LE LENDEMAIN DE LA FETE
Même salon, chez Paul. Mêmes personnages.
andré. — Eh bien? Et ce gala?
Guy. — Inouï !
gontran. — Renversant!
andré. — Mais encore?
Arthur. — Ça ne peut pas se raconter.
guy. — Il fallait y être.
paul. — Jamais on ne re verra ça.
andré. — Des beaux costumes?
guy. — Très curieux en tout cas. Très pittoresques.
LE LENDEMAIN DE LA FEli 2G(.>
iran. — Mademoiselle de Romainbleu s'est abominablement compromise en levrette.
\m>im . — Avec qui?
guy. — Un éléphant.
ANDRÉ. — Nom d'un bonhomme! Quelle disproportion ! Je la plains. Qui ça l'éléphant?
(.ontran. — Le baron Tivolini. Il avait de la vraie eau dans sa trompe.
paul. — Tout le monde s'est amusé; les enfants comme les parents !
andré. — Les gens âgés y étaient aussi?
gontran. — Deux fois pour une. Maman avait retrouvé ses seize ans. Elle a même dansé un quadrille.
andré. — En quoi ta mère?
gontran. — Oh! dame, à son âge... elle avait pris une bête sévère. Elle était en chouette.
guy. — Papa était en phénix.
andré. — Est-ce que ça ne le changeait pas?
guy. — Si, au premier abord. Mais on s'y faisait.
andré . — Et, vraiment, ça n'était pas hideux cet assemblage d'animaux de toute espèce !
PAUL. — Au contraire, c'était un charmant coup d'œil. Gentil kaléidoscope!
guy. — La preuve, c'est qu'on nous a photographiés.
gontran. — Oui... Nous tenions à garder un souvenir de cette bonne fête.
paul. — Pour nos enfants plus tard, ça les amusera.
andré . — Dites qu'ils seront fiers de vous. Et les domestiques, dans tout ça? Qu'est-ce qu'ils disaient?
guy. — Rien, d'abord. Ils se ménageaient, les scélérats.
andré. — D'abord? Il y a donc eu autre chose ensuite?
gontran. — Un peu. Scandale frisé!
arthur. — Petites chose regrettables.
guy. — Oui, mais sans importance.
paul. — Tout ça sera oublié demain.
andré. — Dites-moi quoi?
paul. — C'est que...
guy, à André. — Tu ne le répéteras pas?
andré. — Mais non. Pour qui me prenezvous?
gontran. — Eh bien, voilà; à la sortie, sur le coup de sept heures du matin, comme nous regrimpions dans nos voitures aux premiers