‹ Les maris de Léontine; comédie en trois actesChapitre 3 sur 52 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, VIRGINIE

s'avançant vers Plantin. — monsieur, pour qui est cet

VIRGINIE, S avez -vous, argent?

adolphe. — Virginie, je vous prie de sortir!

Virginie. — Je ne sortirai que si vous avez Le courage de mettre à la porte votre vieille domestique, votre vieille domestique qui vous a vu haut comme ça '■■■■

idolphe. Encore une fois, je vous or-

donne de vous taire. -le n'ai pas besoin de vous pour dire à. Plantin...

r. unie. - Von ■ : jamais. (A

Plantin.) Savez-vous pour qui esl cet argent ?

idolphe, avec impati.ence. Oh! oh! oh!

virgtnie. - Eh bien ! il est pour l'an- ( ienne femme de monsieur, pour la femme n\ ec laque le monsieur a divorcé!

femme qui est devenue une cocotte après avoir été sa femme e !■•■

PI w i in. Pour 1. i m ine !

Virginie. — Oui, monsieur, pour Leon- Quand elle a besoin d'argent, lui arrive souvent, à qui croyez-vous qu'elle

a l'aplomb de s'adresser? A monsieur! ça a commencé quinze jours après le divorce, l'n beau matin, monsieur reçoit une lettre — vous n'allez pas le nier, je l'ai lue, — « Mon coco, je suis très embêtée, tu serais bien gentil de m'envoyer dix louis!... » Elle appelle ça dix louis, mais c'est fichtre bien deux cents francs... deux cents francs de notre monnaie, comme dit l'autre! Et monsieur a envoyé les deux cents francs. Vous comprenez que ça l'a mise en goût, cette femme. Une autre fois, ce n'est plus deux cents francs, c'est cinq> cents francs qu'il lui a fallu pour ne pas être saisie... et aujourd'hui c'est deux mille francs que monsieur paye pour elle... (A Adolphe qui veut V arrêter .) Vous ne m'intimiderez pas. Je ne vous laisserai pas vous ruiner sans rien dire. Quand vous vous êtes marié, vous aviez dix mille livres de rente, il vous en reste à peine deux ou trois. Si vous continuez, vous n'aurez bientôt plus que vos appointements du ministère et vous serez obligé de vous priver de tout. Et tout ça pour une créature qui vous a trompé, qui vous a rendu ridicule, qui a bouleversé votre existence ! Ah ! tenez ! monsieur Adolphe, ce n'est pas seulement de la faiblesse, cVst de la bêtise! Et maintenant que j'ai fait mon devoir, je peux sortir.

Elle sort.

Page 1