s en vont.)

le commis. — Eh bien, patron, vous n'avez tout de même pas fait une trop mauvaise après-midi ?

hector. — Non. Parce que j'ai la chance d'avoir une clientèle de lettrés.

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