SCÈNE IX
Les Mêmes, LA MARQUISE
anatole, s'arançant. — Excusez-moi, madame la marquise, de ne pas m'être trouvé là tout à l'heure.
la marquise. — Cela n'est rien, cher monsieur Grimard.
mi— bon. s'arançant et très gaiement. — Ma tante, c'est moi. Si ma présence vous est désagréable, vous n'avez qu'un signe à faire, je me retirerai.
i a marquise, très digne. — Pourquoi vous retirer, monsieur? Vous avez probablement à parler à M. le professeur. Moi aussi. Et comme ce que j'ai à dire n'est pas mystérieux, vous ne me gênez en rien.
l»«m©n. — Alors, ma tante, vous ne voulez pas mo pardonner?
la MARQUISE. — Vous pardonner quoi?
LjMMMON. ■ — Eh bien ! mon mariage.
la marquise, affectant l'étonnement. — êtes marié F J'ignorais ce détail.
t iïiJNrtQN. — Voyons, ma tante...
LA MARQi [SE. EU même je crois que vous plaisantez. Car je .suppose que, si vous étiez marié réellement, vous m'auriez invitée, moi, votre tante, à la messe de mariage.
ijwhukon. — Vous savez bien qu'il ne pouvait y avoir de messe de mariage, puisque j'épousais une femme divorcée.
la marquise. — ■ Qu'entendez-vous par une femme divorcée?
«. — Oh ! ma tante !...
la marquise. — Je ne sais pas ce que c'est qu'une femme divorcée, mou neveu. La personne dont vous me parlez était mariée, dites-vous, avant que vous ne fissiez sa connaissance.
le baron. — Oui, ma tante.
la marquise. — Est-elle veuve?
te —■ i i, résigné. — Non, ma tante.
la marquise. — Cette personne est donc mariée encore, seulement ce n'est pat-; à vous. Vous, vous avez pris une maîtresse. Je ne vous en blâme pas, c'est de votre âge, mais je trouve impertinent que vous songiez à me la présenter.
le a*noN. — Mais, ma tante, j'ai conduit ma femme à la mairie et je l'ai épousée devant le maire.
la marquise. — Le maire est un drôle d'avoir prêté les mains à cette bouffonnerie. Brisons-là, mon neveu. (A Anatole.) Pourriez-vous venir un de ces jours au château, mon cher monsieur Grimard ? Je crois que nies vignes ont attrapé votre diablesse de maladie. Mon fermier n'y comprend rien.
anatole. — J'irai le jour qui vous plaira, madame la marquise.
la marquise. — Le plus tôt possible.
anatole. — Demain, si vous le désirez.
la marquise. — Demain soit. Je vous remercie, cher monsieur.
Elle fait un pas pour se retirer.
M—, — Ma tante, j'ai un petit service à vous demander.
Jeu de scène avec Anatole, lui montrant la pétition.
anatole, haut à la marquise. — C'est l'heure où les paysans des enviions viennent me consulter. Je vous demanderai, madame la marquise, la permission...
la marquise. — Faites donc! A domain, n'est-ce pas?
anatole. ■ — A demain.
Sort Anatole, à droite.