‹ Les maris de Léontine; comédie en trois actesChapitre 8 sur 52 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

adolphe. — Oh! oh!

léontine. — Quand on a. toujours eu un intérieur !

Adolphe, mollement. — Puisqu'ici ça n'est pas possible !

léontine. — Je me serais tenue tranquille, sans presque sortir... on ne m'aurait pas vue...

adolphe. — Et tes petites amies seraient venues te relancer du matin au soir...

ADOLPHE, LEONTINE

léontine, tout en jouant. — Je n'a'i pas de chance, décidément.

adolphe. — Mais si... seulement tu n'es pas raisonnable et tu ne sais pas arranger ta vie.

léontine. — Tu crois ?

adolphe. — Tu aurais besoin cle conseils. léontine. — Donne-m'en.

adolphe. — Je t'en ai déjà donné... Je n'en ai plus.

léontine. — Moi qui me faisais une fête de venir chez toi, pendant quelques jours, me reposer! Je viens d'être embêtée, d'avoir des ennuis de toutes sortes, des huissiers : ce n'est pas gai pour une femme. Je me disais : <( Il est seul, en garçon, il ne reçoit personne, — car tu ne reçois personne? — En quoi est-ce que je le gênerais?... Au fond, malgré tout, il a un peu d'amitié pour moi, on est resté camarades. » Je m'étais trompée, voilà tout.

adolphe, ému. — Je t'ai expliqué.

léontine. — C'est bien. N'en parlons plus. adolphe, à part. — Non! non, ce serait une gaffe un peu trop forte, cette foisci. (Léontine s'appuie tout à coup sur le piano et se met à sangloter.) Qu'est-ce que tu as?

léontine. — Rien... mais rien.

adolphe. — Pourquoi pleures-tu?

léontine. — Ne t'en occupe pas.

adolphe! — Voyons, ne te mets pas dans des états pareils. Tu iras pendant quelques jours dans un hôtel, dans un hôtel convenable... Mon Dieu! on n'en meurt pas... Si tu n'as pas d'argent, je t'en donnerai encore un peu... là...

léontine. — Dans une chambre d'hôtel...

une femme seule... Je mourrais d'ennui... Je pleurerais toute la journée.

ADOLPHE. — Voyons, ne te mets pas

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