LÉS MA I1I0N.NET I ES
m. BOUTiN. — Tu ne les connais pus! Ou mal !
albert. — Je les connais mieux que toi. Elles me racontent tout. Je suis leur abbé.
m. boutin. — Qu'est-ce qu'elles te racontent?
albeut. — Ça ne te regarde pas.
jeanne. — C'est très bien, Albert.
albert. — Dame! Le secret professionnel!
Sache seulement que la plupart des jeunes filles, des intelligentes, ont à présent sur le mariage et sur tout des idées plus arrêtées, parfois plus avancées encore que les miennes.
m. boutin, ■ — Nom d'un petit bonhomme! Ça me paraît difficile.
albert. — La jeune fille d'aujourd'hui, elle voit la vie de bien loin !
M. b ou tin. — Pas de très haut!
albert. — Elle se fera moins de mal en tombant.
m. boutin. — Monstrueux!
albert. — Tu auras beau te fâcher, ça ne changera rien à la vérité des choses. Résumonsnous et classons : Il y a les jeunes filles popotes et bêtasses, bonnes tout au plus à faire plus
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lard de banales et bourgeoises mamans, quelque chose comme des nourrices sans bonnet. Celles-là, nous n'en parlons pas; c'est de la ,mai ne de grands' mères et nous les laisserons au wdgum pecus.
m. no i tin. — Pourquoi donc? Je ne les trouve pas si négligeables.
Albert. — Sois sérieux. Il y a leséminentcs, diplômées, brevetées, agrégées, doctoresses, les grandes cérébrales, enfin, qui ne sont plus des femmes, mais des garçons. Or, on n'épouse pas des garçons quand on l'est soi-même. Après ça, il y a quatre groupes: les belles, les laides, les sentimentales et les tumultueuses.
m. f. ou tin. — Tu m'amuses bien avec tes groupes.
Albert. — Tant mieux. C'est déjà un succès.
m. bout in. — Ça n'a pas le sens commun, eur, dans quel groupe la mets-tu?
albert. — Jeanne? Elle est dans un sousgroupe. Les sentimentalo-tumultueuses.
m. ijoutin. — Parfaitement. Eh bien, voyons, je vais ^embarrasser....
ALBERT. — Tu m'étonnes.
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m. boutin. — .... En te posant une question. Tu aimes ta sœur?
albert. — Gomme du pain.
m. boutin. — Tu l'estimes?
albert. — Certes.
m, boutin. — Tu la crois une brave et loyale et honnête petite créature?
ALBERT. — Ah I Oui!
m. boutin. — Voilà tout ce que je voulais te faire avouer. Tu vois bien qu'elle existe la jeune fille potable ?
albert. — Attends... ne triomphe pas!
m. boutin. — Et, la preuve, c'est toi-même qui vas me la fournir par ta réponse. Si tu n'étais pas son frère, mais un jeune homme quelconque, et qu'on te proposât Jeanne, la refuserais-tu ? Évidemment non ?
albert. — Moi? Mais dans les grands prix je la refuserais! Mais je prendrais le train !
m. boutin. — Tu n'épouserais pas ta sœur?
albert. — Pas pour un boulet de canon.
m. boutin. — Mais tu es abominable!
albert. — Elle encore moins qu'une autre ! Elle est intelligente, mignonne, jolie, charmante ! Toutes les qualités ! Soit ! Mais pour